‹ Leçons d'épigraphie assyrienne professées aux cours libres de la SorbonneChapitre 5 sur 33 · TOW^T^P · texte numérisé non relu

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Il nous est facile de déterminer le sens de chacune des parties de cette inscription en mettant le texte assyrien en regard du texte perse .

Cette disposition des deux textes nous fait comprendre de là manière la plus évidente le rôle idéographique des signes assyriens qui corres-

pondent, en dehors des noms propres, aux idées exprimées par le texte perse.

Le perse Khsâyathiya " Roi ^^ est rendu par un signe dont nous avons déjà établi la signification.

Nous le retrouvons à la troisième ligne pour répondre à cette idée Khsâyathiya Khsdyathiânam " roi des Rois. ^^

Le perse Varzàka est rendu par le groupe suivant qui a nécessairement la signification de " grand. ^^

Enfin, le moi Putra^ par un signe unique qui nécessairement veut dire " fils. ..

Une resteque des noms propres pour compléter le sens deFinscription.

Si nous recherchons les mêmes mots dans les autres inscriptions perses, nous voyons bientôt que ces expressions ne sont pas toujours rendues par les mêmes signes dans le texte assyrien. — Dès lors, on est porté à croire qu'il devait exister dans ces inscriptions un système graphique multiple pour exprimer la même idée.

Nous avons dit que les inscriptions Achéménides étaient écrites en trois langues ; il a été promptement facile de se convaincre que le texte assyrien reproduisait le texte perse et n'offrait ainsi aucun intérêt historique nouveau à l'investigation. Mais, au point de vue philologique, il n'était peut-être pas sans intérêt d'étudier les débris de cette langue et de ce système graphique qui se présentait avec une complication si extraordinaire : l'observation extérieure des inscriptions que les fouilles de l'Assyrie fit connaître donna un tout autre intérêt à ces recherches.

On comprit en effet que les inscriptions de Ninive et de Babylone procédaient du même système graphique ; des signes se reproduisaient iden-

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tiquement dans des inscriptions de localités différentes; d'autres signes n'offraient qu'une altération plus ou moins, grande, mais toujours constante des mêmes éléments. Les recherches de M. Botta portèrent dès le début sur ce premier point et la liste des variantes qu'il a recueillies en copiant les nombreuses inscriptions de Khorsabad ne laissèrent aucun doute à cet égard. Il y a plus , on comprit même que non-seulement on était en présence d'un même système graphique, mais encore de la même langue ; les mots parurent se fléchir de la même manière, à Ninive et à Babylone, que dans les inscriptions de Persépolis, On retrouva ça et là, les mêmes mots, les mêmes signes, et les recherches sur le texte assyrien des inscriptions de Persépolis, n'en devinrent que plus intéressantes. Les expressionsidéographiques frappèrent nécessairementlespremières l'attention et permirent de sortir des inscriptions trilingues pour comprendre le sens des inscriptions de Ninive avant même de connaître la langue dans laquelle elles étaient conçues. Il est facile de remettre ces premiers essais sous vos yeux, mais il est bien entendu que nous donnons, dès maintenant, aux noms propres les transcriptions que nos recherches auront pour but de justifier.

On lisait, en effet, sur les briques du palais de Khorsabad :

oc Palais de Sargon, roi grand, roi puissant, roi des Légions, roi du pays d'Assur. »

Dans les inscriptions d'une autre provenance, nous lisons:

«K< ^^ If TH-«<M««3

«T«8-TfT«teT«ï«^

« Palais d'Assur-bani-pal, roi grand, roi puissant, roi des légions, roi du pays d'Assur, fils de Sennachérib, roi des légions, roi du pays d'Assur, fils de Sargon, roi des légions, roi du pays d'Assur. >

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Le sens général de ces diflferentes inscriptions n*a soulevé dès Tori- .gine aucune objection ; en effet, il repose sur des signes dont Texamen des textes suffisait pour nous en donner la valeur.

Voilà pour l'ensemble; quant aux détails, nous voyons d'abord notre clou perpendiculaire qui nous indique les noms d'homme, le signe royal qui les suit , et, quelque chose qui vient encore donner à cette nouvelle observation un point d'appui plus utile pour notre exposé, c'est le nom même de TAssyrie dont nous retrouvons une des variantes dans les textes de Ninive comme dans les textes de Bisitoun, écrit de la même manière, et précédé du signe qui accompagne les noms de pays à Ninive, comme dans les inscriptions trilingues.

C'est à l'aide de ces observations que M. de Longpérier a pu constater, dès l'origine des recherches le nom de la " Médie ^^ dans les textes de Khorsabad, où il était exprimé par le groupe suivant :

ferer<TïïTî

Dans les textes trilingues, le même groupe correspond au perse Mâda.

Les signes idéçgraphiques pouvaient donc guider les interprètes audelà des textes trilingues où leur forme est la même sans que l'on puisse avoir plus de doute sur leur rôle dans le texte de Ninive que dans les textes de Persépolis et de Bisitoun. L'écriture idéographique, en effet, a cela de particulier qu elle exprime les mêmes idées pour tous les peuples qui l'emploient, bien qu'ils parlent des langues différentes. C'est ainsi qu'il nous a été possible de comprendre l'assyrien dès que le texte perse nous a donné la traduction des signes idéographiques qui s'y rencontrent. Mais pour les prononcer en assyrien, il a fallu lire l'assyrien lui-même, et, par coDséquent, déterminer la valeur phonétique des caractères. On y est arrivé par le dépouillement des noms propres.

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