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III. Vie et fonctionnement. parfaits dès rorigine

1. Sans nous étendre davantage nous voyons assez comment l'Eglise n'a pas été formée successivement et par morceaux , mais est sortie entière de la pensée et de la volonté divines. Achevons, renversons mieux encore les

(1) Voy. notre ouvrage, Étude complète du Christianisme, tom. II, pag- 1-9; id.,11, pag. 89-

(2) Act.

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NOTIONS GÉNÉRALES SUR L*ÉGLISB. 65

théories fantaisistes de nos adversaires (1), — A peine née l'Eglise fonctionne selon la plénitude de son organisation , de ses prérogatives et de ses pouvoirs. Dès l'Ascension le Principat sacré et toute la hiérarchie des pouvoirs sont indissolablement constitués. L'Église n'a pas encore son action extérieure, elle se recueille , elle se tient renfermée , mais elle remplit la plus sublime et la plus vivifiante de ses fonctions , elle prie, elle offre le grand sacrifice. Dès le soir de la Pentecôte son ministère extérieur et public s'exerce en plein monde. « Pleine de l'Esprit de celui qui dit : « Je tirerai tout à moi , » tout vient à elle, Juifs et Gentils, Grecs et Barbares. Les Juifs devaient venir les premiers, et malgré la réprobation de ce peuple ingrat , il y a ce précieux reste et ces bienheureux réservés tant célébrés par les Prophètes. Prêchez, Pierre; tendez vos filets , divin pêcheur, cinq mille, trois mille entreront d'abord bientôt suivis d'un plus grand nombre (2). » Ainsi se fonde l'Église. Elle est organisée, elle fonctionne. Le Clergé se recrute, les ordinations se font, Mathias est substitué à l'Apôtre apostat. Les Apôtres, sans recevoir ni tolérer d'autre mandat que celui qu'ils tiennent de Tordre divin : « Allez et enseignez, » vont partout et partout ils prêchent; ils organisent la première Eglise , l'Eglise de Jérusalem , et ils lui donnent dans la plénitude d'une puissance incontestée les règlements que réclame sa situation particulière. Des questions s'élèvent, ils les diriment; des difficultés surgissent, ils les tranchent. Le nombre des fidèles grandissant toujours, ^t avec ce nombre le besoin d'ouvriers, les ordinations se <îontinueût et se multiplient (3). L'apostolat toujours, la

(1) Act., I, 15. — Act., II, 14. — Act., III, 1. — Act., iv, 1. — Ad., ix, /c»r ^^^'> *» ^^' "" Act., XV, 7. — Act., VIII, 20. 2) Bossuet, Serm. sur l'uniié de l'Eglise.

i^) Il Tim., I, 6.

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66 ÂTABUSSBMBI9T ET DIFFUSION DB L*ÂGUSB.

persécution souveDt, poussent les ouvriers évangélii dans des contrées nouvelles ; chacun d'eux refait Vœ\ accomplie dans Jérusalem; tous ensemble, ils fondent Églises, leur imposent la croyance, leur donnent des 1< y tracent des règles , y gouvernent le peuple converti , tôt par eux-mêmes tantôt par des coopérateurs qu'il choisissent et auxquels ils confèrent, dans une succi régulière et non interrompue (1), l'onction et les pouv< de TEpiscopat et du Presbytérat. Le droit à l'Église de sembler, soit pour prier, soit pour concerter et régler ses près affaires , est un droit dès lors pleinement exercé. ] glise est née à peine qu'un premier Concile se tient à J< salem, pour terminer quelques différends qui s'élèvent pacBlS les fidèles, et affirmer certains points de la doctrine (2). Le« Apôtres formulent des décisions qui ont force de loi, ils pro^ mulguent des décrets de discipline auxquels tous se soumettent. Ce qui , durant le cours des siècles , se fera dans te monde entier, s'accomplit dès maintenant avec une éff^ force et une égale plénitude au milieu de l'Église restreinte encore au sein de Jérusalem. Au nom de Dieu l'Église eaâeignante exerce sur la conscience humaine une pleine domination (3). A sa puissance législative, s'ajoute, comme conséquence nécessaire, un pouvoir coërcitif; elle punit les âmes , elle punit aussi les corps par des peines extérieures, et ce qui semble à nos frivoles historiens une tyrannie et un abus criant du moyen-âge était en vigueur dès les premiers jours (4), Dès lors on excommuûiait les coupables, on les retranchait de la communauté , l'incestueux était livré, t selon le corps, » aux supplices de

(1) Tit., I, 5.

(2) Act., XV.

(3)11 Coriiîlh.,x, 5.

(4) Act., V, — I Corinlh., v, 5.

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NOTIONS GÉNÉBALBS SUB L*ÉOLISB. 67

Satan , et Ânanie et Saphire tombaient morts aux pieds de Pierre. Pas plus qu'on ne le fait aujourd'hui , on ne tolérait ilors rhérésie; Tintolérance en matière de doctrine, qu'on lit si inconsidérément être un fruit de la barbarie du noyen-âge , était dès lors rigoureusement et implacablement appliquée aux erreurs opiniâtres et à leurs auteurs. L'Église défendait alors avec autant d'intrépidité qu'aujour* d'hui ses droits à la liberté de la prédication et de l'enseignement, à la liberté d'association, à la liberté de la prière publique , du culte , de la célébration du Saint Sacrifice et des divers sacrements. Saint Paul ne prend pas de l'empereur les instructions qu'il donne sur la célébration du mariage, ni sur les réglementations du culte, ni sur l'institution des Évêques , ni sur l'ordination des prêtres , ni sur le lûode de procédure à garder envers les prêtres accusés. Nous le répétons, l'exercice de celte puissance ecclésiastique étendit sans doute, dans la suite des siècles, sa sphère d'action , elle ne fut ni autre , ni supérieure , ni plus pleine, ni plus absolue. Le fleuve s'est étendu, mais c'est l>ien l'eau de la source. Avant même la conversion de Cons- ^lin le nombre et l'importance des règlements faits par les I^apes , les évêques , les conciles , la distance où ils s'étendeiil,les pays où ils parviennent sont déjà considérables. Après la conversion de Constantin et sous l'Empire devenu chrétien , la législation ecclésiastique enserre véritablement dans son puissant réseau l'Orient et l'Occident, les décrets de VÈglise deviennent souvent lois de l'Empire, l'Église légifère pour le monde entier. Or, entre le premier exercice de cette puissance , lors des humbles débuts de Jérusalem, et son rayonnement magnifique au milieu d'un lûonde devenu presqu'entièrement chrétien , aucune inter- ^uplion ne se laisse voir, aucune altération ne se remarque, ^^cun changement n'intervient; ce n'est pas une ambition q^i s'essaye, suit les circonstances et profite des issues

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68 ÂTABLISSBMBNT ET DIFFUSION DE L'ÉGUSE.

qu*e]le rencontre, c*est une puissance une et complète ifâ Tarie son exercice selon le cours des temps et les exigences des situations (1),

2« Gomme Terreur historique que nous combattons s\ surtout efforcé de dénaturer la puissance de la Papauté at^ tribuant à une habileté toute humaine et à une insatiable ambition la force et retendue de la juridiction du Saifltn Siège, nous la devons suivre un instant sur ce nouveau terrain, et lui montrer que, dès la naissance de TÉglise, b primauté de Pierre dans toute TÉglise et la plénitude de m juridiction étaient un fait entièrement admis. Ëcoutosil Bossuet : « Jésus-Christ poursuit son dessein, et apiàt avoir dit à Pierre, éternel prédicateur de la foi : « Tu dt Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, d il ajoute î 4( Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. » là qui as la prérogative de la prédication de la foi , tu auras aussi les clefs qui désignent Tautorité du gouvernement, « ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel , et w que tu délieras sar la terre sera délié dans le ciel. Tout est soumis à ces clefs; tout, mes frères , rois et peuples , pas* teurs et troupeaux (2). » Pierre seul reçoit Ja mission de confirmer ses frères. Seul il doit paître les brebis en même temps que les agneaux. Le premier il prêche TÉvangile, fait les premières conversions, rassemble les premières foules, pose les premières assises de Tédifice. C*est lui qui, les Juifs devenus obstinément prévaricateurs , ouvre la Gentilité et le monde pour carrière à l'Évangile. €*est lui que les autres Apôtres doivent aller voir et consulter, même ce divin Paul revenu du troisième cieL La substitution de Matthias à Judas le traître , Tordination de ce nouvel évêque

(1) Voyez Thomassin, Ane, et nouv. discipline,

(2) Sermon sur Vunité de l Église.

NOTIONS GÉNÉRALES SUR L'ÉGLISB. 69

îstdue à riûitiative et à la direction de Pierre; c'est Pierre loi fait Mathias apôtre. A Jérusalem il est le chef de la :ommuDauté naissante. C'est à ses pieds , quand les ûdèles ai apportent à Tenvi leurs biens, que se forme le premier lomaine temporel de TÉglise. C'est Pierre qui parcourt la Judée pour visiter les Églises qui se forment de toutes parts ; quand la Judée fait place au monde , le nom et la puissance de Pierre s'étendent partout en même temps que la foi chrétienne, tellement que devenir chrétien c'est se rattacher à Pierre. Par où il passe, il laisse l'empreinte de sa primauté , et quand il se fixe à Rome , il y fixe avec lui pour les siècles le siège d'une universelle et absolue domination. Dès lors partent de Pierre des commandements souverains , dès lors jaillissent des lèvres de Pierre d'infaillibles sentences. Dans toute la suite des âges , quand une difficulté s'élèvera, ce sera au siège de Pierre que , de tous les points du monde, tous également, pasteurs, rois et peuples, auront recours. La même juridiction et la même infaillible lumière nous apparaissent dès les premiers jours. Concluons : ce que devait être l'Église dans tout le cours des âges, elle le fut dès son premier instant (1),

IV. Résumé des notions sur l'Ëglise. Achevons et donnons quelques explications encore sur la constitution et les prérogatives de l'Église.

1. L'Église catholique est une société. Ce n'est pas en elle une réunion d'individus, c'est un tout parfaitement uni, c'est un édifice solidement lié, c'est une famille, un royaume, un empire harmonieusement institué. Rien n'y manque du côté des membres : unité parfaite de l'ensemble,

(1) Consulter les Actes des Apôtres,

70 ÉTABLISSEMENT BT DIFFUSION DE LÉGLISE.

variété des conditions et des emplois, inégalité des pouvoîl et des attributions. Là une autorité commande, un obéit. Tous également, princes et sujets, se dirigent^ un même but, travaillent pour une même fin, sont mus \ un même esprit, sont liés par une même foi ,^soat vivifi par la même vie, sont nourris des mêmes aliments, sô cimentés dans le même amour (1).

2. L'Église catholique est une société spirituelle. doute, comme les autres, elle se compose d*hommes comi toutes les autres sociétés ; elle confine de bien des cô( aux choses terrestres , elle touche du pied la terre , en verse l'étendue, en foule les intérêts , en subit les oragei, en recueille les biens. — Mais néanmoins elle reste spi tuelle dans son but, dans sa vie, dans ses aspirations, di ses œuvres. Le temporel ne lui sert que comme Tinsl ment sert à Touvrier, et jusqu'à un certain point comi le corps sert à l'âme. Mais c'est de la vie divine qu'elle fe vivre , c'est la région surnaturelle où elle nous introduit nous maintient.

3. L'Église catholique est une société sumatureJU- Quand Jésus-Christ dit d'elle « qu'elle n'est pas de ce monde, » il exprime cette magnifique vérité. Le but de FEglise, sa raison d'être, n'est rien autre que d'élever TIïï'* manité de terre, de lui faire franchir l'infinie distance à\i surnaturel et de la porter jusqu'à Dieu. — Cette glorieuse propriété de l'Église se déduit directement de son origio^ et de sa mission. Elle naît de Jésus-Christ, elle est sou corps mystique, elle compose avec lui une seule mystérieuse unité; ce qu'il est elle l'est , ce qu'il opère elle Xo-

(1) Consulter Mœlher, Hist. de l'Église, 1, 9 et suiv. — Consulter aussi la Symbolique.

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NOTIONS GÉNÉRALES SUR l'ÉGLISB. 7t

rère. Il est Tunion intime parfaite , hypostatique , de la lature humaine avec la nature divine , par lui l'homme est levé jusqu'aux splendeurs et aux perfections de la -vie livine , Thomme franchit les bornes de sa nature pour enrer dans Tin fini de Dieu. Voilà aussi l'Église dans le Qonde. Divine parle Dieu qui la compénètre, l'Église divilise l'humanité. Tout en elle appartient à Tordre surnaurel et divin : foi , sacrements , pouvoirs , législation ; Tor- Ire temporel n'est employé par elle que comme support i condition.

4. L*Église catholique est une société n^of^satr^. Néces* 3aire en ce premier sens , que sa présence et son action sont un fait absolument indépendant de toute volonté humaine; elle est de Dieu, voulue par Dieu, imposée par Dieu. Dieu laisse le monde persécuter son Église , car de îBs persécutions il sait tirer pour elle les plus précieux avantages , mais là se borne le pouvoir de la terre. L'Église ni dans l'horreur des catacombes et sous le tranchant du glaive, comme elle vit dans les gloires et les forces d'un règne incontesté. — Elle est nécessaire dans ce second sens qu'elle est pour l'humanité la seule voie de salut instituée par Dieu ; elle est comme son divin Fondateur « la voie , la rérité et la vie. » Il faut, pour être sauvé, lui appartenir, ou explicitement et de fait, ou implicitement et par vœu, élevant au moins , du milieu des ténèbres d'une ignorance in* nncible, des vœux sincères vers le moyen quelconque institué par Dieu pour aller à lui.

6^ L'Église catholique est une société parfaite. Elle Test par son étendue. Les sectes sont essentiellement particulières, les philosophies humaines sont radicalement impuissantes à fonder autre chose que des écoles et des acadé- Dûies; l'Église catholique toute seule embrasse le monde,

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27 ÉTABLISSBMENT BT DIFFUSION DE l'ÉGLISB.

subjugue les peuples , réunit dans son enceinte les pauvres et les riches , les savants et les ignorants , tous les âges, toutes les conditions, toutes les fortunes. — Et, choss, absolument surhumaine et divine, cette universalité ém temps, des lieux, des membres , n*a jamais pu un instai^ altérer Tunité I Parfaite dans son étendue TÉglise est encore parfaitement une. Partout la même loi exerce son mêm« empire, partout la même autorité trouve la même sujélioo. Une charité universelle enveloppe le monde catholique en* tier, la même vie divine, jaillie des mêmes sacrements, ci^ cule dans tout le corps, et, comme dit saint Paul, le fait croître pour une même espérance et une même destinée (i). L*Église est parfaite encore par sa sainteté , n^enseignant, ne voulant, n'espérant rien que de saint, sainte elle-même par TEsprit qui Tanime et qui n*est autre que « TEsprit sanctificateur. » — Elle est parfaite dans la succession non interrompue, jamais altérée de ses pasteurs. L*eau est restée pure comme à sa source. Ses évêques et ses prêtres sont, dans toute la suite des temps, invinciblement rattachés aux Apôtres, et, par-dessus eux tous, à Pierre, duquel ils tirent leur ordination et leurs pouvoirs.

6. L*Église catholique est une société visible. Si l'invisible, le spirituel, le surnaturel est son âme et la vie supérieure qui Tanime, cette vie fait mouvoir un corps visible qui agit et travaille sous le soleil commun. Nous verrons les hérétiques faire mille efTorts afin d'établir une invisibilité dont ils avaient besoin pour cacher leur défaut d'antiquité, de succession, d'étendue, mais il sont invinciblement réfutés même par le simple bon sens. Pour qui l'Église est-elle faite sinon pour les hommes? Où la trouver si elle est invisible? Copiment la composer si ce n'est avec

(l)Ephes., IV, 13.

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NOTIONS GÉNÉRALES SUR L*ÉGLISE. 73

des éléments déterminés et par conséquent visibles? Que fait-elle en ce monde si ce n'est les œuvres, des choses visibles, appréciables, reconnaissables? Qu'est sa vie, comment s'exerce la plénitude de ses pouvoirs sinon en une série d'actes visibles?

7. L'Église catholique est une société munie d'autorité. Nous ne faisons qu'énoncer ici cette vérité, nous aurons souvent l'occasion de nous y appesantir. Ce n'est pas comme une esclave que Dieu place son Église dans le monde, c'est comme une reine, dont tous, individus comme sociétés, rois comme peuple, doivent de par Dieu subir l'autorité. L'Église fait des lois et tous ses sujets, fussent-ils princes et empereurs , doivent s'y soumettre. Elle s'administre par des règlements de discipline, et Dieu même réclame pour ces règlements disciplinaires une entière liberté. Ayant dans sa plénitude le droit de légiférer, l'Église possède dans une égale plénitude le pouvoir de punir. Elle punit les âmes, au même titre et par la même autorité elle punit les corps. Si le domaine spirituel est son domaine, il est absurde autant qu'hérétique de l'exclure du temporel (1) ; si sa puissance atteint l'âme de l'homme, elle atteint à un titre au moins égal son corps et ses choses temporelles.

8. L'Église catholique est une société constituée en monarchie. Au sommet de l'Église, réunissant en lui les prérogatives et les pouvoirs, centre d'unité. Pasteur suprême,

(1) Noas sommes heureux de trouver dans les papiers de Lacordaire la déclaration suivante : « Je déclare nettement et sincèrement reconnaître dans rÊglise la puissance qui lui a été conférée par Jésus-Christ, nonseulement de corriger ses enfants rebelles par des conseils et des exhortations, mais encore de leur imposer dans le for extérieur des peines salutaires, me conformant pleinement au bref du souverain Pontife Benoît XIV Ad assiduas, »

Lbçons o'msTOiRE. — Tome I. 5

74 ÉTABLISSBUEMT ET

source première du principe

glise. Sa puissance n*est soi

siaslique, sa juhdiclioa ne

épiscopale, elle n*esl pas li

n'est jugé par personne,' le .. .^^^ ^.^w^.^»»^. v.* v.»**q^.««.

l'Eglise est infaillible, toute puissance dans l'Église relève

de celle du Pape , maître universel et suprême Pasteur.

Si les Apôtres sont soumis à la juridiction de Pierre, les Évêques à celle du Pape , ce n'est pas à dire que leur puissance propre soit anéantie. Les Apôtres avaient un droit de juridiction , ils avaient la puissance du magistère ; les Évêques gouvernent, régissent administrent, décrètent en concile des articles de foi , promulguent des lois disciplinaires : leur puissance unie au Pape ne fait qu'une seule et même puissance ; Pierre règne dans ceux qui régnent avec lui.

9. L'Église catholique est une société indépendante. Un double spectacle nous frappera perpétuellement dans le cours de cette histoire : La puissance civile cherchera sans cesse à opprimer l'Église : l'Église fera de son indépendance des revendications toujours victorieuses. De glorieux noms se presseront sous notre plume , nous verrons les Lu. cifer, les Osius , les Athanase , les Ambroise se lever dans toute l'énergie de leur indépendance et défendre des droits sacrés que le césarisme prétendait usurper. L'Église a versé pour son indépendance d'intarissables ûots de sang. Ses Pontifes se sont faits les invincibles champions de toutes ses libertés. Durant tout le cours de l'histoire ecclésiastique nous verrons presque toutes les grandes luttes se concentrer sur ce point capital. Pour l'Église se soumettre à la puissance civile , quand cette puissance usurpe son domaine , c*est abdiquer et périr.

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TPÇ^

NOTIONS GÉNÉRALES SUR l'ÉGLISB. 75

La mission de l'Église.

Jésus-Christ indique cette mission en ces mots : « Vous êtes le sel de la terre , » « vous êtes la lumière du monde. » Telle est TÉglise et telle est son œuvre. Dieu la place dans le monde comme le salut du monde , voilà pourquoi TÉglise est contemporaine de la naissance même du monde et de sa chute. Elle illumina la société des Patriarches , elle suivit de ses rayons amoindris mais puissants encore les peuples dispersés , elle façonna le peuple juif et en fit son missionnaire et son apôtre durant près de trois mille ans. Elle conserva jusqu'en plein cœur de la Gentilité de secrètes issues , et garda au sein même des conceptions et des extravagances païennes les plus fondamentales traditions (1). Depuis Jésus- Christ, étendue partout, partout agissante, elle verse à flots sur le monde sa vivifiante lumière , les richesses de sa grâce , les forces divines de ses sacrements.

L'œuvre par excellence de l'Église est de recueillir les élus. A vrai dire, l'Eglise terrestre, ainsi que l'univers, les peuples, les sociétés, ne subsiste que pour ce grand ouvrage , qui est le résumé et le centre de tous les ouvrages de Dieu (2). Quand le nombre des élus sera complet , la mission de l'Église ici-bas sera terminée et le monde verra son dernier jour. Or ce qqe fait l'Eglise au sein des élus de l^ieu qu'elle recueille se résume en ces trois points : elle

(1) On trouvera sur ees iUuminatioDs vives de la Geotilité dans l'ouvrage intitulé : Documents kUtoriques sur la religion des Romains (Paris , 1876, ^ vol.), de très précieux documents.

(2) Voir Bossuet, i«' Sermon pour /a Toussaint.

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76 KTABUSSEMENT ET DI

les illumine, elle les régit, el les forme à la vie céleste ; ses celte vie; ses sacrements leui lient la force. — Elle régit l l'onction douce et facile de V verge de fer » de la correcti rance de la charité. — Elle f

cueille. Elle couvre le monde d'institutions salutaires, elle multiplie partout les prodiges de l'amour, elle rend inépuisables les sources de la charité. — Du reste, la manière dont elle cueille les élus au milieu du monde est multiple et variée. Elle va, par des influences de grâce toute mystérieuse, par des ressources inconnues de nous, les chercher jusque dans le sein de la barbarie la plus profonde. Elle les tire à elle, elle en fait son âme, elle les sauve par ces confessions implicites dont le dernier jour nous dira le nombre, peut-être prodigieux. Sans doute la maxime est vraie: Hors de l'Église point de salut; mais la grâce divine possède, outre les moyens ordinaires, mille autres moyens cachés de faire que les hommes, en apparence les plus éloignés, se rapprochent, participent à l'Église, et ne restent pas hors de son sein miséricordieusement élargi.

Une œuvre encore de l'Église au milieu du monde est d'y conserver, en dépit de toutes les perversités et de toutes les dégradations, la vie de l'âme, la vigueur du sang, les traditions nobles et généreuses, ce qui fait la force des individus, des familles, des sociétés. En dépit des maux terribles qui nous travaillent, en plein milieu de nos apostasies contemporaines, nos sociétés restent à une immense distance des dégradations des sociétés antiques. Quoi que puisse opérer le mal parmi nous, il demeure impuissant à franchir certaines limites et à faire certaines ruines. Qui l'empêche? Incontestablement la présence et l'action de l'Église catholique.

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NOTIOxNS GÉNÉRALES SUa l'ÉGLISB. 77

Ainsi, pour résumer : la mission de l*Église, entendue dans son sens le plus général, atteint trois points et se concentre ea trois œuvres : 1« Elle recueille les élus et les élève aux vertus et aux gloires de la vie divine. 2* Elle fait sentir à Thumanité entière, même aux parties qui restent opiniâtréoient en dehors de la grâce , de vives et précieuses influences; elle dote les sociétés de biens de toute sorte. 3** Enfin elle empêchera à tout jamais le monde de retourner aux infamies et aux horreurs du Paganisme.

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