‹ Leçons d'histoire ecclésiastiqueChapitre 9 sur 47 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

NOTIONS GÉNÉRALES SUR L'ÉGLISE

Ce titre indique suffisamment Tordre de cette leçon. — 1** Tout d'abord nous devons y étudier TEglise telle que Jésus-Christ la fonde et la constitue , telle aussi qu'elle se montre et qu'elle fonctionne dès que son divin Fondateur lui retire sa présence seosible pour lui être son Chef invisible, telle enfin que la théologie nous la fait scientifiquement connaître. — 2* Mais que fait en ce monde cette société divine? Quelle mission lui est confiée par Dieu? Quelle œuvre doit-elle accomplir? — 3* Enfin quel genre de vie sera le sien? Quelles vicissitudes se partageront ses années terrestres en attendant son triomphe dans l'éternité?

Formation, constitution de l'Église.

I. Idée générale de TËglise. La plus vraie et la plus profonde idée que nous puissions nous faire de l'Eglise, c'est voir en elle la continuation vivante, la perpétuité de Jésus-Christ sur la terre. *" "

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1. L'Eglise est le cornplément indisoe nsg ) ^^ , d^ ^'^Qgg^' nation. Par rincarnatlon le Verbe se fait notre, descencTau àflTteu de nous, parle, agit, travaille, nous instruit, guérit nos blessures, relève notre nature, devient Tinfatigable apôtre de nos ignorances et le compagnon de nos douleurs. Mais cette première présence dans les obscurités et les impuissances d'une chair passible et mortelle ne peut être que Tannonce et Tébauche de son grand dessein. Dieu s'incarnant dans le monde pour sauver le monde ne peut restreindre à un coin du monde et à un instant du temps son action souveraine. Parlant à la terre, il doit parler à toute la terre , paraissant dans le temps c*est « la plénitude des temps » qu'il doit embrasser. Elle doit être absolument vraie de Lui la parole que disait son Prophète : Cest d'un hotU à r autre des deux qu'il s'élance, et pas unidiome, pas un peuple qui n'entende le bruit de sa voix. Le Christ est un Christ universel. Prêtre uoigue, c'est dans tous les temps qu'il doit sacrifier. Docteur unique c'est au milieu de tous les peuples qu'il doit instruire. Médiateur unique c'est toutes les générations qu'il doit diriger vers d^immortelles et divines destinées, Roi unique c'est dans le monde tout entier et à travers Cous les siècles qu'il doit exercer son empire souverain. Les extrémités^ de la terre doivent voir le Sauveur donné par Dieu. Toutes les nations doivent être enseignées du Christ, toutes les générations qui passent par l'existence doivent l'accueillir et le posséder à leur tour : — Or quel moyen pour le Verbe fait chair, pour THotome-Dieu, de se faire ainsi universel? Pas d'autre que de s'incarner, pour ainsi s^ exprimer, dans une société to ute entière^ de s^ntourer de cette société universelle comme d'un nouveau corps tout mystérieux, et \ par ce corps , vaste comme le inonJe, i perpétuer comme tes siècles, d'étendre son action divine à travers les distances. Cette Eglisêlui sera comme Vênsemïle dèses organes , et, comme s'exprimait saint Paul avec une

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admirable justesse , lui sera « sa plénitude, » c'est-à-dire l'ensemble des facultés et des puissances à Taide desquelles il atteindra le monde, de Tune à l'autre de ses extrémités (1).

2. D'après cette belle doctrine, que sera l'Eglise? L'Eglise sera Jésus-Christ même vivant dans une société humaine, société"r&TIeTvTsrEle, agissante, vivante. Jésus- Christ place cette société au milieu de tous les peuples , au centre du monde, et par elle se rend capable d'atteindre Thumanité toute entière jusqu'à ses derniers confins.

(1)« L'Eglise est, selon renseigoemént des saiots Pères, le royaume de Dieu et du Christ sur la terre , la continuation de son œuvre parmi les hommes, le corps organisé que son esprit anime , que le Verbe enseigne, int la grâce pénètre de son onction divine, auquel Jésus-Christ est tonjoars présent. C'est le corps sans cesse rajeuni du Christ , une seconde iDcarnalion , son corps mystique , un développement du germe vivant de son vrai corps, uni à lui d'une manière indissoluble, auquel il communique la vie par son esprit. A l'exemple du Seigneur l'Eglise est donc un organisme, un corps humano-divin , dans lequel le visible et l'invisible, le terrestre et le céleste , l'humain et le divin se pénètrent réciproquement. De même qu'en Jésus-Christ le divin et l'humain sont unis d'une union hypostatique , de même dans l'Eglise se marient et se pénètrent mutuellement le temporel et l'éternel , le terrestre et le céleste. Les deux parties , les denx formes de vie s'étant unies d'une union indissoluble , une séparaUon n'est plus possible. Il n'y a qu'un seul Christ, il n'y a donc aussi qa'une seule Eglise , à la fois visible et invisible, il ne peut y avoir deux Eglises. Dans cette Eglise une, le divin se manifeste dans l'humain, et l'humain se trouve porté et pénétré par le divin. C'est un corps vivant , eesl une société humaine, société de foi et de vie, administrée et gouvernée par Jésus-Christ et par son Esprit. Le Christ en vertu de l'union hypostalique du Verbe avec la nature humaine est en toute vérité l'Homme- "ieu; de môme TËgUse, à cause de son union réelle avec le Christ son chef, ayee le Saint-Esprit qui l'anime est en toute vérité une institution humanodivine. Toutes les propriétés de la divinité débordent sur l'humanité du VihTisl; l'Homme-Dieu « est la voie , la vérité et la vie : » dq môme l'Eglise ^isible reçoit l'écoulement de toutes les grâces de son Chef, de tous les donsdel'Espril-Saint, et l'Eglise est « la colonne et le fondement de la vérité. » Heliinger, Apol du Christian., IV, 145. — « C'est avec une pleine raison que i»on peut dire que l'Eglise est la chair de sa chair et l'os de ses ^s.»S.Meihodius, Convie. d4C, Virg. QraL, ÏII, 8.

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De là encore la constitution de l'Eglise, dans ses dectx éléments : dans son âme et dans son corps , dans sa partie divine et dans sa partie humaine. L*£glise , comme société et telle qu'elle apparaît aux regards, est composée d'hommes, elle est ce que sont les autres sociétés , c'est un empire 4 l'instar des autres empires , c'est un corps social harmonieusement organisé. Dans ce corps nous voyons des membres, des pouvoirs, une hiérarchie, l'autorité qui commande, la sujétion qui obéit , toutes les parties qui , dans des attributions et des fonctions diverses , concourent à la vie et au travail communs. — C'est là ce que nous voyons : d^ fidèles , un clergé , des assemblées , une existence publique , des œuvres, des institutions, un passé, une histoire; c'est le dehors , c'est le cori?^,. c'est le terrestre. Mais tout cela est pénétré du divin. L'Esprit anime cette masse, Jésu s-Christ fait divinement mouvoir tout ce corps^ et c'est ainsi que toute pénétrée de Dieu, « remplie, comme parle saint Paul, de toute la «plénitude de Dieu, » l'Eglise est à la fois divine et humaine : humaine dans les éléments visibles qui la composent, divine par le Dieu qui lapéngtgg, la soutient, la sanctifie , la régit. "" '

Ainsi encore l'Eglise est-elle l'image parfaite de Jésus- Christ. En Jésus-Christ la nature humaine tombait seule sous le regard du monde, la divinité dérobait à tout œil créé ses magnificences et ses infinités. Pareillement nous ne voyons de l'Eglise C[ue le côté humain ; la divi nité dont elle est pleine et, pour ainsi parler, débordante, reste, cachée à nos yeux. — Mais si elle est cachée en elle-même et dans son essence , elle se manifeste d'une manière éclatante dans ses eiï^is. En Jésus-Christ la divinité étincelait en des œuvres divines, « des puissances sortaient de Lui. » Ainsi en est-il de l'Eglise catholique : les merveilles de sa vie et de ses œuvres trahissent aux yeux les plus rebelles le secret de l'élément divin dont elle est composée.

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3* Pour bien nous rendre compte de Timporlance de ces notions sur TËgiise , remarquons qu'elles seules, nous dénouent le problème, insoluble sans elles, que la présence et la vie de TEglise au milieu du monde ne cessent de nous imposer. Deux mystères se dressent devant nous : la faiblesse et rimpuissance de TEglise , la force invincible , Tindéfectible vie de FEglise; sa sainteté immaculée d'uoe part, de l'autre la présence des pécheurs en elle et le contact de leurs souillures ; son éternelle mort , son éternelle vitalité ; ses incessantes défaites, ses incessants triomphes. D'où vient cette antithèse où l'histoire entière de l'Eglise est renfer- D^^? Decette double nolion que nous avons donnée d^'clle, de ce double élément dont elle se trouve composée, de celte condition essentielle de sa naissance qui l'a faite une société humaine d'une part, divine de l'autre : humaine ^jgLjar c onséquent tributai rftjjfia jiabûllgjape8jgt,Jlfia^^^"^p^'in de rhumapijté déchue ; divine , et par conséquent « plus forte d anssa fa iblesse quentoutes les forces du monde , » plus triomphante dans sa défaite que les triomphes de Thomme.

IL Formation de l'Eglise par Jésus-Christ. Telle est TËglise. 11 nous faut assister maintenant au spectacle à la fois humble et grandiose de sa formation par Notre Seigneur Jésus- Christ. Mais auparavant comprenons l'importance d'une semblable étude. Cette étude est fondamentale en ellemême , elle l'est devenue plus encoTé'par les cirçpnstances. Nous.nousT-rouvpns en face de l'école historique rationaliste , qui toute entière donne à l'Eglise une genèse fantaisiste et une constitution de hasard. Selon ces historiens, -^A^^ dont plusieurs ne sontni des esprits ni des talents médiocres, ^ ce n'est pas d'un coup que l'Eglise a été constituée; elle a ' ' suivi la bonne fortune des siècles , s'est accrue avec les cir- i constances , et , avec elles , s'est peu à peu accordé ses pri- /

vilèges, a fondé ses pouvoirs, s'est donné ses attribution Ce qui résulte d'un pareil systèm e, on le voit de suite , c* que rEglise est de création hurnaine; elle n'est pas sorl une et parfaite des mains d'un Homme-Dieu, elle est résultat d'un travail successif. L'habileté des évêques et di papes, le concours des temps, la facilité des circonstanci adroitement exploitées, lui ont valu seuls ses accroissemcmt et lui ont donné seuls la vie et l'organisme que nous li connaissons. Enoncer un pareil système , c'est dire à q» titre le catholique le doit renverser. Or la chose est facili regardons seulement Jésus-Christ à l'œuvre, et à l'œuv aussi l'Eglise qui sort toute faite des divines mains de se Fondateur.

Cette étude nous établira dans cette double certitude 4» que Jésus-Christ a constitué l'Eglise dans toutes ses dii férentes parties , dans tous ses éléments essentiels , si bii que l'Eglise est sortie de lui complète, parfaite, vivante entièrement formée et organisée; 2*» que cette Église, ai les premiers jours, a vécu de la plénitude de sa vie, et s'« montrée au monde dans la perfection de son organisme

1. Jésus-Christ créa l'Eglise comme Dieu créa le pre mier homme. Il forme son corps, à ce corps il jette soi soufOe. Jésus-Christ prêche : la foule accourt, le suit, com pose son cortège et son assemblée. De cette foule il tire um hiérarchie de pouvoirs. D'abord soixante-douze, ce sont le prêtres et les ministres : puis douze , ce sont les évêques î puis un seul, c'est Pierre, le chef de tous, le prince de tou le royaume, le fondement, ]di pierre sur laquelle l'édifice eii^ tiep est bâti (1). Voilà l'élément humain de l'Eglise, le peu

(1) a Nous trouvons dans TEvangile que Jésus-Christ voulant commen' cer le mystère de Tunité dans son Eglise, parmi tous les disciples eu choi*j sit douse : mais que Toulant conser^r le mystère de Tuoilé dans la mètai

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pie et les chefs , le troupeau et les pasteurs , et , parmi ces pasteurs, un Pasteur suprême, en lequel se résume tout le corps et se parfait Tunité. C'est là le corps de l'Eglise et sa partie humaine. Voici maintenant en elle le divin. « Sans moi vous ne pouvez rien faire ; » et encore plus explicitement : Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. C'est ainsi que TEglise est une société divinohumaine. Dieu Thabile, l'inspire, la meut, la conserve, la rend sainte, infaillible, indéfectible, invincible, pour toute la durée des siècles. Que vient nous dire l'histoire rationaliste que les éléments constitutifs de l'Eglise, les prêtres , les évêques, le Pape sont de création postérieure, successive, fortuite? Les voici tous sortant constitués des mains divines, avec leuïMoaïure, leur caractère , leurs attributions, fè'ilW pouvoirs'. Dès lors ils gouvernent, sous un chef visible unique , le peuple chrétien , la foule des disciples , et cela, par l'esprit, laide, la présence d'un Chef invisible unique, Jésus-Christ. Tout cela se trouve renfermé dans ces paroles du Sauveur : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. « ^ bâtirai : Voilà Dieu dans l'Eglise , voilà, dans cette Eglise, le fondement premier, le Chef suprême, l'unique invisible Pasteur. « Sur cette pierre , »

sur toi , Simon , que je fais pieire , je ferai reposer mon Eglise. Toi et mes autres Apôtres serez les fondements secondaires et visibles de cette Eglise, et entre ces fondements visibles, toi Pierre, tu seras le fondement principal sur lequel les autres fondements devront, pour soutenir l'Edifice, tout d'abord eux-mêmes reposer.

~|^'^®» parmi les douze il en choisit un. « Il appela ses disciples, » dit l Evangile : les voilà tous. « Et parmi eux il en choisit douze : » voilà une première séparation; et, les Apôtres choisis : « Et voici les noms des ûouze Apôtre^ : le premier est Simon qu*on appelle Pierre. » Voilà dans yne seconde séparation saint Pierre mis à la tête. » Bossuet, Serm. sur i ^'^nxU de l'Eglise, {'«part.

Leçons d^histoirb. — Tome I. 4

62 ETABUSSEMENT ET

2. Complète dans sa fo jour de sa création , Test en miêr'jour*eTie se signale au i Eglise, dès lors elle se se] églises de contrefaçon. Elle pas plusieurs. De même qù^

rêîs", irîTà'non plus qu'un seul corps m^stijug , et il n'en peut avoir plusieurs. Sa 'main divine est un creuset oii les éléments les plus multiples et les plus disparates se fondent en une puissante unité : « il n'est plus question de Juifs ni de Gentils, » « de Grecs et de Barbares, » tous sont UN, tous ne forment qu'une seule et même Eglise. Telle estla volonté formelle de son Fondateur : Sintunum! Dans le bercail catholique il fera entrer tous les peuples, « d'abord les enfants dispersés delà maison d'Israël, » puis les troupes pressées et innombrables de la Gentilité. Et de tous ces troupeaux épars il ne se fera plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur. Voilà l'unité constituée tout d'abord dans l'Eglise. Avec cette unité la Sainteté y est mise du mêmQ.coup, Le corps entier est animé, vivifié par l'Esprit de Dj^. C'est Jésus- Christ qui se l'unit et la pénètre de son infinie sainteté. Dans l'Eglise, c'est Jésus-Christ qui parle, qui commande, qui absout, qui enseigne; c'est lui qui, nonobstant les pécheurs, garde son Eglise « sans souillure, sans tache d'aucune sorte mais sainte et immaculée (1). » Troisièmement, Jésus-Christ veut que son Eglise soit catholique; il la con stitue xj^mt- ^selle; dès le jour de sa naissance, et quand elle parcourt silencieusement encore les chemins de la Judée, il lui dom le monde entier comme champ d'action : Cet Evangile sera prêché dans tout l'univers. Jésus-Christ prédit à son Eglise la^ \xm^ ie (QUt. Vunivers; enfin quand il envoie, ses Apâtrçs, c'est à toutes hs nations qu*il les envoie. Il n'est ici nulle^

(1) Ephes*

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MOTIONS GÉNÉRALES SUR L*ÉGUSE. 63

ment question de projets successifs d'agrandissement, ni d'une ambition qui grossit avec le succès et profite des issues que lui ménage la fortune, nous sommes en face d'une universalité voulue et annoncée dè&. le premier jour. Enfin YApostolicite est créée de même par l'expresse volonté du Fondateur : « Je suis avec VOUS, dit-il, jusqu'à la consommation des siècles. » Celui qui vous écoute m'écoute. Se tenir uni aux Apôtres, les « écouter, » accepter leur symbole et s'attaclier à leur siège , c'est être de l'Eglise ; les « mépriser, » les rejeter, se détacher d'eux, c'est n'en être plus.

3. Complète dans ses notes, l'Eglise l'est aussi dans ses prérogatives et ses pouvoirs. Dès le premier moment de sa naissance, elle domine, elle est reine, elle impose au nom de Dieu , aux grands comme aux petits , ùîie règle de fôrBTffiïé règle de conduite. Nul n'est libre de la rejeter, nûTnele Tait impunément : « Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain, » rejetez-le du milieu de vous, excommuniez-le, frappez-le de peines expiatoires s'il offre encore des espérances de conversion, sinon, retranchez-le définitivement comme un membre grangrené. L'Eglise possédait donc dès lors une puissance coërcit ive immense : « elle liait , » « elle déliait , » elle frappait de ses formidables excommunications, elle secouait sur des endurcissements désespérés une poussière accusatrice. — Elle possédait d'ailleurs les peuples ; « toutes les nations lui étaient données comme d om aine ; » et c'est «û « pleine mer, » dans le plein milieudes peuples , qu'elle jetait ses filets et faisait ses miraculeuses captures. — L'indéfectibilité lui était aussi dès lors assurée. L'Eglise connaissait de Quelles fureurs universelles elle allait être assaillie , mais elle savait que jamais les puissances infernales ne prévaudraient contre elle. Son fondateur qui lui assurait

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G4 ÉTABLISSEMENT ET DIFFUSION DE l'ÉGLISE.

Tempire du monde lui assurait aussi Tempire du tempi* — Un Magistère souverain était créé en elle. Les pontiSif devaient aller en enseignant, et leur parole dominatrici^ devait, comme le dit saint Paul, « réduire toute inteltt gence dans Tesclavage du Christ. » Ce Magistère cstjnfaâj-

lible , parce que si Pierre parle dans l'Eglise , Jésus-Chr&l parle par Pierre , de telle sorte qu'écouter Pierre et TEgl» enseignante unie à Pierre , c'est écouter Jésus-Christ

Les relations de l'Eglise avec les puissances séculièf« sont aussi réglées dès le commencement par Jésus-Christ lui-même (1). L'Église est imposée au monde, im médiat ment par Dieu , elle ne vit de par l'autorité et Ta'^permissMa d'aucune puissance terrestre, elle aune vie propre ^tj^s"' dépendante qui lui vient de Dieu : ce royaûmè^àytéstp^ de ce monde, il est du ciel, il vient de Dieu. — Indépeûdante au milieu du monde, l'Eglise est cependant soumg^ aux obligations civiles qui sont légitim es et justes , elle renà ^ à César ce qui est à César ^ elle ne résiste à César que quand César lui-même cesse d'obéir à Dieu. Alors Pierre déclare qu'il est juste d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (2) , alors le peuple chrétien rend à Dieu ce qui est à Dieu, Cette résistance finit toujours par briser César, mais c'est César qui l'a voulu.

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