ÉTAT DU MONDE AYANT L'ÉVANGILS
entraîQa Thumanité. Détoarné de Dieu , livré à soi-même , Biu démon (1), à la nature, l'homme ne dous présente plus que le lamentable spectacle d'une victime , qui , de chute en choie y roulé et se brise dans un précipice sans fond.
Les conséquences du Paganisme sont multiples : elles sont religieuses, morales, sociales, politiques. Séparé de l'idée vraie de Dieu , le monde ne pouvait plus avoir de religion dans le sens propre du mot. Du culte devenu purement extérieur Tidée , l'âme , le sentiment se retirèrent , il ne resta plus au fond de tant de pratiques , souvent extravagantes, parfois sanguinaires et cruelles, qu'un instinct religieux , une passion religieuse , dont Dieu ne permit pas que l'homme se dépouillât jamais; puis, avec cet instinct, une terreur profonde, un effroi invincible, qui ne laissaient entrevoir en Dieu qu'un être irrité et dangereux. Comme du reste Tidée de la sainteté de Dieu était totalement disparue, la religion du païen fut nécessairement impure, souillée par toutes les dépravations du mal (à).
(l) La rapidité du récit historique ne nous permet pas de nous arrêter aux questions , raéine de premier ordre. Parmi celles-ci est la vaslo et profonde qneatioD du rôle des démons dans la société aoUque.
11 faudrait nier Tliistoire profane , décliirer mille témoignages des auteurs païens pour contester ce rôle perpétuel et celte immense influence. Le Dieu du païen, c*est le démon : le démon devant lequel il tremble, devant lequel il tombe à genoux ; auquel il oflre les sacrifices toujours abominables, souvent atroces. — Voyez Plutarq.,2)« tttpertlit., i, p. 384. — Cieéron, Timeus, Mvu, 462. — Julios Obsequens, Frodigior HheL, cap. cxxii. — Plutarq., Ckéro, cap. xrv. — Dion Cass., Hiti, Rom,, XXXVII, cap. x.
Les prestiges du démon entretenaient Tardeur de son culte. Ces prestiges sont aUestés par la presqu*universaKté des auteurs païens.
l^s oracles n^araient pas d*autre origine. Même cause diabolique aux statues des dieux qui parfois se mouvaient et parlaient. Saint Augustin est formel sur ce point. Sahit Paul, dans ses Epttres aux Romains et aux Corinthiens , présente les démons comme les véritables chefs de la société P^venne. On consultera sur cette grave quesUon les Atmalês di philosophie <le Bonnetty.
(3) On trouvera dans Touvrage de Doëllinger, Paganisme ei Jud(nsmê , ^^w les détails de ces coites abominables.
Digiti:
84 iTÂBLisa
Aussi 9 comme avons à signaler a ginable , où tomba la plume la moins c la corruption s*adj< la cruauté. Le paï même mesure qu*j
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rénergique expression de TÉcriture, « mis au niveau des bêtes sans raison, » il traita Thomme son semblable comme il traitait l'animal. Ce mépris de la dignité humaine fait le trait distinctif de la société païenne ; partout où l'être humain cesse d'avoir à lui, pour le protéger, la force matérielle, il est outrageusement foulé aux pieds, il ne compte plus, c'est une multitude conduite à la boucherie (i). L'enfant, la femme, le vieillard, le pauvre, l'étranger, le vaincu , ces choses saintes et inviolables dans nos sociétés chrétiennes, étaient dans la société antique flétries et repoussées toujours, meurtries et ensanglantées souvent. Il nous est presque aussi impossible de faire comprendre maintenant l'inhumanité du Paganisme, que de faire pressentir les monstrueux excès de sa luxure (S). Ces deux
(1) Aur. Prud. Advert, Symm., ii, 1095. — Augastin, Confess,, vi, 8. — Ëumen, Panégyr.^ c. xii. — Chrysost., Hom. vu in Mallh. — Consulter les Césars de M. Champagoy, Id., Paganisme et Judaïsme de Doëllinger.
Sur le travail opéré par rÉglise dans cette société païenne , on consultera avec fruit : Launoi, de Cura Eccles. pro pauper, — Gerando , De la bienfaisance publique, Paris, 1839. — Taiilrand, Hist, philosophique de la bienfaisance, Paris, 1847. — Moreau Christophe, Du problème de la nisère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes, Paris , 1851. — Justin, Apolog., i, c. 47. — Tertull., Apolog., c. xxxix. — Constit, Apost., II, 25, 27, 28, 35. — Eus., De vit Const., iv, 44. — Orig., Philos., ix, 12.
(2) Consulter : Tertull., Ad nation,, I, c. 10; Id., De SpectacuUst c. x, xvii. — Lactant., Divin. ïnstit., I, 20. — Arnob., Advers Cent, vu, 32. — SalviaD, De Gubemat. Dei, ii, 26 ; vr, 2. — Macrob., Saturn., ii, vi. — Tacit., Annalf IV, 14; XIII, 25. — Suéton., August.,c. 45. — Cassiod., Variar. epist., I, xx.