I. Préparation providentielle au Christianisme. La
préparation providentielle qui précéda la venue du Christianisme est triple : préparation morale : préparation politique : préparation matérielle.
!• D'abord Dieu attendit. Si au premier abord la longue attente du Rédempteur qui seul pouvait sauver le monde semble étrange, l'étude de cette attente ne fait que montrer la miséricordieuse sagesse de Dieu. Des deux parties qui se partageaient l'ancien monde , aucune n'eût été prête plus tôt. Le Paganisme grec et romain devait passer par toutes les folies, tenter toutes les ressources humaines, expérinaenler toutes les impuissances , avant de s'avouer vaincu et de réclamer du ciel un secours, que sur la terre ses philosophes et ses sages , en dépit de leurs continuelles et fas-
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taeuses promesses, ne lui donnaient pas. — Quant au iiSrJ daïsme, qui plaçait dans sa loi mosaïque la même espéraseu de salut que le Paganisme plaçait dans sa raison naturelle,'] lui aussi devait perdre dans de continuelles détresses VuA deur de son orgueil et émousser à de séculaires inapuissan-l ces la vivacité d*une confîance, fausse et sacrilège parce] qu'elle rendait inutile et excluait Jésus-Christ. Si, après ItJ constatation si éclatante de son impuissance, le peuple Ji^l accueillit son Sauveur avec de si orgueilleux dédains , s'ir* ritant de l'entendre appeler son Libérateur, le poursuivait ] de ses injures quand il lui parlait « d'atTranchissement » eti de délivrance, jusqu'où eût pu monter son arrogance si le Messie lui avait apporté la Loi nouvelle avant le dépérisse- 1 ment et la « vieillesse » de Tanoienne Loi?
Mais Dieu ne se contenta pas d'attendre, et, en attendant, de laisser le genre humain reconnaître enfin, aveck gravité de son mal, l'impuissance de ses remèdes et l'absolue nécessité du secours surnaturel et divin , Dieu prépara peu à peu le monde, par les clartés adoucies d'un demi-jour, aux splendeurs du Soleil de Justice à son plein midi. A la Gentilité Dieu laissa le secours des traditions primitives, et ces traditions, très reconnaissables sous les mutilations et les déformations de la mythologie , avaient trait aux vérités les plus fondamentales et les plus élevées que Jésus- Christ allait prêcher au monde. — Au peuple Juif, infiniment plus favorisé, Dieu donna les enseignements de la Loi et les annonces des Prophètes. Ainsi la terre entière évitait l'horreur d'une nuit complète. L'idée du Messie à venir planait sur tous les peuples, les âmes étaient dans l'attente, Jésus-Christ et son Eglise trouvaient, pour s'y introduire et s'y fixer, un sol soigneusement et dès longtemps préparé (i).
({) Voyez Nicolas, Elud. phlloioph. du C*m«an. — Alexandre, AdSifbUl,
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