LE TRIOMPHE - L'EMPIRE CHRÉTIEN
L'Empire est chrétien.
Dès rannée 312, la grâce travaillait puissamment Tâme du jeune Constantin. Une vision d'en haut qui achève de l'ébranler toute entière, est attestée par les contemporains dont plusieurs sont païens obstinés et témoins malgré leurs haines.
En 324, il reçoit le baptême du pape saint Sylvestre : il sort du baptistère ûls de l'Eglise et champion du Christ (1).
Sans doute nous ne voulons pas dire que à la conversion
(1) On le voit, nous n'hésitons pas à rejeter le récit d'Eusèbe de Césarée sur le tardif baptême de Constantin, en 337, à Nicomédie, de la maia d'un évoque Arien ; nous dirons tout à l'heure pourquoi nous rejetons ce passage d'Eusèbe.
Le fait du baptême de Constantin, à Rome, en 324, a pour lui les aatorites les plus fortes et les plus nombreuses. !<> Ce fut la croyance qaioze fois séculaire de l'Eglise Romaine. 2^ Bien avant Anastase et la rédaction du Liber Pontificalis, c'était la croyance des Eglises d'Occident ainsi qae le témoignent Bédé , Adon , Usuard. Z^ Un concile tenu à Rome en 32i, affirme solennellement ce fait (Labb., ConcU, rom, II, Act, prim,, t. I* p. 1545). 40 Les auteurs païens du temps s'accordent dans la même affir* mation : Ammien Marcellin , Aurelius Victor. S» Les Actes de saint Sylvestre, Actes reçus par toutes les Eglises Occidentales. G® L'Orient conserfe la même tradition, ainsi que le témoignent Nestorianus, Jean d'Antioche
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Constantin Tidolâtrie disparaît entièrement et que tout Empire renonce au Paganisme : nous aurons plusieurs fois roccasioQ de remarquer la persistance du Paganisme officiel, les résistances du sénat, les rancunes tracassières des hautes ^gistratures, les dépits amers et parfois violents des jurisconsultes, des lettrés et des savants, que Julien l'Apostat va '^mi à l'heure exploiter si habilement.
Quand nous parlons à'empire chrétien nous formulons ce ' fait historique incontestable qu'à partir de Constantin le [pouvoir est, a de très insignifiantes exceptions près, définitivement chrétien. Rome n'égorge plus l'Eglise au nom des idoles et pour la cause désormais perdue du Paganisme. Les catacombes restent aux morts glorieux qui les ont conquises et qui y reposent, les vivants en sortent et peuvent agir au grand jour; les effroyables tueries qui, dorant trois siècles, ont noyé TEmpire dans le sang ehréi Uen sont finies, désormais l'Eglise a sa place grande et vénérée au milieu du monde, qui pourra la poursuivre encore et lui disputer son règne, mais qui est désormais incapable d'organiser contre elle l'universelle persécution du mg.
Nous n'avons plus à expliquer ici pourquoi , dans quelle
(Jean, Chronic., 1. XIII, Pair. Graec. l. XCVIII, col. 476), Jacques de Sarug (519), Eatychius, Almacin, Moïse de Corène (370).
Il est indubitable que nous trouvons dans Eusèbe le récit d'un baptême de Constantin à Nicomédie , quelques jours avant la mort de ce prince et que ce récit a été suivi sans contrôle par de nombreux auteurs. — Or c'est précisément le passage d'Eusèbe qu*il faut contrôler. Dès 870 ThéoçHane, moine à Constantinople, affirmait que le passage était une interpolation des Ariens (Patr. Grœc, t. CVIII, col. 90-92). — Cedren parle de «iême [Eiilor, Compend., Patr. Grœc, t. CXXI, col. 548. — De même Olycas (Patr. Grœc, t. CLVUI, col. 466). -— De même Nicépbore Caliste (Patr. Grœc, t. CXLV, col. 1285). Tous ces auteurs s*appuient sur les raisons les plus fortes.
11 nous est permis de relever l'étrange légèreté avec laquelle M. de Broglie expédie celte grave question; L'Eglise et V Empire rom., t. Il, p. 370.
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mesure et sous quelles réserves, nous ioUtulons cette périod» de rhistoire de TEglise au milieu du vieux monde : le Triom' phe; nous Ta vous fait eu traçant les divisions générales da ce volume. Ce qui nous reste ici, c*est, afin d'éclairer notre marche, de disposer Tordre et la succession des matières que nous allons traiter.
Au milieu d'une société où la partie idolâtre est considé-^ rable encore, le pouvoir chrétien apparaît, il fait son entrée, il a son introduction publique, ofQcielle, puissante, dans la monde. Dieu achève avec les césars ce qu'il lui a plu de com* mencersans eux et contre eux. Il a fait naître, vivre, triompher son Eglise jusque sous le glaive des césars persécuteurs, maintenant il appelle ces césars à la foi, il leur commande de faire à son Eglise une place grande et honorée, de la mêler à la vie de l'Empire, de lui dresser un trône au milieu d'une société nouvelle, et de l'y faire puissamment monter. — La suite des matières fait à cette leçon trois parties successives. 1** L'Eglise sous Coostantin le Grand (1). 2o L'Ëglise sous les successeurs de Constantin. 3^ Comme l'Eglise ne fait pas seulement que s'implanter et se fortifier dans l'Empire, mais qu'elle franchit ses frontières et s'étend au dehors , nous devrons étudier ces conquêtes extérieures et lointaines et nous rendre compte de cette magnifique extension.
(1) On consultera avec fruit pour cette période: Marlioi, Introd. delà relig. chrél. comme relig. de VElat par Constantin, — Manso, Das Leben Constantins des grosten, — Albert de BrogUe, L'Eglise et f Empire rotn. uu quatrième siècle. Il faut se déQer de certaines tendances et de plusieurs erreurs. — Schmidt, Essai historique sur la société civile dans le monde rom, et de la transform. par le Christian, — Eusèbe, l. IV, De vU, Constant, — Balduin, Constantin, magn,, l, ii.
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L'Eglise et Constantin le Grand.
La mission que Dieu confiait à ce premier des Empereurs ; dirétiens était double : Dieu « de qui vient toute paternité, » de ^ émane toutes les puissances, qui est à la fois le principe - «ila providence de la société civile et de la société religieuse, eonfia à Constantin la tâche glorieuse et rude de constituer rxme et d'affermir l'autre. Constantin devait, dans le plan providentiel, fonder d'une part l'empire chrétien, la société civile d'après l'esprit et la législation de l'Eglise , de l'autre émanciper et affranchir cette Eglise emprisonnée, bâillonnée, meurtrie durant trois siècles de persécutions. — C'est ce double travail, cette double mission de Constantin le Grand qae nous allons parcourir.
I. L'affranchissement de l'Eglise. Il est juste et logique de commencer par ce que Constantin fit pour l'Eglise. — L'Eglise réclamait de lui deux choses : d'abord la cessation même des persécutions, dont elle subissait de la part de Maximin et de Uctnius les dernières iniquités et les dernières horreurs, puis elle demandait des lois protectrices de sa vie et de ses (Buvres, elle ne refusait pas d'être introduite et menée à son trône par la main impériale , et ne faisait pas fi du prestige que lui donnerait la munificence du défenseur que Dieu lui «ûvoyait.
1. Au moment où nous avons laissé le récit historique, Constantin presque converti, abrité sous le Labarum écra- ^tMaxence sous les murs de Rome, lançait son édit de
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Milan dont l'effet devait être de clore Tère des persécutions, mais ne pouvait de suite et d'un coup arrêter l'effusion du sang. Maximin, qui gouvernait ou plutôt tyrannisait la Syrie et les provinces voisines, faisait encore périr les chrétieDS dans les plus cruels supplices , et envoyait les autres horriblement mutilés au travail des mines. Cette persécution que l'édit de Milan avait à peine suspendue un instant fut le dernier crime de Maximin. Attaqué et vaincu par Licinius il s'empoisonna et périt après quatre jours d'atroces souffrances» abandonné de la terre et du ciel, et déjà livré aux visions effroyables de l'enfer. Après Maximin ce fut au tour de Licinius à persécuter. Soit jalousie de la gloire et des conquêtes de Constantin, soit attachement au Paganisme, soit désir de trouver un sujet de guerre avec un rival détesté, Licinius commença par enchaîner l'exercice du culte catholique, et ne tarda pas ensuite à faire couler le sang. Saint Nicolas de Myre, saint Basile d'Amasée, saint Biaise, l'héroïque troupe des soldats chrétiens dont le martyrologe garde le souvenir sous l'appellation des quarante couronnés illustrèrent celte persécution. Constantin, en 324, y mit un terme en brisant sous les murs d'Andrinople les forces et le sceptre de Licinius (1).
2* Maître de l'Empire , Constantin put alors accomplir pour l'Eglise les grandes choses qu'il méditait depuis sa conversion. La première était l'affranchissement complet da Christianisme. Dans sa conduite privée et publique, dans ses édits, dans ses exhortations, dans ses actes, par tous les moyens en son pouvoir, Constantin favorisa cette liberté pleine et entière de l'Eglise (2). Si nous le voyons ménager
(1) Il lui fit grâce de la vie, mais dut ensuite punir de la peine capitale ses intrigues et ses essais de rébellion.
(2) « Nous voulons que les Eglises des chrétiens se rouvrent, afin que les
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Paganisme, en tolérer la profession,, en subir pour lui-
me certaines exigences absolument ofQcielles, comme la
^dénomination de grand Pontife, s*il ne procède à la destruc*
V.tion de ridolâtrie que lentement et par degrés, gardons-nous
• de transforoier cette prudence nécessaire en notre désas-
l^treux indifférentisme moderne. Constantin doit tolérer Ter-
^reur, mais il la déclare solennellement « détestable, » et
« impie (1). » Il se prononce avec une force et un éclat invin-
- cibles pour la foi de Jésus-Christ, et, en même temps, il
prend toutes les mesures qu'il peut prudemment prendre
, pour éclairer ses peuples et leur arracher sans violence et
de bon gré leurs antiques et chères erreurs. Implanter TEvan-
gile et déraciner le Paganisme, est, on le voit sans peine,
le travail de toute sa vie. Il détruit autant de sanctuaires des
faux dieux qu'il le peut sans bouleversement ni révolte ; tous
ceux où la débauche s'étale sont condamnés sans merci. II
interdit la divination, et frappe des peines les plus sévères
les pratiques de la magie. Après la défaite de Licinius il
publie une exhortation pressante aux Orientaux , où , sans
les y amener de force, il les conjure d'entrer dans l'Eglise
du Christ. Ses choix montrent son zèle, car il donne aux
chrétiens beaucoup d'emplois qu'il enlève aux idolâtres. —
En même temps qu'il décrie les pompes idolâtriques (2), il
chefs des Eglises chrétiennes partagent avec les prêtres païens les privi-
^ges que tout le monde reconnaît à ceux-ci Nous avons décidé que,
â&Qs Tintérieur même de notre priais, une Eglise serait élevée au Christ, afin qu'il ne puisse y avoir le moindre doute pour personne qu*il reste dans ïiotrecœurla moindre trace de notre ancienne erreur »
(1) « blasphème détestable ! qui te glorifies de mensonge « tu détournes de Tadoration du vrai Dieu, tu fabriques aux hommes des idoles qu'ils adorent et invoquent avec une déception digne de leur folie. » Constant., ^n Sanclor, cœtum, cap. ii.
(2) <x J*ai en abomination le sang des sacrifices et leurs détestables odeurs et toutes ces pratiques par quoi une erreur criminelle précipite au Tartare tant de Gentils. » Apud Euseb, vita Constant., cap. m.
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rehausse roagDÎOquement le culte chrétien. Ses libéralités aux Églises étaient immenses , ses largesses inépuisables. Les basiliques dites Constantiniennes s'élevaient de toutes parts dans TEmpire, les anciennes églises ruinées par les précédentes persécutions reparaissaient dans un plus grand éclat : toutes étaient pourvues de revenus opulents et de mobiliers splendides (1). Le pape saint MiUiade recevait de lui le palais de Latran , en attendant que la Papauté reçût pour les siècles Rome toute entière. Des rentes annuelles, des possessions, des privilèges , des faveurs de toute sorte, tout un ensemble de largesses faites par Constantin aux papes de Rome forment ce qu'on a nommé dans l'histoire la donation de Constantin (2).
Le clergé, si longtemps traité comme « la balayure du monde, » commençait à se trouver couvert d'une autre pourpre que celle de son sang. Constantin l'honorait partout et de toutes les manières. Dès Tannée 313, afin de laisser les prêtres à leur caractère et à leurs fonctions célestes , il les avait exemptés de toute charge municipale, « car, disaitil, les distraire du service de la religion ce serait un sacrilège. » Chose étrange, et qui montre quelle perturbation de
(1) Voici le nombre et le titre des principales basiliques Constantlmennes: Basilique de Latran , avec son baptistère. — Basilique de saint Pierre au Vatican. — Basilique de saint Paul hors des murs. —Basilique delà sainte Croix. — Basilique de sainte Agnès. — Basilique de saint Laurent. — Basilique de saint Pierre et Marcelin sur la voie Lavicane. — Basilique des saints Pierre et Paul à Ostie. — Basilique devint Jean-Baptiste à Albe,~ Basilique des saints Apôtres à Capoue. — Basilique de Naples.
Toutes les basiliques jouissaient ensemble d*un revenu de près de trois millions de rente.
(2) On sait les polémiques ardentes qui ont été soulevées, les négations et les affirmations qui s'entrecroisent au sujet de ce point historique : bruits et peines bien inutiles I Car s'il est un fait éclatant et irrécusable, c'est bien la formation du domaine temporel du Saint-Siège avant, pendant, après Constantin. Que si l'on chicane sur le mot donation de Constantin, c est une puérilité I —On consultera avec fruit les articles de M. E. Dûment dans VAmi de la religion, t. CXLI, n. 4770.
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•principes et quel abaissement du boa sens nous avons subis, ees privilèges des ministres de la religion, qui parurent abrs très naturels et très légitimes, sont maintenant taxés «l'imprudence. Constantin que tous, païens et chrétiens approuvèrent alors, est condammé aujourd'hui I Un fruit phis précieux encore de la sollicitude de Constantin pour le tiergé fut la révocation de la loi papinienne, qui, en frappant justement le célibat païen, célibat tout de vices et de lâcheté meurtrière, frappait maintenant avec une iniquité flagrante le célibat ecclésiastique et religieux, célibat tout de noblesse , de magnanimité et de fécondité (1).
Comprenant combien le repos dominical est lié étroitement àrinfluence et au travail du clergé, et comment sans la célébration du dimanche Tévangélisation du peuple et le respect du culte deviennent impossibles , le pieux et intelligent empereur promulgua en 321 une loi qui rendait la célébration du dimanche obligatoire dans tout TËmpire. Ce même respect des choses saintes lui avait fait déjà abolir le supplice de la croix« Cette croix où était mort son Dieu, qui brillait à son diadème et surmontait ses étendards, ne pouvait plus être le vulgaire instrument de la mort des criminels.
Veillant ainsi à la piété chrétienne par tout son empire, Constantin ne pouvait oublier son armée. Les dispositions qa'il prit pour Tinstruction et la moralisation des soldats sont toutes empreintes de sagesse et de bonté. Lui-même leur donnait l'exemple ; chaque exploit de ses armes était scellé de la croix et reporté à Dieu par Taction de grâces ; son palais renfermait un oratoire où le religieux empereur écoutait avec une humble docilité de la bouche des évêques les enseignements de la foi.
(1) Constant., Décret., Pair, Lai., t. VIII, col. 121. — Id., col. 121. — ftid.,col. 189. — Ibid., col. 236. — Voy. Aurel, Victor, cap. xu, n. 4. — SurTEdit de Milan, voy. Eusèbe, Hist. eccl., 1. x, c. 5,
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Ce n'est rien exagérer de dire que les choses delà religion absorbèrent une part considérable de son règne, tant il fut toujours persuadé que la religion est la base la seule solide du gouvernement, et que l'indifférence du pouvoir pour Dieu et son Eglise, fait éelore, comme d'un germe fatal , l'indifférence et le mépris des peuples pour le pouvoir. Cette sollicitude de Constantin et son immixtion dans les affaires religieuses ne furent sans doute pas exemptes de maladresses et de fautes , mais la volonté resta pure et droite toujours. Ce fut avec un zèle dont il est impossible de soupçonner la sincérité qu'il se mêla aux affaires des Donatistes. Nous verrons plus tard les fautes où l'entraîna une immixtion exagérée et irrégulière dans les controverses ariennes, mais nous n'aurons pas l'injustice de refuser le bénéflce de circonstances atténuantes qui sont loin d'être sans valeur (1).
On parle souvent du sentiment de haute piété filiale qui fait sortir Constantin de Rome pour la laisser à la Papauté comme capitale éternelle. Sans nier la profonde vénération de ce prince pour l'Eglise, nous pensons que c'est lui prêter une volonté trop précise et un plan trop absolu. La Providence plus que Constantin ménagea toutes choses pour le triomphe dé la Papauté; Constantin fut son instrument docile et lui obéit sans avoir peut-être entièrement conscience du grand acte providentiel qui s'accomplissait. La sincérité de sa conversion et l'énergie des mesures qu'il multipliait en faveur du Christianisme lui avait attiré bien des haines : Rome, en le craignant, lui était sourdement hostile, et il s'y sentait mal à l'aise. D'ailleurs il rêvait une capitale d'où il pût plus puissamment étendre son sceptre sur les deux portions de son immense empire. La politique lui faisait exécuter un plan dont Dieu seul connaissait toute la merveilleuse pro-
(1) Voir, dans la leçon suivante, l'affaire des Donatistes et les commeflcéments de l'hérésie arienne.
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fondeur. Après avoir fait choix de Bysance, ville déjà vaste \, et magDiOque, il la puriGa des restes de Tidolàtrie, Tenrichit . 4b monuments et surtout la couvrit de basiliques. Heureux î si en fondant Constantinople, ce priuce n'eut pas fondé pour A Tavenir le boulevard du schisme et de Thérésie qui condam- J Deront TOrient à des siècles honteux de décadence et à une i mort plus honteuse encore ! (330.)
} Pendant qu'il quittait Rome pour Constantinople, sa r mère, sainte Hélène, remplissait la Judée des marques de sa ^ piété ardenle et de sa royale munificence. Cette terre déso- J lée était purifiée de ses souillures païennes, la croix de 1 THomme-Dieu était miraculeusement découverte et livrée à fl. la vénération du monde chrétien. — La rapidité du récit i nous force à effleurer tant de grandes choses et nous expose ' à de bien regrettabfes omissions.
II. Lois et institutions chrétiennes de l'Empire. Dieu, disions nous plus haut, est le père commun des deux sociétés civile et religieuse ; quand il travaille pour son Eglise il travaille du même coup pour la prospérité et la force de la société et des pouvoirs qui la régissent. Méconnaître cette vérité fondamentale, c'est remplir l'histoire d'obscurité, juger iniquement beaucoup de ses grands hommes, et ouvrir l'accès aux systèmes révolutionnaires les plus subversifs , aux théories politiques les plus désastreuses. Nier l'influence providentielle et les services réciproques des deux puissances, c'est aller droit à l'extravagance libérale. Séparation de VEglise et de VEtat : c'est l'axiome césarien comme la devise révolutionnaire , avec elle les peuples sont malades , ils vivent des temps mauvais, et, de décadence en décadence, <ie révolution en révolution , ils aboutissent à la mort. La société civile sortie meurtrie et sanglante du despotisme césarien, trouvée par Constantin dans d'insondables fanges,
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