‹ Leçons d'histoire ecclésiastiqueChapitre 8 sur 47 · EB L HIS · texte numérisé non relu

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aille à reconsuiuer le raganisme, s euoree !]lhristiaDisme , de le ruiner, de se substiit que Thérésie et la philosophie païenne rts du glaive, TEglise, aux prises avec ces ersaires, lutte encore à la fois contre toutes vices , comprimés par TEvangile jaillissent me violence égale à leur compression. De Dondes qui pullulent dans les premiers les noms divers , réunissant leurs perverrs haines , combattant toutes ensemble la ;-Christ, lui font courir des dangers plus lui en ménage toute la fureur des Césars.

)he. — L'Eglise demeure victorieuse des îs comme des résistances de la raison remis sanglants de la force. Constantin déles armes et abaisse devant la croix les ipire. 11 va plus loin; il laisse au Christ et me pour capitale , et se retire devant la ime divin. Sans doute, quand nous donlière partie de la première Epoque , pour nomphe, nous n'entendons pas un triome, une paix sans combat : cette situation lie de l'Eglise, mais nous prenons le côté 5 ces temps nouveaux. Viendront, nous le les hérésies ; les empereurs devenus chréis souvent à l'Eglise sa croix la plus lourde

plus pressant. Tandis que l'Orient vivra itesses tracassières de Byzance et des au-

une vie de plus en plus amoindrie. et ïcident se verra sillonné bientôt par les ons des Barbares, se remplira de troubles, ines : aux regards qui manqueraient d'at-

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teDtioQ ou de profondeur, cette situation compterait pour une défaite nouvelle.

Néanmoins , c'est bien pour TEglise un moment de véritable triomphe. L'Eglise est sortie des obscurités et des impuissances des catacombes, elle règne au grand jour, elle a une vie ofOcielle, la majesté impériale s'incline devant elle, ses Papes sont déjà plus puissants que les empereurs qui chancellent, les restes du Paganisme vont s'amoindrissant , les hautes charges, les magistratures, les armées, s'ouvrent à des illustrations chrétiennes, les évêques sont partout les soutiens reconnus des peuples , les lois , non-seulement s'imprègnent d'idées chrétiennes, mais sont dans une mesure qui s'élargit tous les jours l'application des principes de l'Evangile , les institutions se transforment peu à peu , et malgré les dernières résistances du Paganisme officiel , l'idolâtrie, obligée de déserter les grands centres, se réfugie dans les campagnes, et encore y est-elle poursuivie par d'ardents missionnaires. En un mot , depuis Constantin un élan immense est donné au Christianisme , élan que n'entravent que faiblement et pour un moment les efforts de Julien l'Apostat, du philosophisme idolâtre et du rationalisme hérétique.

La Papauté développe magnifiquement son action. Sans doute la Papauté était sortie toute faite, toute-puissante, toute armée de l'institution divine; dès le premier jour Pierre était le chef visible de l'Eglise universelle, et , Pasteur audessus de tous les pasteurs, il paissait à la fois agneaux et brebis. Mais les catacombes enchaînaient forcément son action et en amoindrissaient l'exercice. Le voici maintenant, debout, aux regards de toute la terre , sur un trône incontesté. Ses ordres vont de l'Occident à l'Orient, ses légats sillonnent le monde , les appels à Rome sont incessants , les grands sièges tiennent du Pape leur splendeur et leur force, les Conciles tirent leur efficacité de sa confirmation. De plus

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le domaine temporel, devenu rapidement un Etat véritable, le maintient vis-à-vis des pouvoirs dans une situatioa plus libre et plus élevée. Ce pouvoir temporel peut être précaire encore dans sa partie purement matérielle, mais il a dès lors une influence considérable sur le gouvernement du monde catholique.

Si Ton ne jette sur les grandes hérésies qui désolent l'Église du quatrième au sixième siècle qu'un regard superficiel, très certainement, loin d'y voir un triomphe, on gémira sur des ruines. Mais on aura tort. Jamais l'épanouissement doctrinal ne se fit plus splendide, jamais le Credo catholique ne s'affirma plus magnifiquement, jamais le dogme révélé ne fut fixé sur de plus inébranlables assises. La parole infaillible du Saint-Siège retient dans les limites de l'orthodoxie les controverses qui s'égarent , les conciles, malgré les inconvénients réels qu'entraînent leur fréquence et l'immixtion parfois fatale des empereurs Byzantins , lancent sur les hérésies des foudres victorieuses, et fixent les formules du dogme catholique avec une netteté toujours plus lumineuse. Que dire de la brillante armée de nos Docteurs? De même qu'aux jours de la lutte du sang Dieu faisait surgir l'armée des martyrs , de même maintenant , pour les combats de la doctrine , Dieu donne à son Église l'invincible armée des Docteurs. Rien ne peut rendre l'éclat dont ils illuminèrent le monde , et la force qu'ils prêtèrent à la confession de la foi. Ils ne luttèrent que deux siècles et leur victoire ne cesse de nous couvrir encore de ses dépouilles et de ses conquêtes. Dans ces deux siècles que nous ne craindrons jamais d'appeler des siècles de triomphe, chaque point du dogme est affirmé, Cixé, développé, éclairci. Les Donatistes nous avaient valu déjà les premières idées sur l'Église, aux Ariens nous devons la plus belle et la lumineuse théologie sur l'Incarnation. Les Macédoniens appellent les définitions les plus nettes sur le Saint-Esprit.

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DB l'histoirb bgglésiastio^b. 53

Pelage nous donne Augustin , et son hérésie les premières révélations sur les profondeurs de la grâce, le germe de la <3octrine que développera plus tard avec une clarté si mer- ^veilleuse le génie de saint Thomas d*Aquin.

Un quatrième élément de triomphe ressort du Monaohisme. Dans les siècles qui nous occupent le Monachisme n'est plus à son berceau , il ne renferme plus ses phalanges dans une Thébaïde ; son désert c'est le monde , son champ d'action est devenu celui de TÉglise tout entière. Du Monachisme sortent nos Évêques et nos Docteurs , c'est lui qui se fait à la fois missionnaire , instituteur des peuples et des rois, gardien ûdèle de la doctrine, intrépide propagateur de la science, civilisateur infatigable des nations barbares , en même temps qu'il reste la plus pure et la plus vive lumière du monde civilisé. Son histoire, tellement elle est vaste , semble se confondre avec l'histoire même de l'Église, et ses triomphes sont les triomphes mêmes de la foi. Enfln n'ayons garde d'oublier un cinquième élément de triomphe : l'exercice de la charité. On a trop peu remarqué cette force chrétienne , on a trop peu tenu compte de son action dans la victoire totale de l'Église et la transformation du vieux monde. Nous comblerons cette lacune, et ne regretterons pas les pages que nous consacrerons à l'histoire de cette triomphatrice (l).

Tel est l'ordre qu'il nous semble convenable et possible

de mettre dans l'histoire de l'Église , depuis sa fondation ,

jusqu'à l'établissement définitif des Barbares en Occident.

Après avoir épuisé la suite du récit historique , tout n'est

pas fait encore; reste à étudier la société chrétienne des

(1) Trois de ces études : les grandes hérésies , les Pères du iv® siècle qui les combattent, les Moines dans les premiers siècles, leur œuvre, leur influence, ne sont pas contenues dans le premier volume, elles ouvrent le second.

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premiers siècles dans sa physionomie propre, dans sa yie^ dans ses instilutioDs, ses mœurs , ses habitudes , rextérieur de son culte, sa discipline , etc. Et là quel nouveau et vaste champ ouvert à nos investigations! Hiérarchie, fonctionnement de la puissance ecclésiastique, charges diverses du clergé. Lois inviolables qui déjà règlent sa divine existence, détails du culte, administration des sacrements, célébration des saints mystères, diverses phases, coutumes différentes des chrétiens sous les diverses conditions politiques par où ils passent. Cette peinture est le complément obligé de la narration des faits, sans elle cette narration perdrait une grande partie de sa clarté et de son intérêt.

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NOTIONS GÉNÉRALES SUB L*ÉGLISB. 55

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