‹ Leçons d'histoire grecqueChapitre 101 sur 136 · LA CIVILISATION HELLÉNISTIQUE · texte numérisé non relu

LA CIVILISATION HELLÉNISTIQUE

d'Alexandre. Séleucides, rois et dynasles de Bithynie, de Pergame, de Pont, de Cappadoce, d'Arménie, de Parthie, de Bactriane, tous les protagonistes du grand drame perdu se retrouvent sur ces œuvres de l'art grec avec leur physionomie personnelle, leurs emblèmes caractéristiques, leurs divinités préférées, leurs titres et surnoms, autant de données sur lesquelles s'exerce, et parfois avec succès, la sagacité ingénieuse de nos archéologues. Le reflet de ces médailles éclaire d'une pâle lueur des siècles dont il ne reste plus d'autres témoins. Saurait-on sans elles que des aventuriers grecs ou macédoniens ont gouverné pendant plus de deux siècles, avec le titre de rois ou « grands-rois » de Bactriane, les régions qui s'étendent des rives de l'Oxus à celle de l'Indus ; que le grec est resté durant ce temps la langue officielle de leur royaume, et que les divinités helléniques, Zeus avec sa foudre, Poséidon avec son trident, Héraklès avec sa massue, les Dioscures sur leurs coursiers, circulaient en effigie parmi les sectateurs de Zarathustra et de Çakya-Mouni? Aurait-on supposé, si elles ne nous en donnaient la preuve, que même les champions des nationalités les plus rebelles à l'hégémonie hellénistique ont rendu hornmage à la civilisation supérieure de l'étranger en gardant les usages introduits par la conquête? Sans doute, Plutarque nous aurait dit qu'on jouait des tragédies d'Euripide à la cour d'Orode, le vainqueur de Crassus,et qu'Artavasdo d'Arménie, l'aUié d'Orode, avait écrit en grec des tragédies, des discours et des ouvrages d'histoire. Mais les médailles nous apprennent que ce philhellénisme n'était pas un engouement passager. Chaque roi

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