L ORIENT SOUS LES SELEUCIDES
parthe se pare des titres d'eùspYéxYiç, otxaioç xat cpiXeX^iqv. On voit ainsi les Arsacides employer exclusivement la langue grecque jusqu'au ii^ siècle après J.-C, puis s'obstiner à la maintenir encore en concurrence avec le pehlvi, alors que ni leurs sujets ni eux-mêmes ne la comprennent plus. On les voit conserver avec un égal respect, pour la mesure du temps, le calendrier macédonien et l'ère des Séleucides, datée du 1" octobre 312, jour de la rentrée définitive de Séleucus à Babylone.
Les monnaies suppléeront donc dans une certaine mesure à l'indigence des textes. En utilisant avec uq soin jaloux les moindres de nos ressources et en rattachant les uns aux autres les faits acquis par des conjectures discrètes, nous arriverons peut-être à dresser le canevas d'une histoire que nous ne pouvons plus écrire. Ce canevas suffira pour nous donner une idée de l'immense ébranlement produit dans l'Orient asiatique, jusqu'aux confins de la Chine, parla brusque irruption de la culture grecque implantée sur les ruines de l'empire des Perses, et sur les débris plus anciens encore des empires de Babylone et de Ninive. Si ce précieux ferment avait été confié à des peuples mieux doués, et si la réaction religieuse achevée par l'islamisme — l'ennemi né du génie européen — n'était venue ramener ces disciples des Hellènes à une incurable barbarie, l'œuvre d'Alexandre eût été peut-être l'événement le plus considérable de l'histoire universelle. Telle qu'elle s'offre à nous, elle n'est surpassée que par le labeur plus patient et plus fécond des Romains.