‹ Leçons d'histoire grecqueChapitre 107 sur 136 · L ORIENT SOUS LES SELEUCIDES · texte numérisé non relu

L ORIENT SOUS LES SELEUCIDES

des caractères ethniques s'était comme usé par le frottement. Plus loin, on entrait dans le domaine des notions araméennes ou sémitiques : Syriens, Leuco- Syriens, Chaldéens, Assyriens. C'était un monde déjà bien vieux que celui-là. La Bible y place leu berceau de l'humanité, et, pour l'antiquité des souvenirs, la vallée du Nil peut seule soutenir la comparaison avec celle de l'Euphrate. La rivalité de Babylone et de Ninive avait affaibli successivement les grandes monarchies fondées soit par les prêtres de Ghaldée, soit par les guerriers de l'Assyrie. Il y avait eu là comme une lutte du sacerdoce et de l'empire, qui, ainsi qu'il arrive toujours, avait été plus funeste au trône qu'à l'autel. LesMèdes,alliésaux Babyloniens, avaientdétruitNinive vers 625 avant notre ère ; puis, moins d'un siècle plus tard, le royaume de Chaldée avait été incorporé, ainsi que l'empire des Mèdes, à la grande monarchie persane fondée par Cyrus.

Sous ces noms divers d'empires chaldéen, assyrien, mède, perse, le pays arrosé par l'Euphrate et le Tigre avait peu changé. Les vicissitudes politiques ne sont souvent que des mouvements de surface et des changements d'étiquette. Il en est ainsi quand il n'y a pas entre les vainqueurs et les vaincus une disproportion de force ou d'intelligence qui rompe l'équilibre et engage la 'civilisation dans des voies nouvelles. Quand Darius eut réprimé les dernières tentatives de révolte en Chaldée, en Assyrie, en Médie, il ne songea pas un instant à fondre en un seul peuple les nationalités hétérogènes qui peuplaient son empire. Il semble même avoir adopté la méthode contraire, qui consiste à diviser pour régner. Il laissa aux OFrecs leurs consti-

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