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LES GRECS CONTRE LES PERSES

à la tête d'une vaste confédération maritime (463).

Ici l'histoire de l'Egypte se mêle intimement à l'histoire de la Grèce, qu'elle côtoie depuis si longtemps. II était dans la destinée de ce pays d'être servi, défendu, protégé, exploité aussi, en attendant qu'il fût dominé et gouverné, par les races plus intelligentes du nord.

L'amiral athénien Charitimidès conduisit de Cypre en Egypte une flotte de 200 trirèmes. Le satrape Achœménès, frère de Xerxès, disposait d'une armée que Diodore évalue à plus de 300 000 hommes ; mais les Athéniens portaient partout la victoire avec eux. Achœménès fut battu et tué à Paprémis, et les débris de son armée furent longtemps bloqués par les coalisés dans la citadelle de Memphis (462). Mais ce siège donna le temps à une nouvelle armée perse de reprendre l'offensive : la flotte athénienne, artcrée dans un bras du Nil, fut mise à sec par les ingénieurs de l'ennemi, et les Égyptiens épouvantés se soumirent. Les Athéniens se conduisirent en héros, paraît-il : ils brûlèrent leurs vaisseaux et se tirèrent, à force de courage, de ce mauvais pas ; mais la cause qu'ils défendaient était perdue. Inaros fut pris et empalé, et son auxiliaire Amyrtée se réfugia dans les marais de la côte. Pour comble de malheur, une petite escadre athénienne, qui allait sans méfiance relever l'autre, fut surprise et coulée par la flotte et l'armée des Perses (455). Quelques années plus tard (450), les Athéniens détachèrent soixante trirèmes de leur flotte de Cypre pour seconder Amyrtée, mais ils n'osèrent plus s'aventurer dans l'intérieur du Delta et revinrent sans avoir rien fait. Ils purent au moins guérir la blessure faite à leur amour-propre en imposant au

300 l'Egypte avant les lagides

roi de Perse lui-même ]a paix dite de Cimon (449). L'Egypte parut tout à fait résignée durant les quarante années qui suivirent. Mais, à la mort de Darius le Bâtard (405), pendant qu'Artaxerxès Mnémon et Cyrus se préparaient à une lutte fratricide, le petitfils d'Amyrtée chassa les Perses au moins d'une partie de l'Egypte et reprit le titre oublié de Pharaon. Son successeur Néphoritès (399) acheva la délivrance. Le premier souci du nouveau roi d'Egypte, comme aussi de ses successeurs, fut de se créer des alliances en Grèce, d'y recruter des soldats et au besoin des généraux. C'était le temps où l'Hellade, appauvrie par un siècle entier de discordes sanglantes, fournissait des bandes de mercenaires, enrôlées par des condottieri sans scrupules, à tous les entrepreneurs de guerres. Chabrias d'Athènes, après avoir aidé Évagoras de Cypre à se débarrasser des Perses, entra au service de Nectanébo ou d'Acoris ; puis ce fut le vieil Agésilas qui, impatient du repos, se fit le conseiller du roi Takho et le général du second Nectanébo ; puis, sous le même pharaon, Diophantos d'Athènes et Lamios de Sparte qui battirent, en 351, les troupes d'ArtaxerxèsIII Ochos. Mais les Grecs servaient indifféremment toutes les causes. Il y en avait de part et d'autre dans les deux armées qui se heurtèrent six ans plus tard à Péluse. Nectanébo s'enfuit sans attendre la bataille (345), et l'Egypte retomba définitivement sous le joug de l'étranger. Cette fois, ce n'était plus seulement la vassalité, c'était la servitude. Ochos se conduisit comme Cam^byze ; il ravagea le pays, profana les temples, égorgea et mangea un Apis qu'il remplaça par un âne, et rapporta à Babyloneles dépouilles des vaincus.

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