LE CLERGÉ SOUS LES PHARAONS
tériser brièvement la politique des Lagides dans leurs rapports avec le clergé égyptien et les modifications qu'ils ont apportées au culte monarchique de rite égyptien.
Nous avons vu déjà avec quelle habileté prévoyante Ptolémée, n'étant encore que satrape, avait rassuré les prêtres sur ses intentions. La tâche lui était aisée, car le gouvernement macédonien succédait à une domination violente, méprisante, aigrie par les révoltes qu'il avait fallu réprimer et qui avaient même abouti à restaurer pour un temps des dynasties indigènes. Sous les Pharaons, les corporations sacerdotales groupées autour des temples possédaient d'immenses domaines sans cesse accrus par des donations nouvelles, faites pour assurer aux morts un service perpétuel de commémoration. Ces biens n'étant jamais partagés, «tout ce qui leur échéait », dit M. Maspero, « leur restait à jamais, et des imprécations insérées dans les contrats menaçaient de peines terribles en ce monde et ailleurs quiconque leur en déroberait la moindre parcelle. Elles n'empêchaient pas toujours les barons ou le roi de porter la main sur les revenus des temples : smon l'Egypte serait promptement devenue terre sacerdotale d'une frontière à l'autre. Même réduit par des usurpations périodiques, le domaine des dieux couvrait en tout temps un tiers environ du territoire ^ ». Ce sont là les effets ordinaires,