‹ Leçons d'histoire grecqueChapitre 129 sur 136 · G. Maspero, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

G. Maspero, op. cit., I, p

inévitables» de l'existence de corporations ayant qualité pour assurer des biens spirituels en échange de biens temporels : et je ferai observer, à la décharge des prêtres égyptiens, qu'ils ne considéraient pas la pauvreté comme une vertu. Les rois ou satrapes perses avaient dû rogner sans scrupules sur les revenus des temples. Ptolémée n'eut qu'à annuler de temps à autre quelqu'une de ces spoliations pour acquérir des droits à la reconnaissance du clergé. Il s'abstint, au reste, de toute ingérence dans l'exercice du culte national. Bien loin de prétendre y introduire des idées ou des pratiques d'origine grecque, il lui rendit un hommage ingénieux, délicat, et qui ouvre un chapitre curieux dans l'histoire des religions, en créant ou développant à Alexandrie même, à l'usage des Gréco-Macédoniens, un culte égyptien accommodé à la grecque, celui de Sérapis (Osor-hapi), le Zeus ou Jupiter alexandrin.

Son successeur, Philadelphe, paraît avoir pris, au milieu de ses artistes, de ses poètes et de ses savants, un dédain plus avoué pour la civilisation égyptienne, à laquelle il avait pourtant emprunté l'usage de l'inceste à la mode divine. Après la mort de la reine-sœur Arsinoé, le roi fit grand étalage de douleur et de dévotion à la mémoire de la défunte. Il bâtit à Alexandrie, non loin du Sérapéum, un Arsinoeion ou temple d'Arsinoé dont on dit des merveilles et au service duquel furent attachées des prêtresses spéciales. Les noms de ces canéphores figurent, à côté des archiprêtres des Ptolémées, dans les dates des papyrus. D'autres Arsinoeia s'élevèrent en divers lieux, et une province entière (le Fayoûm d'aujourd'hui) devint l'apanage de la

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