LE DÉCRET DE CANOPE
couple régnant. Pour ce faire, le synode décrète « que les prêtres demeurant dans chacun des temples du pays soient appelés aussi prêtres des dieux Évergètes, et qu'ils soient inscrits dans tous les actes publics, et que, sur les bagues qu'ils portent soit gravé ce sacerdoce des dieux Évergètes ; qu'en outre, en plus des quatre tribus actuellement existantes dans l'ensemble des prêtres de chaque temple, il en soit institué une autre, qui sera appelée cinquième tribu des dieux Évergètes ». Le concile, se référant à un précédent décret, qui avait établi une fête par mois en l'honneur des dieux Évergètes, ajoute à ces honneurs une grande fête annuelle. « Il y aura chaque année une panégyrie solennelle dans les temples et dans tout le pays pour le roi Ptolémée et la reine Bérénice, dieux Évergètes, le jour oii se lève l'astre d'Isis, jour qui est reconnu par les saintes lettres comme étant le jour du nouvel an ». Enfin, la vénérable assemblée procède à une véritable canonisation, ou apothéose en forme après la mort, d'une petite princesse royale qui portait déjà le nom de reine. « Attendu », dit l'inscription, « que du roi Ptolémée et de la reine Bérénice, dieux Évergètes, étant née une fille qui aussitôt avait été proclamée reine, il est arrivé que cette fille étant vierge est subitement partie pour le monde éternel ; que les prêtres qui du pays viennent chaque année auprès du roi étant encore auprès de lui ont aussitôt célébré un grand deuil pour cet événement et ont jugé convenable de persuader au roi et à la reine d'inaugurer la déesse avec Osiris dans le temple de Canope, qui... compte parmi les plus honorés par le roi et par les habitants du pays,., lorsque tous les prêtres de
premier rang offrent des sacrifices sur les autels élevés ■ par eux pour chaque temple des deux côtés de la route; qu'ils ont après cela accompli les cérémonies de la divinisation et de la clôture du deuil, suivant les usages prescrits, magnifiquement et avec grand soin, comme il est d'usage de le faire pour Apis et Mnévis, il a paru convenable de rendre à la reine Bérénice, née des dieux Évergètes, des honneurs éternels dans tous les temples du pays » : en conséquence, « on consacrera à la reine Bérénice, née des dieux Évergètes, dans tous les temples du pays, au mois de Tybi, une fête avec périple, qui durera quatre joursà partir du 17, jour dans lequel le périple et la clôture du deuil ont eu lieu pour elle la première fois, et l'on exécutera aussi sa statue en or, ornée de pierreries, dans chacun des temples de premier et de second ordre, et l'on placera dans le sanctuaire cette image, que le prophète ou l'un des prêtres ayant entrée dans le sanctuaire pour la vêture des dieux portera dans ses bras quand les sorties et les panégyries des autres dieux aurons lieu, afin que, vue par tous, elle soit honorée et adorée sous le nom de Bérénice, princesse des vierges ». Le document entre ensuite dans de grands détails sur la couronne et les insignes que devra porter la statue, sur les confréries de jeunes filles et de femmes qui seront chargées de desservir le culte de la petite vierge et de chanter en son honneur des hymnes que les hiérogrammates auront « écrits et donnés au maître de chant et dont les exemplaires seront rangés parmi les livres sacrés » . Et pour que la dévotion officielle soit stimulée par un souvenir reconnaissant, désormais « le pain que l'on donne aux femmes des prêtres aura une marque dis-