AVANT-PROPOS. VU
qui n'étaient pas destinées à former un tout.
De même, en livrant à la publicité ces feuilles volantes, dont bon nombre ont déjà un certain âge, je me suis abstenu de tout travail de réfection et d'adaptation. Montaigne dit quelque part : « En mes escripts mêmes, je ne retreuve pas « tousjours l'air de ma première imagination : je « ne sçay ce que j'ay voulu dire et m'eschaulde « souvent à corriger et à y mettre un nouveau « sens, pour avoir perdu le premier, qui valoit (( mieulx ». Si j'avais cru devoir « m'eschaulder » de la sorte, j'aurais reculé devant une pareille tâche : j'aurais laissé dans l'amas des copeaux d'atelier ces morceaux de circonstance qui n'ont pas été écrits pour être publiés et que je me décide à publier parce qu'ils étaient écrits.
Qu'on me permette de compléter ici ma pensée. Mon but n'est pas d'ajouter, saiis fatigue nouvelle, un numéro à la bibliographie des travaux universitaires qui vont être « exposés » au grand jour — c'est le mot, et même le mot d'ordre, de l'année — à titre de documents pédagogiques. Ce que je me propose, c'est de montrer, à des lecteurs plus nombreux que les auditeurs toujours assez clairsemés des cours d'Histoire Ancienne, que cette histoire n'est pas une antiquaille et qu'on y rencontre, plus peut être qu'ailleurs, des enseignements applicables au temps présent. Sans doute, les « leçons de l'histoire » ne se
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dégagent pas toutes seules des faits : elles naissent de la réflexion s^exerçant sur un ensemble de faits. C'est là précisément l'utilité d'esquisses comme celles-ci. Il va sans dire que leur valeur est en raison de l'eff'ort fait par l'auteur pour être exact et impartial.
Exact dans l'énoncé des faits, je crois l'avoir été : impartial dans leur appréciation, j'ai fermement voulu l'être, ce qui est la seule définition jusqu'ici connue de l'impartialité.
5 mars 1900.