‹ Leçons d'histoire grecqueChapitre 53 sur 136 · LIDÉE DE JUSTICE DANS LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

LIDÉE DE JUSTICE DANS LA DÉMOCRATIE

n'auraient pu le faire que par des moyens violents et illégaux, qui répugnaient à leur tempérament. En remplaçant de temps à autre l'archonte, on parait à bien des inconvénients ; on pouvait utiliser un plus grand nombre de talents et prévenir les jalousies au sein de l'ancienne famille royale ; de plus, la responsabilité devenait réelle, car il était facile, sans rien déranger au mécanisme politique, de demander compte au magistrat, rentré dans la vie privée, des actes de sa vie publique. Tout le monde y trouvait son compte, et c'était une nouvelle satisfaction accordée au sentiment de la justice.

Mais une réforme en appelle une autre. Le droit héréditaire était déjà singulièrement diminué, car on a fait de bonne heure, à Athènes, une remarque qui n'est pas encore familière à tous nos contemporains ; c'est qu'il est injuste d'assimiler un pouvoir qui s'exerce sur les autres à une propriété que l'on possède à part soi. Celle-ci est transmissible, parce que personne n'a sur elle un droit égal au droit de celui qui en hérite; tandis que le pouvoir exercé sur les autres suppose une aliénation au moins partielle de leur liberté, et que cette aliénation nous paraît inique, si elle est imposée par la force. Pendant longtemps, la logique avait été arrêtée sur cette pente par l'idée que les rois étaient de race supérieure : cette idée une fois ébranlée, et elle l'était depuis longtemps, rien n'empêchait plus les Athéniens de raisonner sur ce point comme nous. La conclusion fut qu'en 713, quarante ans après l'institution de l'archontat décennal, le privilège des Médontides fut supprimé et l'accès de l'archontat ouvert à tous les citoyens de plein droit. Cette fois, toute trace de droit

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