‹ Leçons d'histoire grecqueChapitre 65 sur 136 · LA GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

LA GYMNASTIQUE

Supposons donc le futur citoyen d'Athènes parvenu à l'âge de sept ans, âge auquel l'enfant était jugé capable de commencer ses études, et voyons par quelle série d'exercices il doit passer pour compter parmi ceux qui ont reçu une éducation libérale, ou, comme disaient les Grecs, « encyclique

Les Grecs divisaient d'une manière générale l'éducation en deux parties, la gymnastique et la musique^ l'éducation du corps et celle de l'âme. La gymnastique était un ensemble d'exercices gradués qui avaient pour but de développer harmoniquement les forces physiques, et non pas de faire acquérir une dextérité spéciale. Il faut se garder de la confondre avec l'entraînement professionnel des athlètes (àyojvKjTDCi^), qui ne convenait pas ou ne convenait guère à un homme bien né. Il n'y a donc pas lieu de distinguer dans la gymnastique ordinaire des branches spéciales : l'équitation et l'escrime (oTrXopayia) n'en faisaient point partie et sont toujours restées des exercices accessoires.

Il n'en va pas de même de la musique. Dans son sens primitif, le mot désigne tout l'ensemble des connaissances qui dérivent des Muses, de l'inspiration divine qui a éveillé les aptitudes diverses de l'intelligence humaine. Musique (fxoucixVj) est une expression vague, compréhensive, dont le sens est analogue à celui qu'eut autrefois, et qu'a gardé encore dans la langue universitaire de l'Allemagne, le mot de philosophie. 11 faut donc la soumettre à un travail d'analyse

pour en tirer un programme d'éducation libérale. L'instruction mise sous le patronage des Muses commence naturellement par la lecture et l'écriture. La connaissance des lettres de l'alphabet (ypàjx[j(-7.Ta) constilue ce que les Grecs appelaientgrammaire(Ypa[x[j(,aTtx/j) et les Latins littérature {literatnra). Le premier usage que l'écolier doive faire de la lecture et de l'écriture est de s'en aider pour faire provision de morceaux choisis empruntés aux poètes nationaux, à Homère, qui est comme l'Écriture Sainte de l'Hellade, aux gnomiques, qui ont formulé d'utiles préceptes en mèlres élégiaques, enfin, aux lyriques, qui ont doté le sentiment religieux de moyens d'expression inconnus avant eux. L'enfant écrit sous la dictée du maître ces belles pages, afin de les conserver pour lui et pour d'autres ; mais il doit surtout les apprendre et les réciter comme on récite des vers, c'est-à-dire en observant les règles de la prosodie, en donnant à chaque syllabe la valeur et le ton qui conviennent. Cette observance du rythme est déjà de la musique^ au sens restreint du mot: avec les lyriques, le chant devient partie intégrante de l'œuvre poétique, et par conséquent de l'enseignement; enfin, le chant amèneavec lui l'accompagnement de lyre ou musique instrumentale. Gymnastique, grammaire et musique, voilà ce qui a suffi à former les robustes et intelligentes générations auxquelles Athènes a dû sa grandeur politique et même sa o-randeur littéraire.

Mais le chœur des Muses est nombreux, et les siècles érudits, ceux durant lesquels la volonté faiblit et l'imagination s'épuise, vont allonger à l'envi la listes des sciences mises sous son patronage. La grammaire

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