GRANDEUR INTELLECTUELLE D ATHÈNES
de Démosthène n'en ont pas joui, qu'ils en espéraient une autre et que, celle-là, les dieux la leur ont refusée. Je ne voudrais pas trop vous consoler par avance de leursdéceptionsetéraousserla sympathie que je compte réclamer, dès ma prochaine leçon, pour les vaincus de Chéronée.
LA GRÈCE SOUS LA DOMINATION MACÉDONIENNE i.
Messieurs
Je vous ai entretenus, durant la dernière année scolaire ^ des qualités et des défauts, du patriotisme réel mais souvent malavisé et inconséquent, des espérances et des mécomptes de la démocratie athénienne, le seul gouvernement démocratique qui ait duré assez longtemps pour qu'on puisse considérer son histoire comme une expérience faite.
Cette histoire aboutit à la bataille de Chéronéc, c'est-à-dire à l'établissement de la domination macédonienne, qui, depuis lors, sous des formes diverses, tantôt brutale et représentée par des garnisaires, tantôt à demi déguisée sous les clauses de traités léonins, pèse non seulement sur Athènes, maïs sur la Grèce entière.
Le sujet que je me propose de traiter cette année continue donc le précédent, avec un peu plus de champ et une plus grande variété d'acteurs. Nous quittons pour ainsi dire — avec la permission d'y rentrer toutes les
1. Leçon d'ouverture du cours d'Histoire Ancienne à la Sorbonne (6 déc. 1897).
2. Voy. ci-dessus la leçon n» VI. La date des faits visés m'a paru indiquer, entre les deux cours consécutifs, la place de la leçon de 1880 (no VII).