‹ Leçons d'histoire romaine république et empireChapitre 27 sur 29 · L ADMINISTRATION FINANCIERE DU BAS-EMPIRE · texte numérisé non relu

L ADMINISTRATION FINANCIERE DU BAS-EMPIRE

comme autrefois, des commerçants libres en quête de bénéfices à réaliser. La lourde main de l'Etat s'était abattue aussi sur eux : ils étaient voués de père en fils à cette profession, et ils ne pouvaient distraire pour un autre emploi une part quelconque de leurs capitaux, qui étaient mis en commun et gérés par la corporation. Ceiïx-là étaient aussi comme mis sous clef, à la disposition de 1 État, qui ne se fiait plus nulle part à l'initiative individuelle. Tous les métiers dont l'exercice ne pouvait être suspendu sans dommage public, en première ligne les boulangers et autres fournisseurs de denrées alimentaires, surtout les fournisseurs de l'armée et fabricants de matériel de guerre, enfin, pour abréger, toutes les sortes de commerce el d'industrie susceptibles d'être définies, étaient embrigadées de même, enfermées dans des collèges ou corporations qui ressemblaient fort ù des prisons perpétuelles avec travaux forcés. Il y avait, cela va sans dire, des degrés dans la considération dont jouissaient ces divers collèges, mais non dans l'asservissement. Aucun n avait le droit de faire grève, el tous subissaient la loi d'hérédité avec laquelle le Bas-Empire cherchai! à convertir les classes en castes. La liberté, traquée dans le- villes, ne trouvail pas de rH'uge dans les campagnes. Là, le propriétaire foncier, astreint comme curiale de la ville voisine ;i des obligations perpétuelles, demandait à l'Etal de lui garantir la main-d'œuvre à bon marché, et l'Etal avait créé, à coups de lois, le servage, qui attachait le cultivateur ou colon à la glèbe, lui el ses enfants, el permettait de le poursuivre c me déserteur s'il rompait sa chatne. La funeste manie de loul

immobiliser était telle chez les gouvernants que l'État ne voulait plus sur ses domaines à lui que des fermiers à tenure héréditaire.

Sans doute, il faudrait, pour atténuer les ombres du tableau, faire observer que bon nombre de ces artisans enfermés dans leurs corporations ou de ces colons attachés à la glèbe auraient été des esclaves sous l'ancien régime et que leur condition personnelle s'en trouvait à certains égards améliorée : mais rien ne saurait compenser la diminution d'énergie résultant de l'absorption de toute initiative individuelle par l'omnipotence de l'État. En tout cas, ce n'est pas ou ce n'est pas encore du côté des corporations que les curiales en détresse ont l'idée de chercher un abri. Prison pour prison, la leur était du moins plus honorable, et ceux qui font passer avant tout les satisfactions de la vanité pouvaient encore y trouver leur compte. Ceux-là visaient, pour s'émanciper, au-dessus ou à côté de leur condition.

A côté, il y avait l'armée. Celui qui en sortait même simple soldat, au bout de vingt ans de service, passait à l'état de vétéran. Il avait droit à une retraite, dont l'État lui versait non pas le revenu, mais le capital, ordinairement en terres, parfois en argent. Les terre- étaient exemptées de l'impôt foncier : si le vétéran préférait le commerce à l'agriculture, ses marchandises étaient, jusqu'à concurrence d'une certaine somme, franches «les taxes et droits • le circulation qui se percevaient dans les ports, sur le- nuile- et les marchés. Enfin, le vétéran retrait»'' était haussé dans la hiérarchie sociale presque au niveau des curiales, avec l'immense avantage d'être

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