‹ Leçons d'introduction générale à l'histoire du droit matrimonial français (cours de doctorat)Chapitre 27 sur 29 · AUX VIII* ET XVIII" COURS · texte numérisé non relu

AUX VIII* ET XVIII" COURS

sur une lettre de saint Augustin (1)

Augiistinus Ecdiciœ qiue, nesciente viro, bona sua in eleemosynam distrilnierat, et vidualern habitum induerat, correcUonem adhibet quam aeerrimam, injungens ut super his satisfaciat viro suo.

Celte lettre de saint Augustin, que son étendue m'empêche de joindre ici tout entière, me paraît pouvoir donner la confirmation précise de cette idée, que c'est la direction chrétienne qui a surtout conduit l'ensemble de notre coutume matrimoniale, et à qu nous devons notre grande donnée juridique de l'Association conjugale gouvernée par le mari.

Pendant que cette conviction peu à peu me gagnait, que d'une part, on donnait couramment trop d'importance aux notions germaniquesdansles origines de nos institutions d'autorité maritale et de communauté, mais qu'on négligeait beaucoup, par contre, d'observer et d'étudierà ce point de vue les mœurs et coutumes nouvelles du Bas-Empire et de la société gallo-romaine, il m'est arrivé bien souvent de me demander comment établir de façon décisive d'où était venue cette direction morale etcoutumière, qui se sent mieux encore qu'elle ne se démontre. — J'avais beau constater, d'après les documents, l'insuffisance des données germaniques, l'invraisemblance de toute la portée qu'on leur attribue pour la Gaule les différences même, qui séparent notre vraie coutume française du Moyen âge de ce qu'on a pu rapporter sur le mundium des Germains;— vainement, me trouvé-je saisi, d'autre part, de la ressemblance des traits principaux de cette coutume matrimoniale, avec le texte même des préceptes de l'Écriture Sainte, dont on di-

(1) Donnée comme L. 262« dans la Patrologie de Migne.

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