LES DIVISIONS DE LA BIBLE JUIVE
Groiipenicnt des livres s. dans la Hible hébraïque
Raison que les Juii's donnent de cet ordre .
3. — Dans la Bible juive (i) les livres inspirés sont répartis en trois sections (2) : la Loi (nnn), les Prophètes (D-ît^UJ), les Hagiographes (D'tnnD), ou quelquefois simplement les Psaumes (3) ; au total vingt-cinq livres. Si Ton joint Néliémie à Esdras^ on a les vingt-quatre livres du Talmud de Babylone (4), et si, en outre, l'on réunit Iliith aux Jicges, et les Lamentations à Jéi^émicy on a les ving-t-deux livres du Prologiis galeatiis de saint Jérôme.
Cette division tripartite des Ecritures hébraïques remonte à une haute antiquité, puisqu'on la trouve indiquée non seulement dans les Evangiles^ mais encore dans le prologue du livre de V Ecclésiastique. D'après les Juifs, elle était basée « sur la sainteté et l'autorité relatives des livres qui y figurent, et qui furent écrits sous une inspiration progressivement décroissante : la Loi sous l'inspiration directe ou immédiate, dite la dictée de Dieu; les Prophètes sous l'inspiration indirecte mais supérieure ; les Hagiographes sous une inspiration inférieure dite esprit saint (^l^Tpn mn) (5))).
La Loi. 4. — La Loi renferme les cinq livres de Moïse.
Les Prophètes. Lcs Prophètes sc subdiviscut cu dcux parties comprenant
chacune quatre livres. — La première, dite les premiers Prophètes (D^JTiiJiSn D^i^UJ), se compose de Josiié, des Juges, de Samuel {Yu\g. I et II Reg.) et des Rois (Vulg. ///et IVReg.). — La seconde, Rpipeiée les derniers Prophètes (n^2']']r]i< D^SUJ), contient Isaïe,Jérémie, Ezéchiel elles douze petits Prophètes Remarque. (to A(i)§£y.aTcpocp'^Tov). — Commc OU Ic voit, Ic tcriue de Prophètes (D^^nj), qui sert à désigner cette deuxième division de la Bible juive, est assez impropre quant à la première partie; « il se justifierait toutefois, observe Wogué, par cette considération que les quatre Kvres {Josué, Juges, Samuel, Rois), ont été, selon le Talmud (6), écrits par des prophètes, savoir : Josué et Samuel par les personnages de ce nom, les Juges par Samuel, et les Rois par Jérémie (7)».
(1) Nous parlerons ailleurs des divisions de la Bible grecque, dite des LXX. Voir la section IV«.
(2) Cf. EcclL, Prologus ; Josèphe, Cont. Apio., I, 8. — Sur la manière dont les Juifs sectionnaient la Bible pour les lectures publiques des synagogues, voir d'intéressants détails dans De Voi?in, Ohservaliones in proœniiwn pugionis fidei,^^. 80-82, 100-109, Parisiis, i65i ; Vilringa, De synagogavet. pp. 984-1022, Franeq. 1G96 ; Wabnitz, urt. Synagogue, dans V Encyclopédie de Lichtenbergér, t. IX, pp. 778-780; Stapfer, La Palestine au temps de J.-C, p. ^26, éd. 3*; Cornely, op. cit., pp. 35-3G.
(3) Cf. Luc., XXIV, 44-
(4) Baba bat/ira, 146. Voir Wogué, op. cit., pp. 10-17,
(5) Wogué, op. cil., p. 8. — Inutile d'observer que cette théologie juive de l'inspiration n'est pas admissible, les livres de l'Écriture étant loîis égoltment irtspiiés. [Cf. Encyc. cil., p. 4o.j
(6) Baba oa.thra., i4-i5.
(7) Wogué, op. cit., p. 10.
Remarque.
}a's //of/iof/mphes. Lcs Hagiographes renferment onze ou douze livres, distribués le plus onlinairemenldans cet ordre : Psaumes , Proverbes, Jofj, Cantlgue, Rulh, iMmentalions, Ecclésiaste^ Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, Chroniques (ou Paralipomènes) . Mais ce nombre est loin d'être fixe chez tous les écrivains juifs. De plus cinq des livres énumérés ci-dessus, savoir : Cantigue, Ruthj Lamentations, Ecclésiaste, Esther, formaient un recueil à part et portaient un titre commun : les cinq rouleaux ou Meghilloth (i).
Groupement des 5. — Dc uos jours, Ics théologicus et exégètcs chrétiens Test. ch.ez les mo- aimcut à partager les livres de l'ancienne alliance en quatre g-roupes : les livres de la loi, les livres historiques, les livres didactiques ou sapientiaux, les livres prophétiques.
vv groupe. Au premier groupe appartiennent les cinq livres de Moïse,
qui nous font surtout connaître l'organisation religieuse et sociale d'Israël, comme peuple de Jéhovah.
2-= groupe. Au sccoud groupc sc réfèrent les seize livres suivants : Josué,
Juges, Ruth, Rois (I-IV), Paralipomènes (I et II), Esdras (I et 11), Tohie, Judith, Esther, Machabées (I et II). Dans leur ensemble ces livres montrent, à la lumière de l'histoire juive, combien Jéhovah fut fidèle à ses promesses, et ils racontent en même temps les vicissitudes de cette théocratie israélite, qui prépara la venue du Messie et la rédemption du monde.
Je groupe.; Au troisième groupe se rapportent les sept livres qui sui-
vent : Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, Sagesse^ Ecclésiastique. — On les désigne aussi parfois sous le nom de livres poétiques (2).
4' groupe. Au quatHèmc groupe enfin appartiennent les grands et les
petits prophètes : au total dix-huit livres, y compris Rarurh et les Lamentations (3).
Nombre des livres 6. — Les livrcs canouiqucs dont se compose le Nouveau dansiaTuigaic.'^*'" Testament, sont au nombre de vingt-sept, dont cinq historiques, vingt-et-un didactiques, et un seul prophétique. ,, , , , Notre Vulgate latine les énumère ainsi : Matthieu, Marc,
Ordre dans lequel -' , ^ ,
ils *y trouvent. Luc , Jcuu, Actcs, Epîtrc aux Ro7nains, Epîtres (I et II) aux Corinthiens, Epître aux Galates, Epître aux Ephésicns, Epîtrc aux Philippiens, Epître aux Colossiens, Epîtres (I et II) aiix Thessalonicicîis, Epîtres (I et II) // TimotJiéc. Epître () Titc,
(i) Cf. Wopuc, ibi({., j). M.
(ai (If. rihiririt;:licll(), De lif/ris poc/. Antiqui lùrdcris, proaMuiiun, j). 3.
(3) IMusiciirs ranj^enl les Lume/ilutions de Jcrcniic parmi lis livres saj.ic titiaux ou porliqucs.
LES DIVISIONS DE LA BIBLE CHRETIENNE ii
Épître à Philémon, Épîtrc aux Hébreux, Épîtie de saint Jacques^ Épitres (I et II) de saint y^zerr<?, Épîtres (I-llI) de saint Jean^ Épître de saint Jude (i), Apocalypse (2).
Raison de cet ordre. 7.— T3ans cctte distribution, les cinq livres historiques sont disposés suivant leur ordre à'origine, sauf toutefois VEvangile de saint Jean^ qui chronologiquement devrait être le dernier.
Quant aux livres didactiques, ils paraissent avoir été classés de manière à ce que les écrits de saint Paul, plus importants par le nombre, fussent au premier rang. On a inséré d'abord les lettres du grand Apôtre adressées à des communautés chrétiennes, puis celles qui étaient destinées à de simples particuliers, — évêques ou laïques. Quant à l'Épître aux Hébreux, on l'a rejetée à la fin, probablement parce que des doutes s'élevèrent dans le principe sur son authenticité.
Les autres Épîtres se succèdent dans un ordre, que la Vulgate a emprunté aux Églises d'Orient. Or, celles-ci semblent avoir tenu compte, dans la répartition des Épîtres catholiques, de Tordre de dignité, que saint Paul (cf. Gai., ii, 3) assigne aux trois apôtres Jacques, Pierre et Jean (3).
Enfin le livre prophétique du Nouveau Testament, \ Apocalypse, occupe la dernière place dans notre Vulgate, et dans le Canon des Écritures, parce qu'il éclaire d'un jour mystérieux les destinées futures du monde et de l'Église de Jésus-Christ.