On aimait dans les premiers siècles à partager tous les
Groupement des ^ j i ' • •
livres du Nonv. livrcs du Nouveau Testament en deux groupes, qu on désignait
7'e.s'^ aux premiers i i j
siècles. ]'un SOUS Ic nom de xb Yh(ixi^\\Q^, 1 autre sous le nom de
0 'ATUoaToXoç (4).
L'EuaYYéXiov comprenait les quatre Evangiles, et T 'Ax6c7toXoç le reste des écrits apostoliques.
., , 9. — Trois considérations nous aideront à mieux apprécier
Trois moins de
1 excellence des s. l'excellence de nos saints livres.
, , „,, r) Ils sont l'œi^vre^/e 7) /ez/. A ce titre ils se recommandent
4" motif : la Bd)le ' • i A •
cnuvre de Dieu; évidemment au respect et à la vénération de tous. — Ajoutons
(i) Ces Épîtres de saint Pierre, de saint Jean, de saint Jacques et de saint Jude sont appelées Epîtres cafholiqufs. , , - . i » .
(2) Nous verrons, en étudiant l'histoire du Canon du N T., que cet ordre na pas ete le même toujours.
(3) Cf. Cornély, Inlrod. spec. in lib. N. T., p. Bgi, éd. 2^.
(li) Cf. Clément d'Alexand., Sirorn., lib. VIT, cap. 3. — Comparez saint Ignace, ad Ptulad., v; ad Diogn., 11 ; saint Irénée, Cont. hœr., I, 3, etc.
que parmi les œuvres de Dieu la Bible occupe un rang- à part. Car a) elle est une manifestation immédiate de la nature et des perfections divines, comme le remarque justement saint Thomas, et par là elle l'emporte sur l'œuvre de la création qui ne nous révèle Dieu qu'imparfaitement, et à travers un voile.
— b) Elle remet surtout devant nos yeux l'adorable et vivante fi!;5-ure du Sauveur (i), qui la remplit et l'illumine du commencement à la fin; elle prépare donc et résume le grand ouvrage de l'Incarnation, et de la Rédemption du monde.
Voilà pourquoi nos Écritures méritent un rang d'honneur parmi les œuvres divines.
2« moiif : la Bible 10. — 2) Les Uvrcs saiuts ont servi de base à la prédication catiorde^j^cTèt dc J.-G. ct dcs apôtrcs : c'est leur second titre à notre estime.
— d) A la prédication de J.-G. Celui-là même, dit Léon XIII, «qui/^ar ses miracles acquit l'autorité, par l'autorité mérita la foi et par la foi gagna les multitudes (cf. Aug., De utilit. cred., XIV, 82), avait coutume, dans l'exercice de sa mission divine, d'en appeler aux Ecritures... Après sa résurrection, il les expliquait à ses disciples jusqu'au jour où il monta dans la gloire de son Père » (2). C'est dire que le Sauveur mettait à certains égards la puissance persuasive des Ecritures au-dessus de la puissance de démonstration du miracle. — h) Quant aux apôtres, ils pensaient et agissaient de même. « Quoique le Maître eût donné à leurs mains le pouvoir d'opérer des miracles et des prodiges {Act., xiv, 3), ils ont tiré des livres divins un puissant moyen d'action pour convertir les nations à la sagesse chrétienne, briser l'obstination des Juifs, et étouffer les hérésies » (3).
des Apôtres;
3" motif : la Bible H* — '^) Eufiu, cc qui rclèvc à nos yeux l'excellence des d.'ux avantàKcs^'aii saiutcs Icttrcs, c'cst la multiplicité des avantages qu'elles propretre. ^ curcnt au fidèlc, et surtout au prêtre, dont elles sont la nourri-
ture quotidienne. Ecoutons là-dessus Léon XIII : « Que tous, mais principalement les jeunes soldats de la milice sacrée, comprennent bien en quelle estime ils doivent avoir les lettres divines, et avec quel zèle ils doivent recourir à cet arse* nal divin. Ont-ils à enseigner la vérité catholique...? Nulle part ils ne trouveront uikî [)1us riche doctrine sur Diini... et sur ses œuvres... Relativement au Sauveur, rien (h^ plus Fécond ni de
(i) Cf. Kiicyc. Prov'xd. Deus, p. (1.
(a) Cf. ICiicyc. oi/.,pp. 4-<>- C3) Ibid., i).'G.
EXCELLENCE ET AVANTAGE DES ÉCRITURES i3
plus expressif que les pages de la Bible... qui nous présentent son image vivante et parlante... Pour ce qui est de l'Eglise, son institution, sa nature, sa mission, ses privilèges sont si souvent mentionnés dans la Bible, on y puise en sa faveur de si nombreux et de si puissants arguments, que saint Jérôme a pu dire : Quand on est armé des témoignages des saintes Ecritures, on est un rempart pour l'Église [In Is., liv, 12) » (i). — Ajoutons, avec Léon XÏII toujours, que le prédicateur trouvera dans les lettres sacrées le secret d'une éloquence merveilleusement variée, féconde, digne des plus grands sujets. Aussi saint Jérôme écrivait-il au jeune Népotien : « Divinas Scripturas sœpius lege, imo nunquam de manibus tuis sacra lectio deponatur. Disce quod'doceas... Sermo preshyteri Scripturarum lectione conditus sit » (2).
L'Élude des Écrit. ^2. — On ne s'étouucra donc point de voir les saints Pères
recommandée par ^■^^ i
les Pères; étudier avec tant d'ardeur nos Ecritures, et se plaire à en ex-
pariÉgiise; pHquer Ic scus au peuple. — On ne s'étonnera pas non plus d'entendre l'Église recommander si fréquemment aux clercs et aux prêtres cette étude divine et fortifiante (3); elle ne fait en par saint Paul. cck quc sui vrc Tcxemple de saint Paul, qui écrivait à son disciple Timothée:— Attende.., doctrinœ...permane in iisquœ didicisti...sciens...quia abinfantia sacras litteras nosti(l^). Celle étude se re- D'aiUcurs, il u'cst poiut d'étudc qui procure, autant que celle commande par elle- ^^^ ^^ ^.j^^^^ ^ Fesprit dc douccs joics, ct au cŒur dc récoufor-
tantes consolations : Qui edunt adhuc esuriunt, qui bibunt adhuc sitiunt, qui élucidant vitam œternam habebunt (5).
(i) Ibid., p. 6.
(2) Epist. LU, n°3 7 et 8.
^3) Cf. Gherubinus a s. Joseph, Bibliotheca cr'tt, sac. y t. I, pp. Sg-^a, 4G, 47-
(4) / Tim., IV, 16; m, i4, i5. , • z, -/•
(5) Cf. Eccli., XXIV, 2g, 3i. — Voir Lacordaire, Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, 2^ lettre; Bacuez, Du Sacerdoce, pp. 822 «Bgi.
SECTION PREMIÈRE
L'ORIGINE DIVINE DES SAINTES ÉCRITURES (i)
LEÇON PREMIÈRE La notion de l'inspiration biblique.
Sources où l'on doit puiser la véritable notion de l'inspiration scripturaire. — Idée qu'en donne ^^, saint Paul. — Doctrine des saints Pères à cet égard. — Ce qu'en pense l'Eglise. — Conclusion et résumé.
lioi^dïïLs^iraUot ^ * — ^^^ saintcs Écritures ont une orig-ine divine, parce
scripturaire. qu'cllcS SOUt INSPIREES.
La notion de V inspiration scripturaire doit être puisée aux sources mêmes de la révélation, — dans la tradition et dans l'Ecriture, — et expliquée à la lumière d'une saine philosophie.
Or, l'Ecriture donne à l'inspiration son nom théolog-ique; les saints Pères exposent sa nature; l'Eg-lise, interprète infaillible de Dieu, précise ses effets; la psycholog-ie enfin nous permet d'analyser son Jeu sur les facultés de l'écrivain sacré.
Notion de linspi- 2. - — L'Ecriturc (2) donne à l'inspiration son inom théolo-
ratioû d'après l'Ecrire, gique.
C'est à saint Paul, en effet, que nous devons la formule. Parlant de la collection des livres saints, il écrit : llaaa ^(pixc^-q ôeo- ÔÈOTTveuaToç. Tiv£'jffxoç (3); la Vulgatc a tra.duii psiv divinitus inspirata. Or,
(i) Sur toute cette rnatière on trouvera de plus amples développements dans notre ouvrage V Inspiration des divines Écriture.^ . Paris, Lethielleux, 1897.
(2) Ici, — et chaque fois que nous citerons des textes bibliques en faveur de l'inspiration il en sera de môme, — nous regardons l'Ecriture comme un recueil authentique et autorisé des révélations de Dieu, et non comme un livre inspire.
(3) // Tim., m, î6.
i6 LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE
ce mol OsoTuveua-ûç se retrouve équivalemment dans notre mot classique et d'orig-ine latine, inHpiration, avec l'idée du fait Sa signification, ps} cliolog-îquc qui s'j rattache. — Consultons l'élymologie. L'adjectif [passif OséTrvcjs-o; dérive évidemment du substantif QEbq,Dieu, et du verbe Trvéo), -^ve^v, souffler; donc, g-rammaticalement et à la lettre, 6£67:v£U(7toç veut dire soufflé par Dieu. Aussi notre esprit, — remontant de l'effet à la cause, — conçoitil immédiatement l'inspiration scripturaire sous la forme d'un souffle, qui saisit l'écrivain sacré, le détermina, le poussa à f ^ ^§"'ï^> ^^ ui^ "lot Vinspira. C'est bien l'inspiration, spiratio in,
que Josèphe et saint Justin appcll^t encore yjcxiV^oia (i).
coroii ire. ^ — p^^. (.Q^g^q^gj^t^ dcux éléments essentiels entrent dans
la notion complète de l'inspiration biblique : d'abord une motion déterminante de la part de Dieu; ensuite une coopération active, mais instrumentale et subordonnée, de la part de l'homme.
raUon *^"d après"Te's ^* — Gcttc notion dc l'inspiratiou se dessine plus nettement
*'^'^^' dans les écrits des saints Pères. La doctrine patristique à cet
ég-ard peut se ramener aux trois points suivants :
1) La rédaction l) La REDACTION dcS EcriturCS a CU pOUr AUTEUR PRINCIPAL
de Dieu; ' l'EspHt-Saint. Origène, organe fidèle des traditions du Didas-
calée, et l'un des docteurs les plus autorisés de cette célèbre école, assure et pose, comme un principe, que -zx Bt5X{a Osuo Y^YpàçOai llv£Ù[j.aTt, IJiôlia esse scripta divino Spiritu (2); puis, complétant sa pensée, il ajoute : ojy. àvOpw^rtov ôTvai cruYTpW^'^ Toùç 'Kt'K\.Qzêù]}Â-io'^q 0£ou X^youç, non hominum esse litteras quœ creduntur Dei sermones (3).
Deux siècles avant Origène, le pape saint Clément, s'adressant aux fidèles de Corintlie (/ Cor., xlv, 2), disait des saintes Ecritures, qu'elles ont été données aux hommes par l'opération de l'Esprit de Dieu : xàç où. xoîi nv£6[j.aTo; xou ày-'ou (Ypaça;).
Saint Augustin exprimait la même vérité, quand il appelait les Ecritures des lettres envoyées du ciel (4).
2) rKciiture, livre 5. — 2) Lcs Uvrcs saiuts ont été dictés par Dieu. C'est la
dicté par Dieu; p 1 a 1 • 1 , . t^ • t
lormule même de saint Irenee, Scriptura; su7it dictœ,,, a
(1) Josèphe, Conl. Apion., lib. I, 11" 7 ; Jusliu, Culunl. ad f/rwc, u. 12. (3) Cont. Cels., v, Go.
(3) De prijic'ip., iv, 0.
(/|) iicvm . ) I in ps. »)0.