‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 101 sur 251 · LES JMASSORÈÏES ET LEURS TRAVAUX · texte numérisé non relu

LES JMASSORÈÏES ET LEURS TRAVAUX

— mais de bonne heure, au ix° siècle et au x% ces observations prirent place dans le texte, à côté du texte. Un sopher callig-raplie écrivait les consonnes ; un sopher ponctnateur insérait les voyelles et les accents ; un sopher correcteur (cf. Buxtorf, Lex. talm., col. i236) révisait le tout.

La grande Mas sore.

20. — Quant aux remarques critiques, orthographiques, etc., on disposa celles qui étaient plus long^ues et plus détaillées, dans les marges supérieures et inférieures des manuscrits; c'est La Massore fi- cc qu'ou appela \d. grande Massore. — On renvoya à la fin des livres celles qu'on ne put, faute de place, inscrire aux marges ; c'est ce qu'on appela la Massore finale. — Enfin, quelques observations plus brèves furent introduites entre les colonnes et le texte; elles sont désignées sous le nom àQ petite Massore(i). Ce sont principalement les notes de cette dernière Massore que reproduisent nos éditions modernes de la Bible hébraïque.

nale

La petite Mas sore.

Noms des principaux massorètes.

21. — Nous connaissons les principaux massorètes, qui donnèrent à la vocalisation du texte hébreu sa forme définitive. C'étaient Moïse ben-Ascher, Aaron ben-Ascher, Jacob ben- Naphtali et Saadia. Les deux ben-x\scher enseignaient à Tibériade; ben-Napthali vivait en Babylonie ; Saadia était né dans la haute Egypte (2). Ils appartiennent au x^ siècle.

Les trois premiers firent des recensions très consciencieuses du texte sacré, mais celle d' Aaron ben-Ascher a prévalu. Les critiques ont adopté pour l'édition de la Bible hébraïque son système de ponctuation et d'accentuation.

Donc, grâce aux travaux des massorètes (3), le texte hébreu

(i) Comme on le pense bien, ces indications massorotiques n'étaient pas toujours copiées exactement. Nombre d'erreurs et une grande confusion s'ensuivirent. Il prit en outre fantaisie aux scribes de disposer les notes massorétiques de manière à leur faire représenter des fleurs, et des fig-ures de toutes sortes. Bientôt la Massore, surtout \r petite, ne fut presque plus intelligible aux rabbins euxmêmes. Jacob ben Chajim, au xvi'^ siècle, déchiffra cette compilation, et en publia une édition pratique dans la Bible rabbinique de Bomberg- (2e éd., i524-i525). Gf. Ginsburg, Jacoben Chajim' s Introduction to the rabbin. Bible.

(2) Saadia est un personnage assez peu connu (voir la notice que lui consacre Ginsburg dans la Kit tu' s cycAopœdia, t. 111, pp. 706-707 J. Il était surnommé (Jaan, le vénérable, et dirigeait l'école de Sora, en Babylonie.

(3) Ces travaux ont été diversement appréciés. On a exag'éré — les Juifs surtout et quelques chrétiens : Buxtorf, Arias Montano, Mariana (cf. Walton, Prolegomena, cap. iv, dans Migne, Cursus IScript., t. I, col. 278-279), etc., — la valeur critique de la Massore. Par contre, plusieurs — même parmi les Juifs (Jacob ben Chajim, Elias Levila (cf. Wallon, loc. cit,), — l'ont trop dénigrée. Richard Simon se montre plus judicieux quand il écrit, à la suite de Wallon : « J'ai lu la Massore, et... j'ai été persuadé que, si d'un côté elle renfrrmc beaucoup de minuties inutiles, il y a d'autre part un grand nombre de règles très utiles et qui peuvent servir pour concilier les anciennes versions avec les nouvelles ». Op. cit., p. i3-j. (Voir Walton, op, cit., dans Migne, Cursus, t. I, col. 282). — La Mijssorea. le mérite i) d'avoir concouru puissamment à conserverie texte hébreu sans altérations valables; — 2) do nous avoir gardé certaines leçons très anciennes; — 3) d'avoir tixé la vocalisation et l'ac-

de TAncien Testament demeura dans son ensemble fixé et uniforme à partir du xn^ siècle, non seulement quant à sa rédaction matérielle, mais encore pour sa prononciation

LEÇON SIXIÈME Le texte hébreu depuis le moyen âge jusqu'au XIX» siècle.

Le texte licbreu pendant le moyen â^e. — Deux sortes de manuscrits hébreux. — Particularités qui dislium-uent chacune des deux catégories. — Le texte hébreu depuis l'imprimerie, — Les éditions imprimées du xV, du xvi^, du xvii* et du xviii® siècle.

Objet de la leçon. ^ ^ — Nous étudîoiis Ici la ciiiqulème période de l'histoire du texte hébreu biblique (i). Cette période embrasse tout le moyen âge, et les siècles qui ont suivi jusqu'au xix^.

État du texte hébreu au moyen âge.

La recension et l'exemplaire-type reproduits au moyen

âpre.

2. — Pendant le moyen âge, jusqu'à la découverte de l'imprimerie (vers i436), les rabbins s'attachèrent a conserver

DANS SON iNTÉGRlTÉ, ET A TRANSCRIRE AVEC UNE FIDELITE MINU- TIEUSE, LE TEXTE HÉBREU MASSORETIQUE, MAIS ILS NE PURENT ENCORE LE PRÉSERVER d'aSSEZ NOMBREUSES ALTERATIONS.

3. — C'est la recension particulière du texte hébreu d'Akiba (2), faite par Aaron ben-Ascher, que les rabbins du moyen âge s'efforcèrent de conserver et de transmettre. Aussi n'avonsnous plus de manuscrits du texte hébraïque remontant au-delà du xe siècle ; le plus ancien qui ait été conservé est celui de Saint-Pétersbourg (3). On croit que les Juifs détruisirent tous les exemplaires antérieurs, lorsqu'ils eurent reçu des massorètes un exemplaire-type, qu'ils reproduisirent tel quel scrupuleusement.

ir.s^^"hébreul^' "^^ ^- — O^, il importc d'observer ici que les manuscrits hébreux formaient deux catégories : ceux qui étaient destinés à l'usage des synagogues, et ceux que les Juifs possédaient pour leur usage privé.

i) Les rouleaux 5. — Lcs manuscrîts de synagogue présentaient les par-

de synagogue; ticularités SuivautCS :

(i) Voir plus haut, p. 217.

(2) Voir plus haut, p. 228.

(3) Voir plus haut, p. 218, not. 2.

leurs parliculirilôs.

1) Ils ne contenaient que le Pentateurjue, les sections des Prophètes (m"n3Sn), et les cincj livres que les Juifs désig-nent sous le nom de a rouleaux » (mS;a), savoir : le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentât tons, \ Ecclésias te ^\.Esther{\),

2) Ils ne renfermaient que le « textus receptus », sans voyelles, sans accents, sans aucune note massorctique.

3) Ils étaient rédigés sur des rouleaux séparés de parchemin, avec un soin infini, et la plupart du temps en caractères ornementés (2).

Les mss. privés; leurs particularités.

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