LE TEXTE HEBREU DEPUIS L'IMPRIMERIE
inévîilbief lu^S 8. —Il nous est donc permis de constater critiquement que, moj'e'u are"'''"' '" pcudant la péiiodc du mojen â-e, les efï'orts des rabbins ne purent préserver absolument le texte massorétique de tout accident de transcription. Même les exemplaires à\i Pentateuque n'en furent pas à Tabri (i). Ces variations portent soit sur le texte, dans lequel on substitua le kerl au ketlb ; soit sur la vocalisation et la ponctuation du texte ; soit principalement sur les notes de la 3/assore. On doit reconnaître, cependant, que le texte delaZo^ fut toujours le plus soigné, et le moins chargé de variantes ou de fautes.
depuis SVimïS^ ^' — ^<^ici en résumé, et siècle par siècle, Thistoire du texte hébreu depuis la découverte de l'imprimerie. Les premiers lex- ^c prcmicr Hvrc bibliquc publié en hébreu par la presse
mésdtl"xTs!'"^"" ^al-e fie 1477; c'est le Psautier, imprimé à Bologne, où parut également et pour la première fois le Pentateuque, en 1482. — Les Prophètes suivirent en i486; on les imprima à Soncino, près de Crémone, avec les cinq megkillotli. — Enfin, tous les Ilagiographes furent publiés à Naples en 1487. La première tdi- ^l'cst sculcment à la fin du xv*' siècle, en i488, que le rabbin
l'Ane. ïésL^^'' ''*' Josué Salomon fit paraître à Soncino la première édition complète de l'Ancien Testament dans le texte original. Dès i494 cette édition fut reproduite à Brescia.
Critique de ces ^0* — ^^s premières éditions imprimées de la Bible hébraïque laissent à désirer au point de vue critique, parce que les éditeurs ne discutèrent point assez la valeur des manuscrits dont ils se servirent. Elles sont néanmoins très utiles à consulter, si Ton veut se renseigner sur les nombreuses variantes du textede l'Ancien Testament (2).
éditions.
Les éditions du xvi= s.
11. — Le xvi^' siècle vit paraître des éditions plus critiques. Po'ijrgiotte d'Aicaïa. Citous d'abord, parce qu'elle est la première en date, la célèbre polyglotte d'Alcala (i5i4-i5i7). Le cardinal Ximénès en ordonna et dirigea l'exécution. Le texte hébreu y est réimprimé d'après de bons manuscrits, muni de voyelles, mais non d'accents (3).
(i) Au xiii« siècle, Meir ben Todros, chef de la synagog'ue de Tolède et talmudiste érudit, s'en plaignait vivement. Mais ces fautes étaient inévitables; les unes paraissent avoir été volontaires de la part des scribes; les autres, involontaires, provenaient des distractions ou de la négligence des copistes.
(2) Cf. J.-B. de Rossi, Introduzzlone alla s. Scrittura, § 87.
(3) Sur cette polyglotte, voir Richard Simon, Uist. critique du N. T., pp.5i5-5i6; Cornely,o/). cit., pp. 527-029.
236 LKÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE
Bible deBomberg. Viciît cnsuite (i524-i525) la grande Bible, dite seconde de Bomberg (i). Elle fut imprimée à Venise par le fameux typographe hollandais, Daniel Bomberg-, sous la direction du savant israélite Jacob ben-Hayim. On y trouve le texte, la Massore, les Targums^ et quelques commentaires des plus doctes rabbins. Cette {seconde) édition de Bomberg — avec celle d'Alcala — a servi de type aux éditions postérieures (2).
PoivgioitedAnvets. Enfin, dc iBôgà 1572, parut la polyglotte d'Anvers, publiée chez Plantin, sous les auspices de Philippe II, roi d'Espagne, et par les soins d'Arias Montano. Cette polyglotte eut un immense succès, car « on n'avait rien vu jusqu'alors de si magnifique ni de si utile sur cette matière » (3).
XVlie S.
Bible de Buxlorf.
Les éditions du 12. — Lc xvii^ sièclc ne compte pas moins de quatre grandes éditions de la Bible hébraïque.
Nous devons mentionner en premier lieu la Bible rabbinigue de J. Buxtorf, qui parut à Baie en 1618-1619. Elle présente le texte des éditions de Bomberg (de i548 et de i568)(4) mais revisé sur la Massore: elle renferme, en outre, les 7'argums^ la grande et la petite Massore, ainsi que les commentaires des rabbins les plus célèbres.
poiygioite de Paris. Mentiounous cu sccoud Hcu la polyglotte de Paris, qui vit le jour de 1628 à i645, chez Vitré, par les soins de plusieurs savants et aux frais de Michel Le Jay, avocat au Parlement. Elle reproduit en partie la polyglotte d'Anvers, mais elle contient de plus les versions syriaques et arabes (avec leurs traductions latines) de l'Ancien Testament, ainsi que le texte hébreu samaritain, et la version samaritaine en caractères samaritains (5).
Polyglotte de Lon- Mentiounous cu troisième lieu la polyglotte de Londres ou de Walton (i653-i657), plus commode et plus critique que la précédente. Au temps de Bichard Simon « il n'y avait rien de plus achevé pour la Bible que la polyglotte de Londres » (6) .
La Bible d Aihias Sigualous cufiu la Biblc hébraïque de J. Athias, publiée par lui en deux éditions différentes, 1661 et 1667. Elles ont servi de de base à toutes les éditions qui ont suivi.
dres.
col. 954.
(4) Sur ces éditions, voir Rich. Simon, op. cil., p. 513. (f)) Lire la critique qu'en fait Ilicli. Simon, op. cit., pp. 5i8-520. (Oj Kich. Simon, op. cit., i)p. [)20-52i.
xviii' s
LES ÉDITIONS DE LA BIBLE HÉBRAIQUE AU XVIIIe SIÈCLE 287
i-es éditions du ^^3^ — Pendant le xviiie siècle, on se contenta de reproduire à peu de chose près les éditions du juif Athias. — La meilleure de ces rééditions est celle de Van der Hooght (i), publiée à Amsterdam en 1705. Elle a été jusqu'à ces dernières années comme le textiis receptus de la Bible hébraïque (2).
(1) 11 y en eut d'autres encore : celle de Jablonsky, 1699, très soit^née pour les points-voyelles et les accents; celle d'Opitz, 1709, très estimée; celle de Michaèlis, 1720, moins bonne ({ue les précédentes, quoique très utile à consulter pour les variantes.
(a") Indépendamment de ces polyglottes et de ces éditions du texte hébreu, les travaux critiques sur le texte original de l'Ancien Testament n'ont point cessé pendant toute la période du moyen âge, et depuis la découverte de 1 imprimerie. Juifs et Chrétiens ont rivalisé et rivalisent encore d'activité. Cf. Wogué, Histoire delà Bible; Trochon, Introduction g-enem/e, 1. 1, pp. 287-290. Les meilleurs travaux modernes sur le texte massorétique sont ceux de Frensdorff, Massora magna, 1876, et de Giosburg, The Massorah compiled from mss., i88o-i885.
Remarquons encore que, depuis la découverte de l'imprimerie, les Juifs ont toujours voulu avoir des éditions manuscrites des livres saints. Ce sont ces exemplaires qui leur servent pour les lectures des synagogues (cf. Wogué, op. cit., pp. 128-129); ils contiennent la Loi (le Pentateuque),Ies Prophètes, les Méghilloth, dis])6scs dans l'ordre des lectures : le Cantique (Pâques), Rulh (Pentecôte), Lamentalions (au jeûne d'ab); Ecclésiaste ^Tabernacles), Esther {Purim.), et probablement (cf. Stapper, op. cit., p. 323) les Psaumes avec Daniel. Ces manuscrits n'ont ni poinls-voyelles, ni accents. Les espaces entre les paraschot sont gardés.
LEÇON SEPTIÈME Le texte hébreu dans nos Bibles modernes. — Sa valeur.
Les éditions du texte hébreu depuis 1800 jusqu'à 1861. — Les principales éditions postérieures.— Contenu de nos Bibles hébraïques. — Ordre des livres et divisions du texte. — Les Paraschot, les Ilaphtarot. — Valeur dogmatique du texte hébreu actuel.— Sa valeur critique.
Les Bibles bébraï- \^ — Dans nolrc sièclc, iusqu'en 1861, la critique n'a s-uère
ques du xix= s. de . .
1800 à 1861. connu que le texte hébreu de l'édition de Van der Hooght.
Le Dr Jahn/de Vienne, l'a reproduit en 1806.
En Allemagne, Hahn (i832), Rosenmùller (i834), Theile (1849); en Angleterre, Judah d'Allemand (1826) et Davidson (i855) l'ont également reproduit.
Dans le même temps (i 846-1 855), Stier et Theile ont édité une polyglotte (de la Bible entière) où se trouvent, à côté de l'hébreu, les versions des Septante, de la Vulgate et de Luther.
Les Bibles hébraï- 2. — Mais eu 1 86 1 Baer commença la pubhcation d'une
ques depuis 1861. . ni 1 ,i , . ^
édition toute nouvelle du texte hébreu massoretique, avec des La Bible Baer-De- préfaccs cHtiques du savaut hébraïsant F. Delitzsch. Ce derlitzsch. j^jgj. jj très justement observé, que les meilleures éditions anté-
rieures de la Bible juive sont loin d'être exemptes de fautes ; il en relève et en corrige un certain nombre, non seulement dans la vocalisation et la ponctuation, mais même dans le texte, dont les consonnes ont été changées.
Remarque. Qu'ou uc s'v troiupc poiut pourtaut. Lc tcxtc dc l'édition
Baer-Delitzsch n'est pas absolument, et ne peut pas être, le texte original primitif ^ — le texte tel qu'il sortit des mains des auteurs sacrés; c'est plutôt le texte de la Massore palestinienne, ou une recension nouvelle du texte qui fut fixé par l'école d'Akiba.
Contenu de nos 3 — A^^g Biblcs liébraïnues contiennent les livres du Canon
Bibles hébraïques. 1
palestinien.
Ils y sont répartis en trois classes, cl dans un ordre différent de celui de la Vulgate.