ORDRE DES LIVRES DANS NOS BIBLES HÉBRAÏQUES
Ordre des lirres ^ J) L^ Lot (P'^^TÏ).
Ce sont les cinq livres de Moïse :
i« Loi. l i) Genèse 3) Lêvitlque
2) Exode 4) Nombres
5) Deutéronome, II) Les Prophètes (n^suJ).
Ils sont partagés en deux groupes :
les Prophètes antérieurs (a^Jlxi;^^i),
1) /o.ç2/e 3) Samuel (l et II)
2) /z^^65 4) Rois (I et II) ; he^ Prophètes. \ \es i^Tophèies postérieu7'S (u^^^in^),
i) /çaVe 8) Jonas
2) Jérémie 9) Michée
3) Ezéchiel 10) Nahum
4) O^ee n) Habacuc h) Joël 11) Sophonie
7) Abdias i4) Zacharle
i5) Malachie
Les Hagiographcs. j|j^ L^g HagiograpJies (ouinD). Ils sont au nombre de treize :
i) Psaumes 7) Ecclésiaste
2) Proverbes 8) Esther
4) Cantique
Le Séphcr thenach .
Divisions dii texte dans nos Bibles hébraïques.
Origine de la division des chapitres,
9) Daniel
10) Esdras
11) Néhémie 6) Lamentations i2-i3) Chroniques (I et II).
Les rabbins réunissent les lettres initiales (3:n) des trois classes d'écrits inspirés dans un mot fictif, dont ils se servent pour désigner la collection biblique tout entière : Sepher thenac (ijn 13d).
4. Dans nos Bibles modernes, le texte est divisé en chapitres et en versets (t).
La division des chapitres est numérotée en lettreshébraïques (et même en chiffres) ; celle des versets Test en chiffres. Autrefois les versets étaient numérotés en lettres, et seulement de cinq en cinq. On a conservé cette dernière numérotation à côté de fautre.
La division des chapitres est imitée de celle que le cardinal Hugues de Saint-Cher, —ou plus probablement (2) le cardinal
(1) U.1 signe (p^DS ^ID) en forme de double point (:) marque la fin de chaque verset.
(2) Cf. Trochon, Introd. génér., t. 1, p. 48.
et des versets,
Etienne Langton, archevêque de Gantorbéry (f 1228), — adopta au xm^ siècle pour la Vulgate. C'est Isaac Nathan qui le premier s'en servit dans sa concordance, achevée vers
La numérotation des versets est copiée sur celle que Henri Estienne introduisit dans son édition de la Bible latine (entière) de i555. — Cette double numérotation des chapitres et de tous les versets paraît avoir figuré pour la première fois dans les éditions d'Athias.
Les sections ouvertes et fermées.
Les sections du « tvt t»'i i i »i •• i
pentnteuquc dans o. — iSos Biblcs heoraïqucs modernes conservent en outre l'indication des difïérentes sections du Pentateuque et des Prophètes, que les enfants d'Israël lisaient et lisent encore dans les synagogues.
On sait que de nos jours les Juifs partagent le Pentateuque en 54 (ou 53) sections (dites paraschoth muJis ou m"';:n2) (2), représentant chacune une lecture sabbatique dans le système du cycle annuel, — « division variable, remarque Wogué, selon que Tannée est commune ou embolismique» (3).
6. — Ces sections sont les unes ouvertes et les autres fermées^ suivant que dans les manuscrits elles commençaient à la ligne ou au miheu de la ligne. Dans Je premier cas, en effet, la ligne précédente restait inachevée et ouverte ; dans le second cas, la ligne continuait et n'était coupée que par un petit espace laissé à dessein.
En outre, ces 54 sections se subdivisent en sections moindres (sept au minimum) et contenant chacune le nombre de versets (au minimum trois) à lire par chacun des sept individus invités le samedi à la lecture de la Loi (4). Ces sections plus petites sont aussi ouvertes ou fermées.
7. — Dans nos Bibles modernes, les grandes sections ouvertes sont indiquées parla lettre plié, 2, répétée trois fois : DSD, et chacune de ces sections est numérotée à l'aide d'une autre lettre de l'alphabet hébraïque, soit i"î:22 = paraschah 2^;
(1) Avant cette époque, lorsqu'on voulait citer l'Ancica Testament, on désig-nait seulement d'une manière ^énirale la section qu'on avait en vu:. Cf. Marc, ii, fo, 2O ; xii, 26; Luc, xXjSy; Bom., xi, a.
(t) Ce sectionnement, d'après Bah! (Kanon und Text. cl. A. 7'., p. 227), ne dut pas être fixé définitivement avant le xiv» siècle. 11 se rattache à la pratique des Juifs babyloniens, qui lisaient la Loi entière dans l'espace d'un an. Les .Juifs de Palestine, au contraire, consacraient trois ans à celte lecture; aussi partageaient-ils la Loi en i53 ou i54 sections. C'est de ces paraschoth que parle le Talmud. Cf. Trochon. op. cil., p. 44.
(3) llisloire de la Bible, p. i3i,
Subdivisions sections.
des
Comment les sections sont indiquées.
4) Sur la lecture de la Loi cl des Prophètes dans les synago,i?iies, voir Vitringa, De Si/naffogu vee, p. II, cap. 7, 8, II, 12; Wabnitz, art. Synagogue, dims V Encyclopédie de Liclilenbcrger, l.Xl,
If 77S-779Î Stapfer, la Palesline, p. 32G; Vi^ouroux, h Xoui\ Teslament ci les déc. mod., p.
i5o ; Édersheim, Sketcheso/ Jewisk social Life iti ihe days of Christ, chap. xvn ; etc.
iere PP
Les section'?
des Prophètes dans
nos Bibles.
COXSEIU AT[ON DU TEXTh: IlÉBR!i:U AV. J.-C. .. a/ji
Gen., Yi, 9; — xr, 82. — Les grandes sections f(îrmécs sont désignées par la lettre samechjC, répétée trois fois: CDD. Cf. Exod.^ xxxvin, 21 . — Les petites sections sont marquées par un scnlphé, ou un seul scunech.Cî.Gen., 1,6; m, 16(1).
8. — Outre le sectionnement du Pentateuque en paraschot/i, nos Bibles hébraïques marquent le sectionnement des Prophètes en haplitaroth (mn^sn) (2). — Ces sections ne sont pas indiquées dans le texte comme les paraschot, mais sous le texte, ou à la marge par des notes massorétiqnes (3).
^""'bi-Iu' Vruef ^'^" ^* — Mais quelle est, au double point de vue dogmatique et critique, la valeur du texte hébreu actuel ? Voici notre réponse.
Au POINT DE VUE DOGMATIQUE, LE TEXTE HEBREU ACTUEL RESTE UNE SOURCE AUTHENTIQUE DE LA REVELATION ÉCRITE DE DiEU, ET, AU POINT DE VUE CRITIQUE, IL REPRESENTE, MALGRÉ d'aSSEZ NOM- BREUSES ALTÉRATIONS DE DÉTAIL, LES EcRITURES PRIMITIVES PLUS FIDÈLEMENT QUE TOUTES LES VERSIONS EXISTANTES.
Valeur aogniaiique 10. — La première partie de cette thèse n'est que le corol-
du texte hébreu. , . , » , i i i>i • • i
laire de nos précédentes leçons sur 1 histoire du texte hébreu depuis ses origines jusqu'à nos jours. Résumons néanmoins, pour plus de clarté, les principales raisons qui établissent l'intégrité essentielle du texte original de l'Ancien Testament.
Conservation du H. — i) Jusqu'à Jésus-C/irist , ce texte n'a point été cor-
texle hébreu depuis ^rimn'ii les origines jusqu'à rOnipU»
^''^' Nous n'en voulons pas d'autres preuves que a) la véné-
ration extraordinaire vouée par les Juifs aux Ecritures, et b) l'usage que le Sauveur et les apôtres ont fait des saints livres.
(i) Voir dans de Voisin [op. cit., pp. 80-82) l'indication des grandes et des petites sections du Pentateuque.
{•>.) Le mot haphtarah s\^m^\Q licenciement, parce que, après la lecture de Vhaphtarah, on congédiait l'assemblée. — « A une époque incertaine, dit Wogué, et par une cause diversement expliquée (cf. De Voisin, op. cit., p. 100), l'usage s'établit de joindre à la lecture du Pentateuque celle des chapitres les plus remarquables des livres prophétiques. Chaque samedi et chaque fête, après l'office du matin, et après la lecture de la Loi, un passage des Prophètes était lu publiquement par un fidèle, et expliqué par l'interprète dans l'idiome vulgaire. Dans le choix de cette lecture supplémentaire, nommée haptarah, on s'attachait constamment, non seulement à ce que le passage choisi eût en lui-même une certaine importance historique ou doctrinale, mais à ce qu'il offrît dans son ensemble ou dans certains détails, quelques analogies, au moins matérielles, avec la section (paraschah) correspondante, ou avec la solennité du jour ». Op. cit., pp. i65-i66. — Cf. Vitringa, op. cit., pars 11, cap. 10 et II.
On trouvera la liste des haphtaroth dans De Voisin, op. cit., pp. 108, log, ou dans Rosenmiil- 1er, Biht. /ie&.,pp. 1024-1027.
(3) Cf. Judah d'Allemand, Bihl. hchr.,]^Y(x^t, % 35.
LEÇONS d'iNT. iG,
!'■« preuve :
la vénérulion des Juifs, pour leurs Écritures.
12. — a) Aucun peuple n'a g-ardé sa littérature sacrée avec un soin plus jaloux que le peuple d'Israël. Pour lui, les Écritures étaient des livres tout divins; sur elles reposaient toutes ses lois religieuses et civiles, a Plus d'une fois, observe Fabricy, on vit la nation exposée (i) à endurer mille maux plutôt que de violer la loi du Seigneur et de proférer la moindre parole contre elle. Son respect religieux pour les volumes où étaient renfermés les divins oracles ne lui permettait de les toucher qu'en tremblant. Comment [eussent-ils donc jamais osé y changer quelque chose? » (2), Aussi Philon a pu dire que pendant plus de deux mille ans les Juifs n'avaient pas altéré une seule parole des écrits de Moïse, et qu'ils les respectaient au point de mourir mille fois plutôt que de faire quoi que ce soit qui leur fût contraire.
2« preuve : 13. — ^) Cc qu'il importc de remarquer davantage encore,
afau de 1 Anc.Test. c'cst quc Jésus-Christ lui-même «ne cesse de renvoyer les Juifs à l'étude de ces saints livres pour y trouver les preuves de sa mission, et de cette vie éternelle qu'il leur annonçait. Partout notre divin Sauveur les suppose tels qu'on les lisait communément dans le temple de Jérusalem, et dans les synagogues de la Judée... Dans la supposition que ces Ecritures eussent contracté des taches de quelque importance, notre divin Sauveur aurait dû en avertir les apôtres; et c'eût été contre la dignité et l'excellence de sa mission, de ne point indiquer les moyens de rétablir dans leur première intégrité des écrits si étroitement liés à tout le corps de la nouvelle alliance, qu'il venait d'établir sur les fondements de l'ancienne. Dans le fameux entretien que Jésus-Christ eut, le jour de sa résurrection, avec les deux disciples d'Emmaûs, ce divin Sauveur...,pour mieux les convaincre, n'eut pas besoin de recourir à sa toute-puissance ; le témoignage des Ecritures suffisait. C'est qu'il n'y avait rien de plus respectable parmi les Juifs qu'une telle autorité ; ils en sentaient tout le poids, parce qu'ils étaient assurés de la pureté des livres saints w (3).
Usage qu3 les 14. — « Le fréqucut usage que les apôtres firent des
opôlres ont i'ail de , . ' iv • i i- » i i • i-
lAuc. Test. Ecritures, pour conlondrc 1 incrédulité des Juifs, montre com-
(i) Cf. Joscphe, Cont. Apion., lib. H. cap. 3o, 87, 38. ■>.) Des titres prlmilifs de la révélation, t. I, p. iSa. 3) Tabricy, op. cil.,[. 1. pp. 20, 2O; 187-191.