‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 105 sur 251 · CONSERVATION DU TEXTE HÉBREU DEPUIS J.-G · texte numérisé non relu

CONSERVATION DU TEXTE HÉBREU DEPUIS J.-G

bien ceux-ci et eux-mêmes les regardaient comme très intègres... N'était-il pas encore du devoir des aptUres, de découvrir aux fidèles les corruptions qui auraient pu se glisser dans un texte original, qui est une des principales règ^les pour tout ce qui tient au dogme et à la morale ? Mais les apôtres n'ont rien dit d'une pareille corruption » (i).

Conservation du texte hébreu depuis J.-C.

a)Pendant les quatre premiers siècles.

b) Depuis Origène jusqu'à nos jours.

15. — u). Depuis Jésus-Christ, le texte de F Ancien Tes^ tament n^ a point été corrompu.

Nous en avons la certitude pour la période des quatre premiers siècles de notre ère. Sans doute, plusieurs critiques ont prétendu, sur des témoignages mal compris de saint Justin, de saint Irénée, de TertuUien, etc., que les Juifs avaient falsifié, par haine de la religion chrétienne, maints passages de la Bible hébraïque (2) ; mais « Textrême délicatesse des Juifs de tous les temps sur FÉcriture sainte dément absolument ces sortes d'accusations » (3). De là vient que Tisraélite Tryphon ne put dissimuler son étonnement, lorsque saint Justin soupçonna devant lui ses compatriotes d'avoir changé le texte sacré (4). — Le docte hébraïsant saint Jérôme se rit de ceux qui avaient de son temps la naïveté de croire à l'interpolation des livres saints par les Juifs, depuis la prédication de l'Évangile (5). Saint Augustin démontre même qu'une semblable falsification des textes originaux était moralement impossible (6). Au reste, « s'ils avaient corrbmpu leurs exemplaires, remarque très justement Rich. Simon, les Juifs en auraient retranché plusieurs passages qui leur sont contraires, et même des prophéties auxquelles ils ne peuvent donner un bon sens >; (7). Rien ne nous autorise donc à accuser les Juifs d'avoir commis une pareille fraude pendant les quatre premiers siècles.

16. — Enfin, les travaux des Chrétiens sur le texte hébreii depuis le temps d'Origène et de saint Jérôme jusqu'à notre époque, ceux des Juifs eux-mêmes depuis la ruine de Jérusalem jusqu'à nos jours, les versions sans nombre qui ont été faites et qui toutes reproduisent en substance l'original, tout

Voir comment ces

(i) Fabricy, loc. cit.

(2) Cf. Rich. Simon, op. cit., pp. 101-112 ; Fabricy, op. cit., t. I, pp. 189, ss. deux critiques expliquent la manière de parler des Pères.

(3) Fabricy, op. cit., t. 1, p. i4o.

(4) Cf. Saint Justin, Dlat. cum Tryph., §73.

[b) In Is., VI, 9. — Sur le mérite de saint Jérôme comme critique, voir Fabricy, op. cit., t. IIj pp. 92-90.

(6) De civlt. Del, lib. xv, i3.

(7) Op. cit., p. iio.

p44 leçons D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

concourt à établir que les Juifs n'ont point par méchanceté altéré leurs Écritures (i). C'est à peine si quelquefois ils ont choisi, parmi les variantes des manuscrits, celles qui ne s'accordaient pas avec l'interprétation chrétienne de tel passag-e. Cf. Ps. XXI {heh.,xxii), 17.

Conclusion. Daus SOU cusemblc, etprincipalcmeut pour tout ce qui touche

à la doctrine — à la foi ou aux mœurs, — le texte hébreu actuel reproduit substantiellement le texte autographe des écrivains sacrés; conséquemment, il demeure pour nous une source authentique de la révélation écrite de Dieu.

Valeur critique du - ■» t , > -, ... j, 7,

texte hébreu. 17. — INeanmoms la critique y découvre a assez nom-

breuses altérations de détail^ comme nous le disons dans la seconde partie de la thèse.

Ce n'est point ici le lieu de les ériumérer (2). Observons seulement qu'en raison de leur origine elles forment deux catégories : les unes paraissent avoir été volontaires, les autres sont de simples accidents dç transcription. Tantôt ce sont des mots (^^comp. // Rois^ X, 1-6 avec / Parai. ^ xix 1-7), voire même des membres de phrases (cf. Il Rois, vi, 3, 4) qui ont été ajoutés. Tantôt, au contraire, ce sont des mots et des propositions entières qui ont disparu (cf. Gen., iv, 8; xiv, 10; I Rois, x, i, à comparer avec les LXX et la Vulgate). Quelquefois^ des mots ontété substitués à d'autres (cf. ///?oi.?, xxiv, i3, à comparer avec / Parr, xxi, 12), ou ont été changés de place (cf. Gen.^ 1, 7 comp. avec vers. 6; I Rois, i, 19-21) (3).

Caractère des altérations du texte bébieu actuel.

Ces altérations n'atteignent point la doctrine.

18. — Mais il est inutile de faire remarquer que ces altérations de détail n'ont aucune portée doctrinale. Tout au plus peuvent-elles compromettre ici ou là le sens historique de tel ou tel passage, en diminuer quelque peu la beauté littéraire, ou en détruire la régularité logique, prosodique, grammaticale. Kiies ne nuisent Ellcs n'eulèvcnt poiiit uon plus au texte hébreu sa valeur î'i.'iuê clseniieihàvi Critique essentielle, supérieure certainement à celle de n'im-

tcxtc.

porte quelle version, sans excepter les LXX ni la Vulgate. Cette dernière, il est vrai, approuvée officiellement par l'Eglise, jouit pour ce motif d'une très haute autorité; mais enfin sa valeur critique intrinsèque résulte précisément de ce qu'elle traduit avec beaucoup de fidélité le texte de la tradition juive. Aussi,

(1) On trouvera sur co sujcl de longs développements dans Fahricy, o/). r/7., t. II. i>p. 7-3ri8.

(2) On en prendra (iuel(|ue idée eu j)arcouraiil les savantes « Inlrodutiions à la critique gcnérale de l'Ane. TesLamcnl » {'6 vol. Paris, 1887-1889) de INI. rai)bé Marliu.

(3) Voir Loisy, op. cil , pp. :;ji-3o(j.

VALRLIR CRITIOUI^ DU TEXTi: III^BREU 2/j5

toutes choses ég-ales, on doit lui préférer l'orig-inal hébreu. Ou aurait tort, par conscqueut, de sacrifier a priori l'hébreu massorétique à la versiou alexandriue.

Couchions : le texte hébreu actuel représente mieux les Ecritures primitives que toutes les versions existantes (i).

'i) Telle est l'opinion de la plupart des critiques modernes,

Conclu'^ioii.

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