‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 109 sur 251 · est un dialecte · texte numérisé non relu

est un dialecte

mélangé, ^^v mélaugc de tous les dialectes helléniques; toutefois, c'est

i'attique qui est le plus largement représenté. a) iXaitique, Q^i reconnaît la couleur atliqiie dans ces expressions :

supéOY] £v ^a,Q-:^i ey^ouca (Mtt,, i, i8) au lieu de è'xs'.v; -i^v yàp OéXwv {Luc y XXIII, 8)^au lieu der^ôsXs; — dans ces contractions : tts-.w {Jean, xiv, 12) au lieu deTuotéw; */.à[;.ol,7.à;jA, xav, y.ày,£?voç {Luc,

I, 3; I Cor., xvi,4; Mtt,, xxvi, 35; I^uc, xi, 7); — dans cette orthographe": TrpàTTouct (^Ic^., xvii, 7) au lieu de Tupàscjouci ; y.psï^T- Tov, -^TTov {I Cor., XI, 17) pour y.ps^acov, -^tscv; iQcùvaTo {Mit., XXVI, 9), pour eBuva-o; — dans ces flexions : ÏXt(j):;{3Iit., xvi, 22) pouri'Xaoç; 'A 710X7.0) (/ Cor., i, 12) pour 'AttgXXcl); etc.

z>) de rfonen, Qu l'etrouvc Ic dorîcn dans ces flexions : à-izh gcppa {Luc,

XIII, 29) pour à-o goppou; IcLia^toi. {II Thess., 11, 9) pour SaTavG-j ; Bapvâ6a {Act., xi, 3o) pour Bapvà6c'j(2); — dans cette orthographe: GivaTTt {Mc.,i\,?>i) pour aivr^7:t; à(^i(iiv':(xi{Mtt., ix, 2 ; IJeàn,

II, 12) pour àçér^Tat.

c) d'/onîe7i, C'cst Vioiiicn qui se révèle dans ces formules et mots non con-

tractés :cct£(i)v(.'^^^.,xxiii, 27)pour ccjTwv; y.aià à-oy.âXu'-j;cv {Gai., II, 2) pour y.ai'a-oyàXu^tv; — dans ces sons adoucis: ojyivi {Jac , i, 17) pour o'jy. ÏQ\i ; Ai(5cy,oupot {Act., xxviii, 11) pour A'.écrxcpc.

(i) On distinjz^ne, en effet, dans le grec post-classique, la lancine littéraire (celle des lettrés et des littérateurs de profession, tels que Dcnys d'Halicarnasse, Lucien, Piutarcjue, Fi. Josèplie), la langue po})ulaire,c\ la langue famitiè.vc ou jyarlée. La première est ])ure, châtiée et se rap[)roche davaniae;e du grec ciassicpjc; la seconde est incorrecte et corrompue; la troisième tient le milieu entre les deux précédentes ; ])lus mêlée et ])lus négligée (pie la langue écrite des littérateurs, elle est plus relevée et plus épurée (pie la lang'ue courante du peuple. C'est l'idiome de la bonne conversation et de la bonne société, où l'on se permet certaines locutions, certains termes, corrects sans doute, mais moins choisis et qu'on n'emploierait probablement pas dans un ouvrage littéraire. Le latin des Discours de Cicéron est le latin littéraire', celui de ses Lettres est le latin familier (cf. Ricmann, Syntaxe latine, Introd., 3, 6.)

(3) Cf. Combe, Gramm. (jrecq. du N. T., j^p. ni-na.

CARACTKRKS GÉNÉRAUX DU GREC BIBLIQUE zBi

d)iyéoiien. Q'es^ Véolie?i qui apparaît dans ces flexions verbales : -^aOa

(Mit., XXVI, 6ç);Âfc., xiv, 67) pour^ç; 7uctY]C7£tav (Zi/c, vi, 11) pour TTO'.YJca'.ev (i).

N.'T.^esJTn dfa- ^^'— ^) ^^ stjlc des écnvains du Nouveau Testament lecie simple. accuse aussi une tendance g-énérale très marquée à exprimer

directement chaque idée par manière d'affirmation, dans une proposition indépendante; on ny trouve point le caractère synthétique, périodique, étudié, du g-rec classique, mais la forme simple, analytique, familière, du g-rec de la conversation. Du reste, l'influence de Taraméen et de l'hébreu a dû contribuer encore à ce résultat.

3) L'idiome du N.

T. est un dialecte

r^'oonslrtî^ns 1 5. — 3) L'idiomc du Nouvcau Testament renferme, comme nouvelles. j^ ^j,^^ post-classique , o) dcs mots à flexions nouvelles: vof,

— datif de vouç,—(/?o;?z.,vii,25; ICo7\,xiv, i5) au lieu de vw; lYvwzav (Jean, xvii, 7) pour £Yva)y.acri ; xà6ou (M^. , xxii, 44) pour y.:iÔr^cro (2); etc.; — ô) de nouvelles constructions g-rammaticales: ainsi la particule Tva avec une proposition finale dépendante remplace souvent une proposition infinitive. Cf. Mtt., V, 29; Jean, 11, 25; viii, 56; xvi, 82; xviri, 89 (3). Pareillement la particule àv devient particule de répétition indéterminée, avec le passé ou le présent de l'indicatif. Cf. 3Ic.,yî, 56 (4) ;

— c) des mots présentant un sens nouveau ou particulier : TuapaxaXeîv = rogare, aviiXsYsiv^r repugnare,àxoXouO£Tv = imitari, etc.; — f/) enfin, nombre de mots non classiques, ou classiques mais beaucoup plus fréquemment employés qu'autrefois. Ainsi la particule classique Tva se rencontre bien plus souvent chez les écrivains de la nouvelle alliance, que les autres particules similaires oTuto;, wjts (5). Sur 5420 mots que contient le lexique du Nouveau Testament, 2000 au moins ne sont pas classiques, et sur . ces 2000 beaucoup sont propres au Nouveau Testament; un g-rand nombre viennent des langues étrang-ères.

T.est rempiTde mots i6. — 4) L'idiomc dcs EvanoUes et des É pitres présente

étrangers. •il .' .i. • ,,..

aussi des locutions et des termes exotiques, — dorig-ine perse :

(i) Le dialecte èolien est celui qui a laissé le moins de traces dans le Nouveau Testament. Le dialecte béotien y est aussi fort peu employé. Cf. Rom., ni, i3 : £(5cXicOoav pour i?io\[r,w, Act., xiu, 47 : Té6£ix.a pour Tcb-n/.ff..

(2) Cf. Combe, Op. cit., pp. So-Ss, go-io5.

(3) Voir Viteau, op. cit., pp. 74-76.

(4) Voir Beelen, op. cit., p. 34i.

(5) û77w; et OTTO); p.i ne se lisent guère qu'une soixantaine de fois dans le N. T., tandis que hx et tva p. ri s'y rencontrent au moins 700 fois.

àYYap£u£tv {Mit., v, [\i', xvii, 82; Me, xv, 21) (i), T.y.yxov.zz^ {Luc, XXIII, 43); — d'origine égyptienne: ga-'ov {Jean, xii, i3), Gtvcwv {Mit., xxvii, 59); — d'origine latine: xoopàv~r]c; {Mtt., v, 26), /.îviupiwv (J/c, XV, 39), c:'j;jis6X'.ov AaSîïv {Mit,, xxviii, 12); etc.

T.^i^^FochepJÎ- 17- — ^) Enfin, l'idiome du Nouveau Testament, pour appar-

raire'^e\ ^p'^.irrois'dû tenir surtout au grec post-classique familier, ne laisse pas

grec vulgaire. d'ofTHr quclqucs coiistructious et expressions, empruntées soit

au grec littéraire, soit au grec incorrect du peuple. De là ces

périodes plus étudiées, qu'on aime à rencontrer dans Xç^^Epîtres

de saint Paul, notamment dans VÊ/ntre aux IIébreux,t\. dans

les 2\ctes (2); de là aussi ces phrases et locutions négligées,

véritables vulgarismes, qui abondent sous la plume de PApô-

tre.

Conclusion. On le voit, le grec familier post-classique constitue Télé-

ment générique du grec de la nouvelle alliance.

(i) Cf. Hatch, EssaijS in Biblical Greeh, p. .38. (2) Cf. Combe, op. cit., p. 149.

LEÇON DEUXIÈME Le grec biblique. — Ses éléments spécifiques.

Les éléments propres du grec biblique. — Élément qui spécifie le grec du Nouveau Testament.

— Caractères du grec hebraïsant. — Elément qui individualise le grec de la nouvelle alliance.

— Caractères du grec chrétien.

du'Tic bibuciue! 1 • — Outre rélément générique que nous venons d'analyser, l'idiome du Nouveau Testament en renferme deux autres, qui le spécifient et V individualisent .

mén..r.i spécifique. L'élément spécifique du grec sacré, c'est Télément hebraïsant.

L'élément hébraï' ry

sant.

■ Nous entendons par élément héèraïsant cette couleur sémitique, que reflète si vivement toute la littérature de la nouvelle alliance, et qui paraît être le produit de quatre influences se"v?r?e'prduire! divcrscs i i) influcncc de l'hébreu biblique; 2) influence de l'araméen parlé en Palestine au i*^*" siècle; 3) influence du grec hebraïsant des LXX; 4)iiifluence du grec hebraïsant parlé par les Juifs hellénistes de la AtajTuopà.

Influences hébraï- 3. — Lcs dcux premières influences s'expliquent assez par

que et arameenne. ^ ^ ^ ^ a A 1

l'origine même, les relations et les habitudes des écrivains du Nouveau Testament. Sémites de naissance, vivant en contact avec d'autres Sémites et parlant comme eux l'araméen, habitués aussi à lire, ou à entendre lire les saints livres en hébreu dans les synagogues, les évangélistes et les apôtres, tout en se servant d'un idiome de Japhet, ne pouvaient pas ne point mouler leurs pensées à la manière des fils de Sem, ennemis de Tabstraction, des périodes longues et compliquées. Souvent, du reste, ils nous rapportent des discours, ainsi que des événements racontés déjà ou répétés en araméen.

Influence des LXX. 4. — Quaut àl'influencc des LXX, les auteurs du Nouveau Testament devaient la subir, car ils entendaient lire souvent et lisaient eux-mêmes la célèbre version alexandrine; ils se

trouvaient d'ailleurs mêlés partout, en dehors de la Palestine, à des Juifs dont la langue gréco-alexandrine (i) était Fidiome courant.

^hébrîSnfparfé?^ Voilà pourquoi une quatrième influence — celle du grec liébraïsant parlé par les Juifs de la A'.acTrcpà (2) — se trahit aussi dans les écrits de Talliance nouvelle.

Pour ces quatre motifs et de ces quatre manières, l'hébreu et Taraméen ont imprégné de leurs teintes le Nouveau Testament tout entier, — son lexique, sa syntaxe, sa littérature.

Influence

1) sur le lexicjUî du 5. l) SoU IcxiqUC.

Nous y trouvons a) des mots araméens simplement précisés : à^Ja, pa66o'Jvi,Bxpvà6a;, laX'.Ôà, y,0!j;j/., 'A7,£Xoa;jLa (ou 'A/îXcai/a/ (3), etc. ; — b) des mots hébreux simplement transcrits en grec : 'A5aB5a)v, àW'riXyjïy,, à-r/jv, 'E;A[xavo'JY]X, etc. (4) ; — c) des mots grecs d'origine, mais hébraïsés quant au sens : vûi^^y;, par exemple, désigne une fiancée (Jean, m, 29), une belle-fillc {J\Itt., X, 35. Comp. Jerem., 11, 32; Ge?i., xxxviii, 11), au lieu que les Grecs attachent plutôt à ce substantif la signification de jeune femme, etc. (5).

2) sur la syntaxe; 6. 2) Sa SyutaXC.

Le caractère simple, rudimentaire, de l'hébreu biblique perce à chaque ligné du Nouveau Testament. Nombreux sont les récits qui commencent par y.al e^évexo, suivi de c-£(J/^^., vu, 28) ou d'un autre y.al {Luc, v, 17). Peu de phrases coordonnées, subordonnées; elles sont d'ordinaire reliées seulement par des y.al, vrais 1 consécutifs (cf. Act., ii,i-4). Quelquefois même les règles de la syntaxe grecque sont violées par des constructions tout hébraïques : r^p^avio.., Xé^^iv si; v.aG' el; {Ma?'c^ xiv, 19). Enfin, les longues périodes du grec classique sont rares, et généralement remplacées par la phrase courte, haletante et impressive des Hébreux (6).

(i) Nous traitons plus bas de la nature du grec des LXX. Considéré dans son ensemble il constilue une variété du grec hél)raïsant distincte de celle du N. T.

(2) Ce grec liébraïsant /j«rZe se rapprochait beaucoup du grec liébraïsant écrit des LXX; il dut cependant être moins dur, car « plus les Juifs hellénisants avaient de rapports aA'ec les Grecs, observe Vilcau {op. cit., p. XXIII), plus la langue judéo-grecque perdait de l'ctrangeté et de la rudesse du grec des Septante ».

(3) Selon les variantes des diiîérentes manuscrits. Dans 'AysXS'aaâv le y^ final est un reste de l'aspiration que les Hébreux faisaient entendre à la fin des mots terminés en i< comme N^T, et l'esprit doux (au lieu de l'esprit rude que l*étymolot;ie du mot hébreu SpH appelait) est un vestige do la prononciation galiléenne qui supprimait les gutturales.

(4) Cf. Schelling, op. cit., pp 05-83.

(5) Cf. Schelling. op. cit.,\)p. 87-104.

(0) 11 n'échappera àpersonue que cette extrômcsimplicité littéraire cl syntaxique, outre qu'elle faisait

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