‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 110 sur 251 · ELEMENT CHRETIEN DU GREC BIBLIQUE · texte numérisé non relu

ELEMENT CHRETIEN DU GREC BIBLIQUE

3) sur la liuéiaiuro 7 . ~ 3) Sa littérature.

du r\. T. ^ ^ ^ ^

Nous y rencontrons a) mauites expressions qui sont purement hébraïques : irpécrwTïov Xa[jt,6àvEiv, faire acception de personnes', h{Qvr^\ix a7:ép[Aa, susciter une postérité à quelqu'un ;

o£UY^^^ "^"^ TrpoacbTïou xivoç, fuir quelqu'un; çôuy^iv utto tïjç ewcoXc- Xarpeiaç, fuir l'idolâtrie, etc. ; — des métaphores, des figures de langage visiblement empruntées à l'ancien hébreu : uîbç ty^ç aTiwXsia^jTîiç sipYjVYjÇjTcu a'.wvoçjToo çwToç, y(ElXo;; T^ç OaXàc(7r^ç;etc.(i)«

L'idiome du N. T.

est donc une brau-

8. — La langue du Nouveau Testament est donc bien gréco* ïssi?" g'-ec pobt- jiili-;Q^ — c( un grec dc synagogue », comme s'exprimait Richard Simon. C'était l'idiome familier (2) des Juifs hellénistes. Les apôtres, illettrés ou peu lettrés, l'écrivirent tel qu'on le parlait communément autour d'eux, et sans aucune préoccupation littéraire. Sous leur plume, cet idiome forme véritablement une branche spéciale du grec post-classique.

,,;£''^';?J!.\?mi"'Hn 9- — Enfin, c'est l'élément chrétien qui individualise le ^' ^' grec des écrits de la nouvelle alliance (3). A chaque page cet

L'élément chrétien , . i t-i i • m • t i tt ii^

introduisit élément se révèle. Ln passant sur le vieil idiome des Hellènes, le souffle du christianisme le transforma, le régénéra. Qu'on lise saint Jean, et surtout saint Paul, — par exemple dans VEpître aux Romains, xii, 1-2; xvi, 7-9; duns VEpitre aux Ephésiens, i, 3- 11 ; — et l'on s'apercevra vite que si la phrase et les mots sont grecs, le ton général et la couleur du style sont profondément chrétiens. A une doctrine neuve, il fallait une langue neuve; les apôtres surent la créer.

1) des mots nouveaux;

10. — Car 1) des mots ont été faits de toutes pièces : alimxvAyjjda. (Heô., xi, 22), àWoxpie'Kia'AOT^oç, (/ Pet.^ iv, i^), ^AiziiaixoL (Mtt., m, 7; 3Ic., i, 4; Hom., vi, 4); etc.

2j des significations \ t>i> • i i ,. i * l

nouvelles; 2) D auciens vocablcs ont reçu des sens nouveaux : tels que

Xô^oq, etc.

mieux accepter aux enfants d'Israël la doctrine du Nouveau Teslament, rendait encore celle-ci éminemment traduisible dans toates les langaes, et assurait par là l'universelle et rapide diffusion des idées chrétiennes.

(t) Cf. Schelling, op. cit., pp. 2i5-2i8.

(2) On distingue, en effet, dans le grec hébraïsant des Juifs de la Atacruopà, la langue littéraire — celle des Juifs lettrés, de Josèphe, par exemple, qui affectaient d'écrire lé grec plus purement et avec le moins d'hébraïsmes possible; — la langue populaire, nécessairement très négligée; — la langue familière qui tenait le milieu entre les deux autres. Au fond, ces trois langues n'étaient que trois variétés d'un même idiome.

(3) Nous avons déjà remarqué (cf. plus haut, p. 254) que le grec hébraïsant du N. T. est une variété distincte du grec des LXX, L'élément chrétien accentue encore cette différence.

3) des consli'uctions nouvelle*.

3) Des constructions inusitées jusque-là sont devenues fréquentes pour exprimer une théologie spéciale; l'emploi des propositions £i7 et Iv mérite surtout attention. Ainsi l'on trouve gaTuiiTs'.v eiç to o^o\m, TU'.cjTsueiv eiç to cvo[xa, y,. t. A., avec le sens de baptiser en faisant faire un acte de foi au 7iom, à r existence delà Sainte Trinité {Mtt., xxviii. ig); faire un acte de foi à la divinité du Christ (.Jean, xi, 26); elvai iv {Jean.^xw, 10), pivEiv h {Jean, xv, 4)? 7.aTot7.£îv ev {Col., i, 19), avec le sens de demeurer dans l'union avec, etc. — Ce sont là de véritables christianismes.

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