‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 112 sur 251 · COMMENT FURENT TRANSCRITS LES AUTOGRAPHES DU N. T · texte numérisé non relu

COMMENT FURENT TRANSCRITS LES AUTOGRAPHES DU N. T

jecturalement. Selon toute probabilité, les caractères furent les mêmes que ceux de Talphabet grec, en usage dans le monde hellénique depuis Platon (ivc siècle av. Jésus-Christ) (i). On employait alors tantôt l'écriture cursive, tantôt l'écriture onciale, mais plus souvent cette dernière, qui dut par conséquent être celle des autog-raphes sacrés (2). Ceux-ci, du reste, n'offraient probablement aucun signe orthographique (points, esprits, accents), et tous les mots du texte se touchaient.

Comment Ion 7. — Dc nombrcuscs copics des autographes du Nouveau pcn"d;mt"ia V» pé- Tcstameiit furcut faites dès le premier siècle (3); elles se mul-

riode

tiplièrent de plus en plus dans les âges suivants.

Pour les exemplaires bturgiques on préféra, dès le ii® siècle, au papyrus le parchemin qui était plus solide et plus résistant. Bientôt cet usage se généralisa^ même pour les exemplaires privés (4)îet ce ne fut guère avant le x^ siècle, que les particuliers remplacèrent le parchemin — devenu trop cher — par le papier de coton {char ta bombycina). On prit l'habitude, surtout à partir du iv^ siècle, de réunir ces feuillets de parchemin ou de papier en cahiers^ et les cahiers en tomes {codl^ ces)f de sorte que les Hvres saints se présentèrent désormais sous une forme différente des vohimina (rouleaux) d'autrefois.

(( Les écrits du Nouveau Testament, dit Reithmayr, se reliaient ordinairement en trois tomes, d'après leur division naturelle, savoir a) les quatre Evangiles ; b) les Actes avec les E pitres catholiques; c) les Epitres de saint Paul. Au moins cela se pratiquait ainsi en Orient « (5).

8. — Or, dans ces codices de la seconde période, — depuis ^odàr^t'u. ^ï le n^ siècle jusqu'à la fin du x% — il faut distinguer l'écriture, période: l'accentuation, la ponctuation, ainsi que les distinctions et divisions du texte.

1) récriture (on- Q. — 'D'abord V écriture de tous ces manuscrits (6) est onciale (7), ou majuscule.

(i) Cf. Ph. Berger, Histoire de Vécrilurs dans VantiguHé, pp. 141-142. (a) Cf. Gûntner, op. cit., p. i5.

(3) Cf. GiJntDer, op. cit.^ p. 21. • ■ - ■ y ne

(4) Parfois ces exemplaires sur parchemio étaient remarquablement soignes et fort riches. Cf. Eusèbe, Vila Consfa7it.,iv, 36; saint Jean Ghrysost., Homil. XXXII, in Jean., 3.

(5) Introd. aux livres du N. T., t. I, p. 200, trad. de Valrogcr.

(6) L'usage de l'écriture cursive paraît dater seulement du ix« siècle. Montfaucun mentionne un , manuscrit de 890 où cette forme d'écriture se trouve. Cf. Palaeograph. graec, t. IV, p. 2G9.-- Voir

un tableau des caractères cursifs du x« siècle dans Combe, op. cit., pp. 8-9.

(7) Ainsi appelée parce que les lettres étaient carrées et droites. — Voir un tableau des oncialcs du VI» siècle dans Combe Joe. cit.

Cinq choses

2) les sitrnes dac- 10. — Les sig"nes à' accentuafioTi n'apparaissent nulle part

cenluation; i i . . . , . « • % i

dans aucun des manuscrits onciaux antérieurs au vii*^ siècle, que nous possédons (i). C'est principalement au ix® siècle et au x^ que nous les rencontrons.

3) les signes de 11. — Les sigucs dc ponctuatiou ne se montrent guère ^°"^ ' davantage, au moins jusqu'au viii* siècle. Tout au plus trouvons-nous dans le Vattcanus de légers intervalles entre les phrases.

4) les premiers Cc fut justcmeut pour remédier à cette lacune, qui devenait

cssâisdcstichoniC"

trie, ou de distinc- uuc source dc coiifusions et d'erreurs (2), que, vers le milieu

lions du texte ; , «ni/ont-iit •• t* i i-nt

du V® siècle (0), liuthalius transcrivit et divisa le texte du nouveau Testament zaïà ciiyou;, c'est-à-dire en petites lignes ou versets, mesurés sur le sens, et destinés à faciliter la lecture (4). Ce procédé de transcription a été appelé stichométrie (.5).

On le modifia bientôt en ne séparant plus les aityoi par l'alinéa, mais par un simple point indiquant une pause à faire (6). — A partir du vii^ siècle, ce point fut multiplié. On compta ti^ois points principaux: le point au haut de la ligne {Qzi-^\j.ri xekzioL), équivalent à notre point final ; le point au milieu de la ligue {aTiyixri \)Àtq), équivalent à nos deux points ; le point au bas de la ligne {inzoaxrdj.ri) , équivalent à notre point et virgule ou à notre virgule.

5) les divisions du ^2. — Le tcxtc grcc était distribué en une ou plusieurs co- ^^^^^' lonnes sur chaque page. 11 fut o^/y/^é aussi de fort bonne heure.

— Dès le III® siècle, Clément d'Alexandrie etTertullien(7) mentionnent ces divisions, ou péricopes [izepi-Ao-KT.) , capitula. Euthalius (ou celui que Ton nomme ainsi) nous apprend qu'elles étaient de deux sortes : les divisions par leçofis (àvavvwjsic), adoptées probablement pour les lectures liturgiques, et les divisions par chapitrées (-AtoiXonoi.) à l'usage des jparticuliers. En tête des xsçàXaia se trouvaient souvent des sommaires {brevia-

(i) Cependant saint Épiphane (iv» siècle) paraît supposer qu'ils existaient de son temps. Les accents que porte le Vaticaiius (IJ) ont été ajoutés après coup, probablement vers le x* ou le xF siècle.

(2) Voir plus bas, p[). '.>X)[\-:>Srô .

(3) Ou plus tut, si Eullialius doit être identifié avec le diacre Evaç^rius, solitaire ée:ypti(Mi du iv* siècle, qui fut condamné comme partisan d Orii;ènc. — M. J. A. Robinson rc^rardc Kulhalius comme contemporain de saint Athanase. Cf. EuUudianti, dans TpxIs and studies, III, li (i8(jr)).

(4) Orij^ène avait divisé ainsi l'Ancien Testament dans ses Ilejaples.

(5) Cette stichométrie qui donne « des lif^^ncs de sens » ne doit pas »*tre confondue avec la stichométrie en usatj;e chez les anciens. Cf. Graux, lievue de philologie, t. II (1878), pp. <J7-i4o ; Sam. Berger, //isloire de la Vulffute, p\). 3 17-8 18.

(6) Voir le Cyprins (k).

(7) Cf. Clément d'Alexandrie, Slrom.,111, 4; Tertullien, Ad uror., II, 2 ; De pudiçiL, xvt.

LES MANUSCRITS DU N. T. DEPUIS LE Xe S. JUSQU'AU XVc. 261

ria, èy.Gscjc'.ç) (i). Les /^co^z.?, du reste, étaient d'inégale longueur (2), mais plus étendues que les chapitres (3).

Comment on Irans crivit le N T

13. — La troisième période, — depuis la fin du xe siècle pendant la > pé- jusQu'au xv®, épOQuc dc la découvcrte de l'imprimerie, — est marquée par la substitution de l'écriture curslve à l'écriture onciale dans les manuscrits.

Le parchemin ne fut plus d'un usage aussi général. Les particuliers lui préférèrent le papier de coton, et même plus tard, après le xiri^ siècle, le papier de chiffe.

La ponctuation resta la même qu'à la fin de la période précédente. Le système développé que nous avons aujourd'hui, date du xvp siècle.

(i) Sur cette question voir Gregory, Prolegomena, p. i4o; S. Berger, Histoire de la Vulqate, p. 307.

(2) Cf. Reithmayr, op. cit., t. I, pp. 309-213.

(3) C'est dans cette période (vers le v«> siècle) que l'on rencontre le premier palimpseste biblique. Les palimpsestes sont des manuscrits de parchemin sur lesquels on a elFacé la première écriture pour en tracer une seconde. Voir, dans Trochon, Introd ,t. L p. 3i8, un fac-similé du palimpseste de saint Ephrem (C). Ce manuscrit (v* siècle) contient des passasses du N. T., sur lesquels un copiste (du xii* siècle) écrivit des fragments grecs du diacre d'fidesse.

LEÇON QUATRIÈME

Histoire du texte grec du Nouveau Testament depuis le !•"■ siècle

jusqu'au siècle d'Origène.

Le sort des autographes sacrés de la nouvelle alliance. — Quand et comment ils périrent. — Diffusion vd.\)ïàQ àts exemplaires du N. T. — Les variantes nombreuses de ces manuscrits ; leurs causes, leur caractère.

Histoire du texte 1. — L'histoîrc du tcxtc ma/^^^5("?•^7 du NouvcQU Tcstament n'embrasse pas moins de quinze siècles. Pendant cette longue période, les autographes des apôtres disparurent, de très nombreuses variantes se formèrent, et les codlces sacrés se multiplièrent de plus en plus.

Objet de la leçon. Nous voulous sculemcnt faire ici l'histoire du texte du Nouveau Testament pendant les deux premiers siècles.

Ce que devinrent

les autographes An ^ — Il cst ccrtaiu, d'abord, quclcs autographes du Nouveau Testament ne furent pas conservés longtemps dans les Eglises.

Leur dispaiilion. QUELQUES MANUSCRITS DES APOTRES EXISTAIENT ENCORE AU

TEMPS DE SAINT IgNAGE (•\- IO7), MAIS DES LA FIN DU SECOND SIÈCLE ILS AVAIENT TOUS DISPARU.

-Saint Ignace con- 3. — La première partie de cette assertion (i) repose sur

naissait encore quel- ^ *- .

ques mss. des apô- ccttc phrasc dc la lettre, que Tévêque d'Antioche adressa aux Philadelphiens : « (Audio) quosdam dicentes : Nisi invenero

Preuve. ^ \ ^ ^ * ^

in archivis (èv xolc, àpyeioiq), in euaiigello, non credo » (2}. Le saint martyr se proposait de combattre ici des incrédules qui ne voulaient s'en rapporter qu'à leurs yeux, et qui demandaient à voir les manuscrits mêmes de V Evangile, sauf à en contester ensuite l'autorité par une fin de non-recevoir (3).

(i) Cf. Huet, Demonstratio evangelica, t. 1, p. 2G Venet., 1765.

(2) Ep. ad Ph'dad., cap. vui. — Contrairement à ce qu'affirment Grieshach {Opascula academica, t. Il, pp. 66-(;9) et Guntner (op. cit., p 17). nous pensons avec Funk (0pp. Pafr. apostol., t. 1, pp. 23o-23i) que le mot àp/,£Ïa (àp7,cto'.?) ne désigne point ici l'Ancien Testament. Saint Ignace, lorsqu'il parle des livres de la première alliance, se sert plutôt, à l'exemple de saint Paul (cf. II Cor., m i4; Uebr., vui, i3), de l'adjectif -jïaXa.îa (voir aussi saint Méliton de Sardes, dans Eusèbc, Hist. eccl, IV, cap. 2G, iG). En outre, on suppose à tort que, dans la j)lu"ase du saint martyr, èv àp/sioi; est en opposition avec tv tÔ) eùa-YTeXÎto et qu'il faut, ainsi que l'a dit Giintner. réunir Èv rCù sùa.'^-j'îXtw à iriT. teCio). Nous croyons que àv t<o eùx-y-^EXtw a été mis par apposition pour expliquer èv tcI; 6l^-/:^i',u;.

(3) C'est ce que sup[)Ose précisément saint Ignace, car il ajoute : « Et dicenle me ipsis ouod scriptwn est, respondcrnnt mihi : hoc esse demonsfrandum ». Il termine en affirmant que la t::ràce de Jésus-Christ et la vertu de sa croix en feront plus, pour convaincre, ([ue les originaux des KiHingiles et la puissance du raisonnement.

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