cause. i) Le peu de solidité des manuscrits
L'usage journalier qu'on en faisait dut bientôt détériorer le mince feuillet de papyrus, ou le parchemin sur lesquels les apôtres avaient écrit.
2e cau-e. 2) La préférence donnée aux collections.
De bonne heure, en effet, les livres du Nouveau Testament furent réunis en volumes ; on distinguait l'EjaYYsXtov et l'A^^ocToX'.7.ov (6). Ces recueils, plus recherchés parce qu'ils étaient plus complets, firent oublier peu à peu les orig-inaux ; d'autant que ces derniers ayant été, selon toute vraisemblance,
(i) On objecte cependacit un passage de Tertullien, De Praesrript., xxxvi (voir les réflexions de Reilhmayr et de Val rogner sur ce texte. Op. cit., t. I, pp. 195-196). — Richard Simon explique bien le -sens des paroles de Tertullien. « Si l'on recherche avec soin, dit-il, les différents endroits où Tertullien se sert du mot authentique, on verra qu'il n'a entendu autre chose, par celte expression, que des livres écrits dans leur langue originale-.. Gomme on ne lisait dans les Eglises d'Afrique que la version latine du N. T., il donne le nom d'authentique au texte grec; et c'est dans ce sens qu'il dit dans son livre De Monogamia, 11 : Sciamus plane non esse sic in Graeco aathentiço y>..Op. cit., p. 28. — Au reste, dans la langue du droit, que Tertullien connaissait bien, un acte, un document authentique, c'est un acte, un document « qui fait foi par lui-même, qu'il soit original ou non ». — Voir Grieshach, op. cit., pp. 69-76.
(2) Op. ci^., p. 3a.
(3) Cette disparition ne pouvait causer de préjudice à la diffusion du chrislianism.e ni à l'intégrité de la foi. Cf. Tiffensee, Disput. de aulogr. ôibl. jaclura, pp. 25, ss. ; Danko, Comm. de s. Script., p. 66.
(4) Cf. Reithmayr. op. cit., t. I, p. 194; Giintner, op. cit., pp. 18-20; Trochon, /«/roc/., l. I, pp. 3oi-3o2.
(5) Voir plus haut, p. 259, n» 7.
(6) Voir plus haut, pp. 169, 176, etc.
rédigés seulement par des secrétaires, ne jouissaient aux yeux des fidèles que d'une vénération relative.
3« cause. 3^ J^q^ difficulté S clcS tCmpS.
La persécution contraig^nit sans doute plus d'une fois les Chrétiens à cacher les autographes sacrés ; peut-être même en détruisit-on quelques-uns, plutôt que de les livrer aux païens et aux Juifs.
Diffusion rapide Q — j^^^ j^ ^^^ j j^r j.,- | ^ surtout pendant le 11% les
des exemplaires du 1 '
^' ^- exemplaires du Nouveau Testament se multiplièrent avec une
étonnante rapidité (i). Ces copies, notamment celles dont se servaient les grandes Églises, faisaient foi à l'égal des originaux sacrés (2).
Les variantes. Mais dcs vaHantcs surgirent bientôt. Saint Irénée le cons-
tatait déjà de son temps, et Origènes'en plaignait beaucoup (3). G^est principalement dans les pays de langue grecque, que ces différentes leçons prirent naissance et se propagèrent d'abord. Elles devinrent de plus en plus nombreuses partout, dans les siècles qui suivirent.
Deux catégori3s de Nous Ics raugeous cu dcux catégories : i) les variantes provenant d'une erreur involontaire de copistes ; 2) les variantes introduites par des modifications conscientes et intentionnelles .
variantes.
!■•* caté 'orie.
Leurs causes.
Variantes de la 7. — Lcs vaHantcs provcnaut d'erreurs involontaires étaient
inévitables. Copier sans faute un long manuscrit est chose impossible.
Il faut compter toujours i) avec les erreurs des yeux (si le scribe lit lui-même le texte qu'il reproduit), qui font prendre un mot pour un autre : [j^veiatç, souvenirs (D, F, G) pourypî-ai;, nécessités (T. R.), dans Rom.^ xn, i3 ; — 2) avec les erreurs de l'oreille (si le scribe transcrit sous la dictée d'un autre), qui confond des sons similaires; ainsi, l'on a confondu yj avec t, £1 avec 01, ai avec e, w avec 0, et l'on a écrit lyeipe pour £Y£ipai (Mtt., IX, 5); [jLSTà 5ta)Y[J(.ôv pour iJt,£Ta S'.a)Ypi,tov {Me, x, 3o); '7up6ay,XY]c7iv pour 'ÂpoaT.X'.aiv (/ Tim.^ v, 21) ; — 3) avec les erreurs de la mémoire, qui substitue des synonymes ou des mots semblables : To) Kupico pour tw Osw dans Jean, xvi, 2 ; y; o>/l xal 6 vo^Aoç (T. R. A, L, P) pour T; xal ô v6[ji,o<; dans 1 Cor., xi, 8 ; — 4)
(1) Cf. Giintner, op. cit., p. 21.
(2) Gï. Rich. Simon, op. cil., p. 37.
(3) Saint Irénée, Adv. Iiaeres., lib. v, cap. 3o; Origène. In Mtt., xv. 4,
Viu'iiinles de la 2' catégorie ;