‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 116 sur 251 · LES PREMIERS ESSAIS DE CLASSIFICATION DES MSS. DU N. T · texte numérisé non relu

LES PREMIERS ESSAIS DE CLASSIFICATION DES MSS. DU N. T

^^^'^'^aUoii.*^^'^^*'''" ^- — ^^^ premier essai de classification des manuscrits par familles a été tenté par A. Beng-el, théologien luthérien du

^^G^uiwï'mlX '^viii^ siècle (f 1752) (i). Son exemple fut imité par Semler, et surtout par Griesbach (1745-1812), professeur à léna (2), et par le savant catholique Hug- (i 765-1846), professeur à Fribourg" en Brisgau (3).

Tischendorf, Tre- Dcuosjours, Tischcudorf (f 1874), Tregcllcs (f 1875) (4), hVi.' "^^ ^^ ^ et notamment Westcott et Hort, ont repris en sous-œuvre les travaux de leurs devanciers (5), mais pour aboutir à des conclusions qui diffèrent entre elles, et qu^on ne peut regarder comme absolument définitives.

Les manuscrits Q, — Ouoi qu'il cu soit dc la classificatiou par familles,

onciaîixeicursifs. ^ i i :'

nous pouvons, eu égard à la forme de Técrilure (6), diviser les manuscrits du Nouveau Testament en deux catégories : les manuscrits onciaux et les manuscrits cursifs,

(i) Bengel (Apparatus cril., 1787) distingae deux familles de manuscrits rrasm^iç'Me et Vafricaine. A cette dernière il rapporte V Alexandrinus [Pi), les manuscrits gréco-latins, les versions éthiopienne, copte et latine. Les autres manuscrits appartiendraient au groupe asiatique.

(2) Griesbach « fut, dit Sabatier (cf. Encyciop. des sciences relig . de Lichtenberger, t. XII, p. 62), le vrai fondateur delà critique scientifique du texte, parce qu'il introduisit dans cette science le critère objectif et historique ».- Griesbach (cf. Curœ in liist. lext.graec. epist. Pauli, dans Opp, acad. t. JI, pp. 7-1 35 ; et A''. T. Prolegom., seci. 3, éd. 2) compte trois familles demanuscrits : i) la famille occidentale, représentée par les anciennes versions latines, les anciens Pères latins, les manuscrits D'* de Cambridge, D Claromontanus, et quelques autres; — 2I la famille alexandrine, représentée par les manuscrits. B, G, L pour les Evangiles, et A, B, G pour les Epifres, par les versions éthiopienne, arménienne, copte, et par les citations de Clément d'Alexandrie, d'Origène, de saint Cyrille, de saint Athanase, etc.; — 3) la famille byzantine, combinaison des deux précédentes. Gettedernière daterait seulement du iv^ siècle, et les deux autres du ii».

(3) Hug admet quatre types distincts : i ) le type du texte non révisé (la jcoivvi É';cS'c<iiç très altérée et très répandue au }ie siècle) ; il y rattache les manuscrits D, i, i3, 69, pour les Evangiles ; D, E* pour les Actes; D*, F^, G"^ pour les Epit.res, ainsi que l'ancienne Itala, la Peschito, les citations de Clément d'Alexandrie et d'Origène; 2) le type du ity.l& révisé par Hésychius ; il y ramène les manuscrits B, C, L pour les Evangiles ; A, B, C, 17, pour les Epîires pdmUiùennes; A,B, G pour les Actes et les Epîtres, catholiques; A, G, pour l'Apocalypse, et les citations de saint Athanase et de saint Cyrille (d Alexandrie; — 3) le type du texte révisé par Lucien ; il y rapporte les manuscrits E, F, G, H, S, V, les verrions gothique et slave, ainsi que les citations de Théophylacte ; — 4) le type du texte révisé par Origène, conservé dans A, K, M et dans les citations de Théodoret et de saint Jean (^hrysostôme. — Voir plus haut , p 267, ce que nous pensons de la prétendue révision du texte par Origène.

(4) Avant Tischendorf et Tregelles.Lachmann (f i85i) et Scholz d" i85'i)avaientessayé de ramener à deux types ou familles tous les mss. du N. T. (cf. iiabatier, Encyciop. cit., p. 53). — Quant à Tischendorf,il admettait (avant la découverte du Sinàiticus) deux familles de mss., comprenant chacune deux types parents : la famille alexandrine et latine, la famille asiatique et byzantine. Ce second groupe renferme les témoins qui seraient les plus éloignés du texte primitif. — Tregelles renonça à une classification arrêtée et précise, tant la chose lui parut difficile.

(5) MM. Westcott et Hort (dans The New Testament, Introd.) distinguent trois types du texte du N. T. : l'occidental, caractérisé par une tendance à l'amplification, et représenté par D pour les Evangiles et les Actes; D* et G pour les Epitres de saint Paul; par la version llala, par les citations de saint Justin, de saint Jrénée et la plupart de celles de Clément d'Alexandrie et d'Origène; — 2) le type alexandrin, pUjs pur el p us concis, représenté seulement par les citations des écrivains d'Alexandrie : Clément, Origène, Didyine, saint Cyrille; — 3) le type neutre, ainsi appelé parce qu'il n'offre point de retouches alexandrines ou occidentales. On le retrouve dans le Valicanus (B) et dans les versions coptes. — MM. Westcott et Hort ont cru découvrir un quatrième type plus récent que les trois autres, le type syrien, représenté par les citations de saint Jean Chrysostome et des Pères syriens du iv* siècle. C'est ce texte qui serait devenu le texte courant pendant le moyen âge, et qu'on aurait réédité, sauf quelques variantes, jusqu'à Griesbach,

(6) Cf. Danko, op. cit., pp. 110-112,

Les premiers sont désig-nés ordinairement par des lettres majuscules — latines, hébraïques ou g-recques (1). Les seconds le sont par des nombres ou par des lettres minuscules.

Parmi ces manuscrits il y en a qui sont bilingues; plusieurs sont des palimpsestes.

Les uns sont complets, et les autres fragmentaires.

Principaux mss. onciaux.

Sinaïiicus,

Alexandrinus,

Valicanus,

Ephremif

Dezae,

7. — Voici quelques-uns des principaux manuscrits onciaiix (2) du Nouveau Testament.

j^ : Sinaïticus^ à Saint-Pétersbourg-, du iv® siècle, trouvé par Tischendorf dans la bibliothèque du couvent de Sainte- Catherine au mont Sinaï, et trois fois édité par lui, 1862, i863, i865. — Complet.

A : Alexandrinus, à Londres, du v° siècle. — Complet à l'exception de Mit., i, i-xxv, 6 ; Jean, vi, 5o-vin, 62 ; // Cor., iv, i3-xu, 6 (3).

B : Vatica?îus, au Vatican, du iv® siècle. — Complet à Texception de Ileô., ix, i4-xni, 25; / et // Tim.; Tit.; Philem.; Apoc. (4).

G : Ephraemi, à Paris, palimpseste, v« siècle. — Fragmentaire.

D : Bezœ. — i) Cantabrigiensis à Cambridge, gréco-latin; il contient les Évang. et les Act. — 2) Claromontamis, à Paris, g-réco-latin ; il contient les Epîtres de saint Paul. L'un et l'autre sont du vi^ siècle (5).

E: \) BasileensiSy à Baie, du vuie siècle; il contient les Evang. — 2) Laudianus, à Oxford, du vi« ou du vue siècle; il contient les Act, — 3) Sangermanensis, à Saint-Pétersbourg-, du ix« siècle; il contient les Epit. de saint Paul.

K : i) Cyprins, à Paris, du ix^ siècle; il contient les Evang. ; — 2) Mosquensis, à Moscou, du ix« siècle ; il contient les Epîtres de saint Paul ; etc., etc. (6).

Manuscriis cursifs. ^ — Lçg manuscrits cursifs sont beaucoup plus nombreux

(i) Ces lettres se répètent pour chacune des l\ séries [Evang., Act. et Epit. calh., Epit. paulin., Apocal.) des livres du N. T., mais elles sont modifiées par une addition qui désigne la série dont il s'agit.

(9) Aux manuscrits onciaux fragmentaires on peut rattacher les lectionnairca (évangé/iaires ou épistolaircs), recueils de passages tirés soit des Evangiles, soK des Epitres ou des Actes, et destinés à être lus aux offices liturgiques. Trochon {Introd , t. I, p. 340 compte, d'après Tischendorf, environ 80 évangéliaires o/iCWWJ'. .

(3) Sur le cod. A, voir Dictionnaire de la Bible (de Vigoureux), t, I, coll. 363-304.

(4) Sur les trois cod. B, N», G, voir Danko, op. cit., pp. 112-11G.

(5) Sur ces cod. voir Diction?!, de la Bible, t. I, coll. 1770-1773, et t. H, coll. 7<jr)-7gG. — Dans la / Cor., le passage xiv, i3-'>îî a été suppléé par un copiste du ixe siècle.

(0) Cf. Gebliardt, Nov. Test. Graece, p. 530. — Sur les manuscrits du Nouveau Testament, voir Gregory-Tischcndorf, N. T., éd. 8, t. 111.

Page 1