‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 121 sur 251 · I.e Textus receptus et la ciili(iue · texte numérisé non relu

I.e Textus receptus et la ciili(iue

L'ocliiioii de I)en<>-el.

7. — Déjà, quelques esprits s'efFrayaieiU de la découverle d'une si grande quantité de variantes. Les inquiétudes redoublèrent, quand la critique tenta de réformer le Textus rece plus.

L'édition du Novum Testamentum graecum (Tubingue, 1734) de Bengel (1087-1782) fut une révolution. Après s'être procuré toutes les éditions imprimées qu'il put trouver, vingtquatre mss. grecs de provenances diverses, et beaucoup de mss. latins, Bengel entreprit de reviser soigneusement le texte sacré. Sa règle était de substituer la leçon la plus obscure à la plus claire, pourvu cependant qu'elle eut été déjà admise dans une édition imprimée. C'est surtout le texte de V Apocalypse, qui fut ainsi corrigé par lui d'après VAlexandrinus,

(]ette innovation n'était qu'un essai.

Wetstcin.

Griesbach.

Editions faites par ce dernier.

8. — Dans la même voie s'engagèrent bientôt Wetstein (1693-1754), et surtout Griesbach (1745-1812), qui le premier tenta une refonte du texte entier du Nouveau Testament. En deux éditions successives (i 774-1775 et i796-i8o6)il revisa le Textus receptus^ et marqua les changements qu'il y faisait par des signes critiques, soit en imprimant avec de plus petits caractères la leçon nouvelle qu'il substituait, soit en insérant au-dessous de la ligne une leçon de pareille ou de moindre valeur, soit en ajoutant un recueil de variantes^ qui permettait au lecteur de faire son choix lui-même. Dans ce travail de reconstitution du texte, Griesbach s'inspira de préférence des versions et des Pères les plus anciens, ainsi que des manuscrits d'Alexandrie, de Palestine et d'Occident.

Le texte édité (2*^ éd. de 1 796- r 806) par ce savant critique a joui d'un grand crédit jusqu'à Tischendorf (i).

La critique de Lachmann.

9. — Au commencement du xix® siècle, Lachmann (179^- 1 85 1 ) inaugura une méthode nouvelle^ — que plusieurs appellent historique, — pour refondre le texte sacré. Convaincu que l'absence de mss. contemporains rendait impossible le rétablissement du texte primitif des apôtres, et s'apercevant, d'ailleurs, que jusque-là les critiques ne basaient leur choix de variantes que sur des hypothèses subjectives et non sur l'histoire, le professeur de Berlin estima qu'il fallait se bornera

lO Dansle même temps, Matfhai (i 744-r8ii),professeur à IVIo«coii, et un peu plus tard le catholique Scholz (i 774-1 852), professeur à Botm, travaillèrent à rétablir le texte des écrits du N. T. unicpjement d'après les manuscrits; ils suivirent les manuscrits byzantins de préférence. Celte voie les ramenait au Texlus receptus.

Son édition du N. T.

reconstituer le texte relativement le plus ancien, par exemple celui de l'époque de saint Jérôme. Pour y parvenir, il résolut de ne consulter que les plus vieux mss. onciaux (A,B,G,D), de recourir ensuite aux plus anciennes versions, — notamment à l'Italique et à la version hiéronymienne, — d'étudier enfin les Pères antérieurs au iv'' siècle, principalement Orij^^ène.

Ces efforts du savant professeur aboutirent à une édition, très remarquable pour le temps, du Nouveau Testament i^rec (i842-i85o). Elle n'est pas néanmoins sans lacunes. Lachmann ne connaissait pas assez les mss. B,C,D;il ignorait Texistence du mss. N, et ne put par suite l'utiliser. Il a eu, en outre, le tort de négliger les principaux mss. cursifs et les versions orientales. Mais il ouvrit la voie à Tischendorf, et à MM. Westcott et Hort.

Travaux critiques de Tischendorf sur IcN. T.

V'alcur de Tischendorf considéré cunune critique.

10. — Tischendorf (i 815-1874) n'a fait, à tout bien considérer, que d'appliquer en grand les principes de critique de Lachmann. Chercheur infatigable et d'une érudition immense, il eut la bonne fortune de découvrir le S'uiaUicus {ï<), et la patience de déchiffrer beaucoup plus de mss. que ses devanciers. A l'aide de ces ressources multiples (mss. du iv^ au ix^ siècle), et à la lumière des versions anciennes et des écrits de la plus haute antiquité ecclésiastique, Tischendorf n'a pas publié moins de vingt-cinq éditions du Nouveau Testament (de i84i à 1872), — dont deux à Paris (i), et vingt-trois à Leipzig. Les premières (i84i, 1842) donnent en substance le texte de Lachmann ; celles qui suivirent tendent au contraire à se rapprocher des Elzévirs; enfin, dans la dernière, — Editio crltica major <S« (1869-1872), dont les prolégomènes ont été ajoutés par Gregory, — Tischendorf semble revenir au texte de Lachmann et de ses premières éditions.

11. — On a exagéré, croyons-nous, le mérite critique de ce savant. Strœhhn lui reproche « son incommensurable vanité, et sa chasse aux honneurs aussi ardente que peu scrupuleuse » (2). Ce qui est certain, c'est que sa sagacité ne paraît pas avoir été à la hauteur de son érudition. Les fluctuations de sa critique trahissent trop l'incertitude de sa méthode, et révèlent que son coup d'œil n'était pas sûr toujours. D'ailleurs, Tis-

(i) L'une (i)iil)lic<'àLei|)ziLC. i^^iO réimprimée à Paris (i 8/, 2) est dédiée à M.Guizot; raulre,[Miblice à Paris clic/ Didol {\\^'\^i), est dédiée ;i iMur AlVre.

(?) cr. VEu'iijclupédieàc Lichleiibcr^er, t. Xll, p. iO(j.

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