‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 122 sur 251 · DIFFICULTÉS DE RESTAURATION DU TEXTE GREC · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE RESTAURATION DU TEXTE GREC

chendorf ne fut pas un esprit original ; il n'a point fondé d'école, et Ton ne peut pas parler d'un texte de Tischendorf comme l'on parle d'un texte de Griesbach et de Lachmann.

WestcoU el Hort.

12. — Tout récemment (1881-1882) deux professeurs de Cambridge, MM. Westcott et Hort, se sont efforcés de reconstituer le Nouveau Testament, tel qu'il dut être dans l'original grec {The New Testament in the original g reek)(^i). Ontils réussi ? Personne n'oserait l'affirmer (2).

Difficultés que présente la restauration du texte du J\. T.

Résultat acquis.

13. — Nous sommes bien convaincu que ce travail de restauration des écrits apostoliques, tels qu'ils furent à l'origine, est loin d'être achevé. Pour arriver à un résultat sûr et définitif ne faudrait-il pas, après être remonté aussi haut que possible dans l'antiquité chrétienne, avoir suivi les modifications du texte dans tous les siècles et dans tous les pays ? C'est dire que la critique « devrait, mieux qu'on ne l'a fait encore, établir l'histoire et la généalogie des mss. grecs, les comparer individuellement entre eux et avec les Pères de l'Église, comme avec les versions ou les lectionnaires auxquels ils correspondent par leur date et leur lieu d'origine. Ce long travail nous paraît à peine ébauché » (3).

Un résultat pourtant demeure acquis à la critique, c'est que le texte byzantin est évincé de sa possession ; il n'aura plus désormais l'autorité qu'on lui reconnaissait autrefois, et quiconque voudra se faire un texte correct du Nouveau Testament devra suivre les principes de saint Jérôme, collationner les plus anciens manuscrits, étudier les versions primitives, et consulter de préférence les Pères anténicéens.

(i) Nous mentionnons seulement les systèmes de restauration du texte qui font époque, ou qui marquent davantage dans l'histoire de la critique du N. T. Mais à ces systèmes fondamentaux se rattachent nombre de recensions ou d'éditions particulières. Ainsi, l'on peut ramener au texte de Griesbach les éditions de Knapp, de Tittmann, de Fritzsche (en partie), etc.; — au texte de Matthai, les éditions de Scholz et de Bloomfield; — au texte de Lachmann, les éditions de Buttmauii, de Loch, etc. ; — aux textes (mélangés) de Griesbach et de Lachmann, les éditions de Treg^elles (^pocal.), de Friedlieb {Synops. des Evang .), etc.; — aux textes (mélangés) de Lachmann et de Tischendorf, les éditions de Theil, de Murait, de Keithmayr,de Hahn, de Tregelles, d'Oscar de Gebhardt, de Branscheid, etc.

Les meilleures éditions catholiques du texte çrec du N, T. sont celles de Scholz (Leipzij;^, i83oi836, 2 vol.); de Reithmayr (Munich, 1847; Ratisbonne, i85i, grec-latin); de Loch (Halisboniie, i8Gx): de Branscheid (Fribourg;. 1898) ; de Hetzenauer (Innsbruck, 1895).

(a) Cf. Cornely, op. cit., p. 33i. — Lachmann lui-même ne croit pas qu'on parvienne jamais à rétablir le véritable texte des apôtres.

(3) Sabalier, dans \'Ency':lopédie de Lichtenberger, t. XH. p. 54.

Sur toutes ces questions voir Reuss, Bihliotheca N. T. graecl; Tischondôrf, N. T., éd. 7, Proleç. pp. Lxxxi-cxx; Gregory, ad Edit. 8'^™ Tischend., pp. 229-334; Westcott and Hort, The N.T.in the original greek, t. 11, append., pp. 1-173.

""'^tMu^ ^^ — C^ 4ui est sûr encore, c'est que le texte actuel du

Nouveau Testament n'est pas un texte corrompu.

Lk texte grec actuel du Nouveau Testament, malgré les

ALTÉRATIONS DE DÉTAILS Qu'lL A SUBIES ET SES INNOMBRABLES variantes, demeure UNE SOURCE AUTHENTIQUE DE LA RÉVÉLATION

ÉCRITE DE Dieu.

Estime qu'eu ont 15- — Ce tcxtc, cu effet, nc diffère point dana V ensemble

i'aile lus ss. Pères. i . ^ i i-», -, ,. . ^ ,

du texte que les Pères et toute la tradition ont connu. Or, la tradition a reg-ardé toujours l'orig^inal grec comme un témoin sûr de la pensée de Dieu. Nous n'en voulons pas d'autre preuve, que cette confiance avec laquelle les Pères de l'Ég-lise latine recouraient aux manuscrits çrecs, soit lorsqu'ils désiraient corriger une version du Nouveau Testament défectueuse, ou choisir entre plusieurs leçons différentes d'un même texte, soit lorsqu'ils combattaient les hérétiques, et réfutaient leurs interprétations mal fondées des Écritures (i).

Le texte grec na 16. — Au surplus, quaud douc les écrits sacrés de la nou-

pas pu être inter- ,. . ,

poié substantielle- vclle alliauce auraicut-ils été interpolés? Avant la mort des

ment. ^ , . . .

apôtres.^ L était impossible. Les apôtres eussent protesté (cf.

1'= hypothèse. . „ ^ ^ ^

Apoc, xxii, 18-19).

2« hypothèse. Aussitôt après leur mort? C'était impossible encore. La mé-

moire des apôtres et le souvenir de leur enseignement restaient trop présents chez tous, pour qu'une tentative d'interpolation quelconque de leurs œuvres ait eu chance de réussir. Les Eglises, d'ailleurs, conservaient les autographes sacrés; déjà des copies fidèles en avaient été faites, partout elles se multipliaient. La fraude ne paraît donc pas avoir été possible.

3= hypothèse. A-t-elIe été plus possible depuis les temps apostoliques jus-

qu'à nos jours? Non. Les Pères, les souverains pontifes, les Docteurs de l'Eglise ont veillé sur le texte sacré, et au besoin en ont défendu l'intégrité contre l'audace des hérétiques. — Ajoutons que, dès le second et le troisième siècles, de nombreuses versions parurent en diverses langues et dans divers j)ays; innombrables aussi furent les copies répandues à travers l'Orient et l'Occident; il y a plus, le Nouveau Testament presque entier passa sous forme de citations dans les œuvres des Pères, fut expliqué et commenté par eux; de sorte que le faus-

(i) Cf. Saint Jérôme, Ad Divnax., l'racf. in Evang.; Ad Lucin., i; Ad S^uini. et Fretel.. " ; saint Ambroise. De Spir. s., 11, 5; Terliillicu, De Mono;/., 11 ; saint Aiij;ustin. De civil. Dei, ib, i3; De docir. christ., 11, 1 1 .

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