PREMIEME PARTIE LES VERSIONS GRECQUES
LEÇOiN PREMIÈRE
La version des Septante. — Ses origines. — Son crédit dans la synagogue
et dans l'Église.
La première place est due à la version des LXX. — Ses différents noms. — Origines de la version des LXX d'après les traditions juives, — Critique de ces traditions. — Quand et où la version des J^XX fut commencée. — Sesauteurs, ses sources, sa langue. — Crédit dont cette version a joui auprès des Juifs et auprès des Chrétiens.
occupe^- irveifi*î)n ^' — Parmi les versions g-recques des saintes Écritures, la
des LXX, version des Septante mérite la première place, — à un double
titre. D'abord, elle est la plus ancienne de toutes (i); ensuite
elle a joui d'un crédit exceptionnel tant auprès des Juifs qu'au-
(i) Aristobule, écrivain juif d'Alexandrie, contemporain de Ptolémée V (Épiphane), 204-181, et de Ptolémée VI (Philométor), 181-1 46, affirme, dans un fraij^ment conservé par Clément d'Alexandrie (Sfrom., 1, cap. 22) et par Eusèbe [Praepar. ey,,xni,i2), qu'une traduction grecque du Pentaleuque aurait été composée antérieurement à celle des LXX. Sur rauthenticité des fragments d'Aristobule,voir Walckenaër, Diatribe de Arislohulo Judaeo. Cette assertion paraît suspecte à tous les critiques. On croit que le philosophe alexandrin a voulu s'autoriser de l'existence d'une prétendue version grecque très ancienne du Ventateuque, pour appuyer mieux sa thèse favorite, savoir que Platon et les philoso[)hes de l'antiquité empruntèrent leur sagesse à Moïse. En tout cas, si la traduction dont parle Aristobule a jamais existé, il faut reconnaître qu'elle était fort incomplète et insuftisante, car il l'oppose à celle des LXX, qu'il dorme comme y; oXyi épjj.cvîîa. -wv S'tà x'/j vo'aou ^avrcov.
près des Chrétiens (i) ». Son apparition fut « un événement religieux et littéraire à la fois » (2).
Ses difrérents noms. 2. — Elle est appelée version des Septante, r^ tîov £5oo;j/r;/ovTa Ypaç-r], — ou simplement ol twv 6, ot 6, LXX, — parce que, suivant une tradition, elle serait l'œuvre de soixante-dix (ou soixante-douze) interprètes. S'il l'on en croit Richard Simon, ce serait plutôt parce qu'elle aurait été approuvée par les (( septante Juges », membres du Sanhédrin de Jérusalem ou d'Alexandrie, au jugement de qui les traducteurs soumirent, prétend-on, leur travail (3).
La version dite des Septante est encore appelée version alexandrine, parce qu'elle fut faite à Alexandrie d'Egypte (4).
Renseignements 3. — Lcs renseignements, quc fournit l'antiquité (5) sur l'o-
fournis T)iirrantiqui- • • i i • i t A7'"V » 1 'V
lé sur les origines de Hgmc dc la A^crsion dcs Laa, sout asscz nombreux, maisbeau-
a version des LXX . -i^i i*x **. uui ' '»'
coup en suspectent, a bon droit peut-être, 1 absolue véracité. Voici les principales données de la tradition à cet égard.
Résumé de ces traditions.
4. — Démétrius de Phalère, bibliothécaire du roi d'Alexandrie, Ptolémée II Philadelphe (284-247), ayant conseillé à son maître de faire traduire en grec les livres de Moïse, le prince, après avoir rendu à la liberté cent mille Juifs que son père ( Ptolémée Lagus) avait emmenés captifs en Egypte, dépêcha Aristée à Jérusalem, vers le grand-prêtre Eléazar, pour lui demander des interprètes. Soixante-douze traducteurs — six par tribus — furent envoyés avec un exemplaire de la Loi. Arrivés à Alexandrie, ces Juifs furent cordialement reçus par le roi. Ils se retirèrent dans l'île de Pharos, où on leur avait préparé soixante-douze cellules (6). Là ils traduisirent, chacun séparément, un fragment du Pentateaçue. Le soir venu.
(i) Voir plus bas, p. 094.
(2) Wo^iir, Histoire de la Bible, p. 1 36.
(3) (^f. HisL. crit. du K. T., livre II, chap. 3, p. 191, tcuèrc Iroiivr (lecr(''dil.
(4) Voir pins bas, pp. aSy-.'iSS
Cette opinion du savant oratorien n'a
Nous avons foiuln lowlrs ces sources eusentblc.
(0) C'est saint Justin [C.nhorl. ad Civaec.,\'i) qui ajoute ce détail