CONTINUÉE PLUS TARD, A DIFFERENTES ÉPOQUES ET PAR DIFFÉRENTS
traducteurs; elle dut être terminée, sinon totalement, AU
MOINS POUR LE PLUS GRAND NOMBRE DES LIVRES, VERS l'aN i3o AVANT JÉSUS-ChRIST.
Le Pentateiiqiie seul fut traduit d'abord.
13. — Il est reconnu aujourd'hui que le Pentateuqiie, — la Loi, voixoq, — fut tout seul traduit d'abord au temps des deux premiers Ptolémées.
Preuves: Nous Ic savous i) par les traditions de l'antiquité, qui sont
1) la tradition ; . i r i , \ y . • • -r , * , •
unanimes la-dessus (2); c est pourquoi saint Jérôme a écrit : « Et Aristeus, et Josephus, et omnis schola Judseorum^ quinque tantum libros Moysis a LXX translatos asserunt » (3). ?) le respect des Nous le coucluons ciicore 2) de ce fait que les Juifs^ aussi bien tatLque! " ^"' ceux d'Eg-ypte que ceux de Palestine, vouaient au Pentateuque un respect plus grand qu'au reste de la Bible ; c'est le Pentateuque qu'ils lisaient de préférence, soit en particulier, soit à la synag-oque {J\). Il est donc vraisemblable qu'ils désirèrent l'avoir le premier traduit à leur usage. — Au moins est-il certain que la traduction des cinq livres de Moïse l'emporte en élégance et en fidélité sur celle des autres livres de TAncien Testament (5).
(i) Cf. Lolsy, Histoire criliqiie des versions de la Bible, P- 'T*
(2) Voiries témoignages de l'antiquité dans Hody, op. ''i^,pp. 15G-171.
(3) hr Ezech., cap. v, 12, i3.
(4) Ci". Hody, op. cit., p. 170.
(5) Des critiques, comme Hody (op. cit., p. 2x7), Franliel, etc., pensent que la version du Pentateuque futi'œuvrede plusieurs, — de cinq, si l'on en croit le traité Soplierim, 1. Ce qui est sur, c'est que certains mots sont rendus dans les divers livres du Pentateuque d'une manière différente. Ci^. Hody, op. cit., iib. 11, cap. 10, n. i54, i56, 167, 175; Graelz, Gesckichle der Juden, t. 111, p. 620. — Quant au nombre de. 72, — six interprètes par tribu. — nous l'abandonnons. Les tribus Israélites, au temps des IHolémées, n'étaient plus distinctes comme par le passé.
LF.ÇONS d'iNT, IQ
2()o LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRLAH!
Les autres livres de AA, — Lcs livrcs autrcs ouc le Pcntateunue furent traduits
l'A.T. furent traduits 1 ^
plus tard et par plu- succcssivemeiit »«?' (Uvei^s miteurs.
sieui's.
Preuve prise des C'cst ce Quc démontrcnt clairement les différences de style et
diil'érentes de style i «^
et de iraduciion. d'interprétation qu'on y rencontre. Comment soutenir, par exemple, que le traducteur des Psaumes et de VEcclésiasfe ait été le même que celui des Proverbes^ la version de ce dernier livre étant littérale, fidèle, et celle de VEcclésiaste et des Psaumes servile, sans art? Comment croire que les livres prophétiques, — Isœie principalement et Daniel^ — soient de la même main que les livres historiques, ceux-ci étant généralement bien traduits, et ceux-là l'étant mal? Il y a plus; la même locution a été comprise et rendue dilî'éremment par celui-ci et par celui-là. On le constate surtout pour certains mots difficiles. Ainsi, l'expression Jahve Sabaoth a été très diversement interprétée. Dans Isaïe et dans le P^" des Bois, le traducteur s'est contenté de transcrire Kùpioq 2La6aa)0 ; dans JeVemîe, il passe le mot Sabaoth; dans les petits Prophètes et les Pat^a/ipomènes, il le rend par 7:avTC7.paT0)p,et dans les Psauînes par (Kôp'.o;) tuw Suvài/swv. Dans les trois derniers livres des Rois on lit tantôt 7:avT07.paT0)p, tantôt Kupioç twv cjva-j.swv (i).
Ces divergences révèlent que la version des LXX ne fut point l'œuvre d'un seul homme, ni même d'un groupe d'interprètes qui se concertèrent. Nous admettons donc que plusieurs y ont travaillé isolément, et à des époques successives.
Ce que nous sa- ±^ — H est difficile de déterminer ces époques (2). Une
vous de l'époque de , il , . . , ,
ces traductions suc- cliose paraît ccrtaïue, c est que, dans le temps ou vivait! auteur
CCSSIVCS
du prologue de V Ecclésiastique (vers l'an i3o avant Jésus- Christ), les livres dont se composent les deux premières parties du Canon hébreu : la Loi et les Prophètes (3), ainsi que les principaux Ilagiographes : Psaumes, Proverbes, Job (4), étaient traduits déjà (5). Mais nous ne savons rien de très certain touchant l'époque où furent composées les versions des autres livres du Canon palestinien, et celles des livres et fragments deutérocanoniques, écrits en araméen ou en hébreu (6).
1) Pour plus (le dcîlails, voir Hody, o;j. c»7., pp. ^o/j-aiO. . t, , . . ,
2) Wo"-iié.apn's Eicliliorn, pense (pae Josué tut traduit vini^t ans apros la mort de Ptoicmcc Lairus. I vers ^fiA'Vl l'jsfhcr ycvs i()0,sous IMoléméePliilouictor. Les l^rop/iè/es l'auraient été vers le iiicuie ips, sinon'plus lard encore. Cf. His/.de la Bible, p. i/(i.
3) Cf. Prolog. Ecrli. . , ,,n ;. • ,•
/j) Ces trois ha^iouraplics soni, en cHol, signales dans le livre de 1 hrclésiaslujifc. a) Est/ier Vcliiil éL^alenient . Cf. Ksl/icr, xi, i.