‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 127 sur 251 · LES AUTEURS DE LA VERSION DES LXX · texte numérisé non relu

LES AUTEURS DE LA VERSION DES LXX

4' assertion: ^Q LeS AUTEURS DE LA VERSION DES LXX ÉTAIENT DES

Les autours de la Juipg d'ÉgYPTE ET NON DE PALESTINE I ILS TRADUISIRENT IMMÉ-

irsion et leurs -^

DIATEMENT SUR DES MANUSCRITS HEBREUX, APPORTES PROBABLE- MENT DE Jérusalem.

version sources.

Les auteurs étaient des Juifs d'Égijpte.

17. — Que la version des LXX soit l'œuvre de Juifs orig maires d'Egypte^ ou du moins habitant ce pays depuis un assez long temps, c'est ce que maintes particularités de la traduction permettent de supposer.

Preuves. Eu cffct, Ics interprètes, même ceux [ou celui] du Penta-

teuque, se sont servis d'un g-rec qui n'était autre que le dialecte macédonien parlé à Alexandrie. C'est encore le syncrétisme alexandrin qui se trahit dans la manière, dont ils ont accommodé l'hébreu aux idées hellénistiques (i). Ils paraissent, en outre, très au courant des us et coutumes de l'Ég-ypte ptolémaïque ; on le voit aux provincialismes de leur style, et à l'emploi qu'ils font de certains mots d'origine égyptienne, tels que Ihi^ {Lev., XI, 7), o?9': (Nomô., xxviii, 5; Jug., vi, 19), à'xei ou à'xt (Gen., XLi, 2, 18), etc. (2). — Gomment, du reste, auraiton pu trouver en Palestine, surtout dans la première moitié du 111° siècle, des Juifs capables de faire une bonne version grecque de l'hébreu?

Il y a donc vraisemblance que les auteurs de la traduction étaient tous, ou la plupart au moins, soit originaires d'Egypte, soit domiciliés dans ce pays»

Ils traduisirent ig. — l\s U'adiimTent immédiatement SUT VoTiginHÏ. rhébreu, Personne n admet plus, en effet, 1 opinion de lycliseil^

d'après laquelle les LXX auraient simplement transcrit le Pentateuque en caractères grecs. Eichhorn observe très justement qu'une transcription grecque de la Bible hébraïque, à cette époque, ne pouvait servir niauxPtolémées, qui ne comprenaient pas l'hébreu ; ni aux Égyptiens, dont l'idiome avait si peu de rapport avec celui de l'Ancien Testament; ni aux Juifs, à qui une pareille copie, loin de faciliter l'intelligence du texte sacré, l'aurait rendue plus difficile. S'ils étaient incapables de lire l'hébreu, comment l'eussent-ils compris à travers des caractères grecs qui le défiguraient plus ou moins (3) ?

(r) Voir plus bas. pp. 3og, ss. , ^ ,. . ai j a- , ,«

(2) Cf. Hody, op. cit., pp. 112-121; Thlersch, De Pentaieuclii versione Alexand., pp. Oj 110,

(3) Cf. Eichhorn, Einleit., § 182.

ef non sur des para- ^9, — Qn Ti admct pas clavanta^'e, au ourd Iiui, que les LXX

phrases chaldaïques. ^ 1 1 i 1 - / \ r^ i

aient travaille sur des paraphrases chaldaïques (i). (Quelques critiques ont cru pouvoir expliquer mieux par là comment le grec s'écarte si souvent de Thébreu traditionnel. — Mais cette opinion est inacceptable, car (( la version alexandrine, au moins celle du Pentateugiie, dit Wog-ué, est antérieure de plus de deux siècles aux plus anciens Targums » (2).

Ils iradiiisireni sur 20. — Lcs LXX traduisircut sur des manuscrits hébreux.

des niss. hébi'eii.r, .

Beaucoup (3) prétendent qu ils se servirent d un exemplaire

et non sur le Penla- iv/r ••T-ii»*'i

touque samaritain, cly PentateucfUB Samaritain. De tait, ir existe une assez grande conformité entre le Pentateugue samaritain et le Pentateuque grec.

Mais, cette hypothèse admise, il est difficile de comprendre que les Juifs d'Egypte, etsurtout, ceuxde Palestine, aient eu tant de respect pour une traduction faite sur un exemplaire des Samaritains, leurs séculaires ennemis. D'ailleurs, le Pentateugue grec s'écarte fréquemment du texte samaritain. Quant aux rapports de conformité qui existent entre ce dernier et les LXX, nous pensons qu'ils sont dus à des causes d'ordre différent (4). Conclusion. L'opiiiiou la plus vraisemblable est donc que les traducteurs

grecs, principalement ceux des cinq livres mosaïques, se servirent de manuscrits hébreux qui n'étaient évidemment point ponctués. Nous admettons, avec M. Loisy (5), que, pour un certain nombre de livres, les caractères de ces manuscrits se rapprochaient assez de l'ancien type d'écriture, tandis que, pour d'autres livres, ils devaient être plus conformes au type araméen des siècles voisins de l'ère chrétienne. En tout cas, ces manuscrits, qui furent aux mains des LXX, différaient en nombre d'endroits du texte massorétique. De là les dilférences qui existent entre la version grecque et l'hébreu actuel.

iNtradnisironisiir 21. — Enfiu, il cst prob&blc quc le manuscrit, au moins

un MIS. vvnu dK.lé- i • i »» i i i t Ar-tr i • •

rimoo.m. celui du Pentatcugue, sur lequel les LXX traduisirent, avait

été apporté de Jérusalem. Ce n'est pas que les Juifs d'Egypte n'eussent point alors des exemplaires des livres sacrés; mais Jérusalem était le centre de la religion, le foyer de la pure doc-

(i) Ce fut la iIk'SC d'Azarias {\ç: Riibéis dans □^3">j 1*1X*2, P- n, <"ai). '). — Voir quelquesuns de ses argiiinenls dans Fabricv, op. cit., f. I, pp. 207-'>io, note. (r?) Woîçué, o;>. cit., p. i/jf). (3) \Voi;ué, Hmston, clc. parmi les modernes.

(/j) Voir à ce sujet les judicieuses reniar{pies de Fabricv, o;). cil., t. 1, pp. n.'ifi-'îr).?, noie. (5) 0/» cit., p. '>8. — ("f. Saint Jérôme, Prolof/. f/ulcat.

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