‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 128 sur 251 · L'IDIOME DES LXX ; CRI-]!)!! DE LEUR VERSION · texte numérisé non relu

L'IDIOME DES LXX ; CRI-]!)!! DE LEUR VERSION

Irine, et la synag-og-ue alexandrinc dut, ce semble, tenir beaucoup à ce que les livres mosaïques, qui contribuaient le plus au maintien de la foi et des rites, fussent traduits sur un manuscrit venu de la cité sainte.

5- asseilion: 22. La LANGUE DE LA VERSION DES LXX EST UNE VxVRIÉtÉ

La langue dos LXX. ALEXANDRINE DU GREC POST-CLASSIQUE HÉBRAÏSANT.

Cette langue se 23. — Nous avous dit aillcurs ce qu'il faut entendre par le

rattache au grec i • i i

post-classique hé- ^rcc post-classiquc hébraïsant (i). G est évidemment dans cet Idiome mélange que les LXX composèrent leur traduction, dont la phraséologie se rapproche tant de celle du Nouveau Testament. Au fait, les LXX devaient mettre en g-rec ce qui avait été pensé et écrit en hébreu, — comme les évang-élistes et les apôtres rendaient en grec ce qu'ils pensaient eux-mêmes en araméen, ou ce qu'ils tenaient de sources araméennes. Ils étaient donc soumis les uns et les autres aux mêmes influences contraires de riiébreu et du grec. Dès lors, les hébraïsmes et les constructions hébraïsantes ne pouvaient pas ne point être identiques ou analog^ues chez tous, et ils le sont en réalité (2).

Le grec hébiaiv 24. — Néaumolus, Ic grcc hébraïsant des LXX représente

sant des LXX a sa -^fTi i i •/// 7 ' !••

physionomie spécia- uiic varictc dialcctale, — la variété alexandrine, — distincte

le. .

de celle qu'offre le grec du Nouveau Testament.

Ce qui caractérise le grec des LXX, c'est i) un nombre plus considérable d'hébraïsmes; — 2) une plus grand rudesse des formes; — 3) la présence de certains termes d'origine égyptienne (3).

Crédit de la ver- 25. — Dès SOU apparition, la version des LXX jouit d'un

sion des LXX chez . ,,. , , tt»iii/* t-iiip i • t

les Juits hellénistes, immcusc crcdit clicz Ics Juiis hellcnistes . Llle tut substituée au texte original; on la lisait à la synagogue après le texte hébreu; on la disait même inspirée (4).

et chez les Juifs de Ghcz Ics Juifs dc Palcstiiie, cllc fut aussi en honneur. Il ne paraît pas cependant qu'on s'en soit servi pour les lectures publiques, sauf dans quelques synagogues de Jérusalem, — dans celles des Gyrénéens, des Alexandrins, etc. (Act.^ vi, 9); mais tous la connaissaient certainement, et beaucoup devaient la

(i) Voir plus haut pp 253, ss.

(2) Cf. Viteâii, 0]}. cil. p xxxvn,

(3) Voir plus haut, p. 291 .

il\) Cf. Philon, De vila Moysis, ii, 5, 7. — Voir la P. Méchiueau, Éludes, octobre 1892^ pp, 276-

lire. Ce qui est sûr, c'est i) que Josèphe emploie volontiers les LXX de préférence à l'hébreu, — et v) que les apôtres citent assez souvent rAncien Testament d'après cette version, même dans les passages où elle se sépare de l'original (i).

ouand la version 26. — Mais à partir du jour où la Bihle des LXX devint

des LXX tomba dans » i* i>/ t • r-r» • ii i i> a • rri ?

le discicdii chez les pour l liglisc i cditioii oiiiciclle dc 1 Ancien lestament, c est-a-

Juifs.

dire vers la fin du premier siècle de notre ère, les Juifs la prirent en haine, et l'abandonnèrent. On ne lui pardonna pas les divergences qu'elle offrait avec l'hébreu massorétique ; on s'irrita surtout de voir les Chrétiens s'autoriser d'elle pour réfuter les interprétations de la synagogue. Un Juif, Aquila, entreprit au ii'^ siècle une traduction nouvelle qui devait remplacer celle des LXX.

Crédit des LXX chez 27. — Par coutrc, ccttc dcmière vit alors son prestige et son crédit grandir de plus en plus au sein de l'Eglise. Le monde chrétien, à l'origine, se servait d'elle à peu près universellement et exclusivement, dans la liturgie, dans les catéchèses, dans la lecture privée (2). Les Pères apostoliques et les grands apologistes du second siècle la citaient volontiers (3). Elle tint lieu de l'hébreu original en Occident, jusqu'à l'apparition de VItala,ei encore celle-ci ne détrôna-t-elle point la version grecque tout de suite, ni partout. — C'est, du reste, la traduction des LXX, qui fut la source presque imique d'où les autres versions chrétiennes dérivèrent (4). Les Grecs l'ont conservée en partie et la lisent encore présentement. Saint Jérôme a donc eu raison d'écrire d'elle : « Nascentis Ecclesiœ roboraverat fidem » (5).

(1) Voir des exemples dans Hody. op. cit., pp. 2G0-275. Cf. Masscbieau, Exameii des citât, de l'Ane. Test, dans s. Matthieu. — Richard Simon, le P. Morin. et d'autres après eux ont (wag^éré le nombre des citations empruntées aux LXX. Voir là-dessus Fabricy, op. cit., t. 1, pp. 278, ss.

(2) Pour Daniel, on substitua aux LXX — de fort bonne heure, ce semble, — la version de Théodotion. On dut parfois lire aussi et comparer les traductions de Symmaque et d'Aquila (cf. Egger, /oc. cil.f p iô^\ Les communautés syriennes faisaient usage de la Peschito.

(3) Cf. Hody, op. cit. y pp. 277-284.

(4) Cf. Saint Augustin, De civil. Dei, lib. xvm, cap. 43.

(5) Praef. in Parai. , I.

LEÇON DEUXIÈME

Histoire du texte manuscrit de la version des LXX.

Les trois périodes de l'histoire du texte manuscrit des LXX. — La période antérieure à Ori^ène. — La période hexaplaire; les Hexaples. — Origine et physionomie des Hexaples. — La critique d'Origène sur le texte des LXX. — Appréciation des travaux critiques d'Origènc; leur crédit dans rEs,lise. — La période des recensions de Lucien et d'Hésychius. — La recension de Lucien; sa valeur, son crédit. — La recension d'Hésychius. — Le texte manuscrit des LXX, postérieurement au iv* s. — Principaux manuscrits des LXX.

Trois périodes ^ — L'iiistolre du texte manuscrit de la version des LXX

dans 1 liisloire du

tcxie manuscrit des ^ç.^^\^ ^trc diviséc 611 trois périodcs : la période de la Koivyj (sxooo-iç) (i) ; la période du texte hexaplaire, ou origénien ; la période des recensions de Lucien et d'Hésychius.

^^^'"'^période.''* ^' 2. — La première période, — dite de la Ko'.vy), — s'étend depuis le commencement de notre ère jusqu'à l'époque d'Ori-

Vicissitudes du texte

gène.

'des LXX. '^"^ Au cours de cette période, le texte des LXX, copié et recopié maintes fois par les Juifs et surtout par les Chrétiens, subit de fort nombreuses altérations. Grabe en a constaté déjà dans les écrits de Philon {•2). On en découvre également dans les citations du Nouveau Testament, dans les citations des Pères apostoliques et de saint Justin. Chaque jour, ces variantes s'accrurent davantage.

Causes des variantes.

3. — Leur multiplicité s'explique par différentes causes. i) La négligence des copistes ; — 2) le grand nombre d'autres traductions qui parurent alors, et dont les leçons diverses furent insérées, intentionnellement ou non, dans le texte alexandrin; — 3) les corrections volontaires. Entraînés par les

,(i) On désigne ainsi le texte des LXX plus ou moins gravement altéré, tel qu'il existait partout dans l'Eglise avant Origène. (^f. Saint Jérôme, Ad Sunniam et Fret., n. 2, (2) De vitiis LXX anfe Orlgenls œviim illatis, pp. 3-io.

exigences de la controverse, les Chrétiens tentèrent de remédier au défaut de clarté ou d'exactitude, que présentait la version grecque en beaucoup de passages (i); mais ces retouches ne furent pas heureuses toujours, et le remède devint parfois pire que le mal. Origène s'en plaignait vivement : IIoaay; Ysvôvsv Ti Twv àvTiYpàowv otaoopà (2). Aussi entreprit-il de démêler cette confusion.

La pi' ri ode hexaplaire.

4. — A ce moment commence la seconde période de l'histoire du texte manuscrit des LXX.

Cette période est dite hexaplaire^ ou origénienne, parce que la recension de la version des LXX qui parut à cette époque fut faite par Origène, et par lui insérée dans ses Hexaples.

Ce quéiaicui les 5. — Lcs Hcxaplcs — là 'E^aûXa, les six (textes) — étaient

exape^. ^^^^ vastc recucil (3), où le célèbre Alexandrin rangea quatre

versions grecques de TAncien Testatement, vis-à-vis les unes

des autres, et en regard du texte original transcrit avec des

caractères hébraïques et grecs.

^. . . Chaque pa^e était donc divisée en six colonnes i-o £;a7éX'.oov) .

Disposition intcneu- . .

le des Hexaples. La i'^ coutcnait Ic tcxtc hébrcu en hébreu ; — la 2^ offrait une transcription du texte hébreu en caractères //rec^; — la 3* renfermait la version d'Aquila, la plus littérale des traductions alors existantes (4) ; — la 4*^ présentait la version de Symmaque ; — dans la 5e se trouvait la version des LXX; — et dans la 6*^ celle de Théodotion (5).

Où ei quand les 6. — Commcucé peut-ctrc à xVlexandrie avant Tannée 232,

Hexaples furent en- ,. ^'iii i i.*

iiepiis et achevés, cct immcusc travail, « la plus grande œuvre de patience qui ait jamais été entreprise par un homme » (6), fut achevé à Cé-

(0 Ils ajoutèrent même ici el là au texte des gloses explicatives: telle la glose mentionnée par saint Justin f/lf/y. Tri/ph., n. 7^) sur le v. 10 du psaume 96. Voir Agelli, Comm. in h. l.

(2) Comm. in Malt., t. XV. — Voir Méchineau, La critique biblique au III* siècle, dans les Éludes, octobre i 891.

(3) B. de Monllaucon (Praeliminavia ad flexapl. Orig., cap. xi, | 1) estime que les Hexaples écrits en caractères onciaux, scion l'usage du temps pour les textes bibliques, n'ont pas dû demander moins de cinquante \'o\nmQ'> in-l'olio.

'4) On croit, en eftet, qu'Origcne rangea les versions grecques d'après le degré de leurs diflcrences avec l'original. Voir cependant saint Épipbane, De ponder. et mens., 19.

(5) l'oiir certains livres de la lîible, Origène ajouta deux et même trois colonnes supplémentaires, où il inséra des versions !;rec(pies anonymes, et (pi'il désiicna simplement sous le nom de cittquïeme, sixiëyn^, septième. Les nexa|)les devinrent alors des Octaples (o/.Ta-Xâ) et des Enneaples (àvvcaTiXà). Cf. Eusèbc, Ilist. eccl., vi, iG; saint Jérôme, De oir. ill., 54; In Ht., m, 3; lu Uab. 11, II

(6) Frei)pel, Oriqène, t. 11, p. i2j.

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