‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 130 sur 251 · Ces imperfections de détail n'empêchèrent pas la re · texte numérisé non relu

Ces imperfections de détail n'empêchèrent pas la re

cension des LXX . ijr\ • > i5** -it i • -i mS

dorigènc au m» et ceusiou o. Urigcnc d ctrc accueilue avec enthousiasme dans 1 Eghse. Dès la fin du iii^ siècle et dans la première moitié du iv®, le prêtre Pamphile, et Eusèbe de Césarée, en publièrent à part et en répandirent un grand nombre de copies. Saint Jérôme

^ assure que les manuscrits de cette famille obtinrent une grande

faveur chez les chrétiens de Palestine (2). Pour sa part, il les utilisa et ainsi les fit connaître en Occident. Grâce à lui l'Église latine bénéficia, comme les Églises d'Orient, des résultats critiques obtenus par le grand docteur Alexandrin.

Larecensionhexa- 13. — Mais iiu dcmi-siècle s'était à peine écoulé depuis la

plaire s'altéra vite. , Tyr\ • > i /-^ i i • u /#

mort d Urigene, que deja le besoin dune nouvelle recension des LXX se fit sentir. De nombreuses et assez graves altérations défiguraient le texte hexaplaire. Saint Jérôme en témoigne : « Scriptorum negligentia, dit-il, virgulis et asteriscis subtractis, distinctio universa confunditur » (3). Or, deux

Lucien •' •

et Hésychius. écHvains du temps, le prêtre Lucien de Samosate (f 8x2) (4), etFévêque égyptien Hésychius, son contemporain, reprirent en sous-œuvre le travail critique d'Origène sur les LXX.

A ce moment s'ouvre la troisième période de l'histoire du texte manuscrit de la version alexandrine.

La recension de Lucien.

14. — Lucien basa sa recensions non sur le texte des Hexaples, — qu'il dut néanmoins probablement connaître (5); -" mais sur le texte de l'édition y.oivY], qu'il se proposa, à l'exemple d'Origène, de rendre aussi conforme que possible à l'hébreu. Or, ses instruments de critique furent i) les versions

(i) Cf. Praef. in Paralip. — Le P. Mcchineau montre bien (lac. cit., pp. 427-430) quelle fut la véritable pensée de saiat Jérôme sur la valeur des travaux hexaplaires d'Orijçène. ('^)C{. Apolog. adv. iibr. Rufim,\\h. H, n. 27.

(3) Ad Sunn. et Fretet.. n. 22.

(4) Sur Lucien, voir tiusèbe, Uist. eccL, lib. VII, capp. 29, 82,

(5) Cf. Méchineau, loc. cit., pp. 44>'^-444'

3oo LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

d'Aquila, de Symmaque, de Théodotion, qu'il utilisa d'après les meilleurs manuscrits de l'époque, et 2) — de préférence à tout le reste, — l'original, hebraïca oerilas (1).

C'est donc en s'éclairant principalement du texte primitif, que Lucien se permit d'apporter à la y.otvY) £y.oo7'.ç des LXX plusieurs modifications assez considérables pour que certains (2) aient cru que l'édition lucianique était moins une revision qu'une version véritable et indépendante.

Caractère de u 15. — Eu réalité, Ics LXX de Lucien s'éloignent notablement des LXX de l'édition commune (3). Néanmoins, le prêtre de

cien.

Critique de. In receiision lucianique par s. Jérôme.

Samosate n'a pas composé une traduction nouvelle, il a corrigé seulement l'ancienne /.o'.vy], tout en se montrant plus hardi que le Maître du Didascalée, soit dans ses additions au texte alexandrin, soit dans ses suppressions et substitutions de mots, de phrases, soit enfin dans sa manière d'introduire ces changements sans les marquer, ordinairement du moins (4), d'un obele ni d'un astérisrjue.

Crédit de la recen- 16. — La reccnsion de Lucien paraît avoir été officielle-

sioB de J-ucien. , , i t'-' i • in* i /-^ • i

ment adoptée par les Lglises de Syrie et de Constantmople; saint Jérôme l'atteste (5). — Comment expliquer pourtant cette appréciation sévère du saint Docteur : « Codices a Luciano nuncupatos paucorum hominum asserit perversa contentio; quibus utique nec in loto Veteri Instrumento post Septuaginta interprètes emendare quid licuit, nec in Novo profuit emendasse » (f»)? Nous pensons, avec Fabricy (7), que saint Jérôme Comment expii- était pcu Satisfait de l'édition de Lucien, parce qu'elle ne présentait point les signes critiques d'Origène, et qu'on n'y voyait point clairement, comme dans les Hexaples, ce qui appartenait à la fois aux LXX et à l'hébreu, ce qui était ajouté, ce qui était supprimé. On en vint donc à rétablir ces signes ingénieux dans la plupart des exemplaires lucianiques, mais non dans tous; des particuliers dédaignèrent de se conformer à l'usage général. C'est contre l'obstination de ceux-là que saint Jérôme proteste (8).

(i) Cf. Euthyinius Zi^ab., Proo'.m. Conim. in psal. — Voir aussi Suidas s. v., A'.'jx.iavo'ç.

(2) Suidas, par exemple. Nicelas, etc.

(3) Voir Field, op. cit., pp. lxxxix — xc.

{l\) Cf. Kield, op. cit., p. xr.i ; Méchiiicau, Éludes, mars i8(j.^, j)p. 442-443. (b) Apolo;/. adv . lih. Hujini, lih. ii, iv 27.

(6) Prie f^ in Ev., ad Durnaswn.

(7) Op. cil., t. II. p. 5(i, noie.

(8) Voir une autre cxplicaliou probable du P. Mcchineau dans \cs Éludes, i5 ocl. i8y5, pp.2i5-ai6.

quer le s. Docteur.

TERRITOIRES DES TROIS RECENSIONS DES LXX AU IV« S. 3oi

Ce ((nètait la rc- 17. — Ouant à la recension d'IIésychiiis, nous ne savons

censioii dU'isychiMs. i .^ • n • ti i

pas trop bien en quoi elle consista. 11 y a cependant toute prohabilité qu'elle ressemblait assez à celle de Lucien; c'était une revision, faite sur l'hébreu, d'un texte des LXX qui différait des textes d'Antioche et de Césarée (i).

Territoires des 18. — Douc, au iv^ sièclc, trois receusious distinctes de la

trojy^ecensions des ,,^^,^1^^, jgg LXX furcut cn usagc daus TÉ-lise d'Orient.

i) L'édition hexaplaire, qui représentait le texte corrig-é par Orig-ène, et publié par saint Pampliile et Eusèbe ; cette édition se répandit principalement en Palestine. — 2) L'édition de Lucien, qui représentait le texte de la xoivy) ÏY.ooaiç corrig-é et refondu ; cette édition avait cours à Constantinople et dans les Eglises de Syrie. — 3) L'édition d'Hésychius, qui représentait également le texte des LXX primitif, révisé et modifié d'après l'hébreu et les anciennes versions; ce fut l'édition préférée des communautés chrétiennes d'Egypte (2).

19. — Certes, il s'en faut qu'à partir du iv® siècle le texte de ces recensions parallèles ait été conservé dans son intég-rité et sa pureté. Avec le temps et par la néglig-ence des copistes, les trois éditions se mélangèrent plus ou moins. Si l'on examine de près les manuscrits actuellement connus des LXX, « il en est très peu, dit Loisy, qui offrent sans mélange, soit le texte hexaplaire, soit celui de Lucien ou celui d'Hésychius » (3). Néanmoins l'influence de la recension hexaplaire semble avoir été prépondérante (4).

Inutile d'ajouter que le texte des LXX subit encore pendant le cours des âges nombre d'autres altérations, volontaires ou involontaires, de la part des transcripteurs.

Deux 20. — Les manuscrits des LXX forment, comme ceux du

catégories de niss. ^i

des LXX: Nouvcau Tcstameut, deux séries : les manuscrits onctaux et

4) les onciaux;

les manuscrits cursifs.

Les onciaux, au nombre d'une cinquantaine environ, ne

(i) Cf. Méchineau, loc. clL, p. 44*5.

(2) Cf. S. Jérôme, Prol. galeat. — Voir Mécliineau, loc. cit., pp. 447-448.

(3) Op. cit., p. 5i.

(4) Il faut remarquer toutefois qu'aucua manuscrit complet de l'Ane. Test. n'ofFre le texte hexaplaire dans la forme que lui donna Origène, et que conservèrent Pamphile et Eusèbe. Quelques manuscrits onciaux fragmentaires sont pourvus des signes diacritiques d'Origène(le Sarravianus ■=^ Octateuque. le Marc/ialianus ou Claromontanus = Pvophèles] ; és:alement plusieurs manuscrits cursifs portent encore ces signes (le Barberinus =^ Prophètes, le Chisianus = quatre grands Prophètes), etc. ; mais dans ces manuscrits où on les trouve, les signes diacritiques varient de place, et ne sont pas tous reproduits avec le même soin. Cf Méchineau, Études, mars 1895, pp. 43o-43i.

3o2 LEÇONS D'INTUODUCTION GI^N|':RALE

sont ni antérieurs au iv° siècle ni postérieurs au x^ Il n'y en a que trois qui contiennent la A^rsion grecque presque en entier, — savoir, le Vaticanus (B) (i), le Stnaïticus (n) et VAlexandrinus (A). Les deux premiers sont du iv^ siècle, le troisième est du v^ (2).

Les autres manuscrits onciaux sont fragmentaires. Le plus célèbre est le palimpseste de saint Éphrem (C). — Le manuscrit Fragmenta papyracea (à Londres) des Psaumes X, 2-XVIIÏ, 6; XX, 14-XXXIV, 6, édité par Tischendorf (3) passe, aux yeux de plusieurs (4), pour le plus ancien des LXX et de toute la Bible, mais son âge a été contesté par d'autres (5) , qui le font dater seulement du vii^ siècle. 1) les cursifs. Lcs mauuscnts cursifs sont très nombreux; on en connaît

plus de 3oo. La plupart sont fragmentaires. — On a découvert aussi près de quatre-vingts lectionnaires.

(?) On croit que le manuscrit B offre dans Venscmhle le même texte que les manuscrits dont Origcne se servit pour sa recension iiexaplaire, (pioiqu'il n'appartienne point à cette reccnsion. — Dans notre siècle le cardinal JNIaï a préparé une édition du Vallcanus publiée en 1807 ; Vercellone et Cozza l'ont amélioré encore et publié de nouveau, ]8G8-]88i.

(2) Voir leur description dans Loisy, op. cit. .pp. 5o-G2.

(3) Dans Moniimenta ."acra inedita, I.

[l^) Tischendorf, Cornely, etc.

(5) Swete, par exemple .

LEÇON TROISIÈME Histoire du texte imprimé de la version des LXX.

Les deux périodes de l'histoire du texte imprimé des LXX. —Éditions de la première période. — Éditions d'Alcala, d'Aide Manuce, de Sixte V, de Grabe ; leur valeur et leurs sources. — J^ditions de la seconde période. — Éditions de Holmes-Parsons, de Tischendorf, de Swetc, de P. de Lag-arde. — Réflexions sur la critique verbale des LXX.

Deux périodes ^ — L'iiistolr? du tcxtc Imprimé des LXX s'ouvre avec le

(inns 1 histoire ou >-

LXX '"'^'"''"'^ ^^^ commencement Ju xvi® siècle, — époque à laquelle parut la polyglotte d'Alcala.

On subdivise cette histoire en deux périodes : la période des éditions antérieures au xix^ siècle, et la période des éditions récentes.

Les éditions de la 1"= période:

1) édition d'Alcala ;

2) édition d'Aide ;

2. — Les principales éditions des LXX, antérieures au xix^ siècle, sont au nombre de quatre,

3. — i) L'édition d'Alcala, insérée dans la célèbre polyglotte de ce nom, et terminée en iBry.

Les sources de cette édition furent d'anciens manuscrits cursifs, envoyés de Rome par Léon X. Nous en connaissons deux qui sont encore au Vatican, le 33o et le 346, du xiv° et du XIII® siècle.

L'édition d'Alcala représente surtout et à peu près la recension de Lucien (i). Son texte a été reproduit dans les polyglottes d'Anvers, de Paris, et plus récemment dans la Polyglotten- Bibel de Stier et Theile.

4. — 2) L'édition d'Aide Manuce {Atdina) parue à Venise en i5i8.

Ses sources furent, au dire de l'éditeur, de très anciens manuscrits parmi lesquels se trouvaient, à ce qu'il semble, les mss.29et 122 (de Holmes-Parsons), et peut-être aussi une copie du codex Venetus de Bessarion (manuscrit 68 de Holmes).

(i) Loisy, op. cit., p. GG,

3o4 LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE

Son texte s'éloig-ne assez de celui d'Alcala, et se rapproche davanta^îe du texte de la Sixtine.

SCS auteurs,

3j édition Sixtine; 5, — 3") L'édïtiou dc Sixtc V (Sixdna) publiée en 1687; c'est le texte reçu de la Bible des LXX. ses sources, Seg sourccs furcnt a) le Vatlcanus (B); fj) le Venetus Des-

s arionis(vuv ou ix'^ siècle, oncial); c) un manuscrit du cardinal CarafTa (au Vatican, n° i238, fonds grec), et cl) divers manuscrits de la bibliothèque Médicis à Florence.

La préparation de cette édition fut confiée aux critiques les plus éminenls de l'époque; c'étaient Carafï'a, Lœlius, Fulvius, Ursinus, Açelli, Bellarmin, Pierre Morin, le docteur espag^nol Valverde, l'anglais Guillaume Alan,Turrianus,Ciaconi, etc.(i). L'édition ne parut qu'en loSy, la deuxième année du pontificat de Sixte V.

son texte, Q — ^^ tcxtc dc la Sixtiue représente principalement la

recension du Vatica?ius (B)', mais retouchée et modifiée en maints passages. — Il est divisé en chapitres, à la fin desquels se trouvent des variantes empruntées aux versions hexaplaires. Mais la distinction des versets manque ; celle des chapitres est marquée. Les noms propres, au début des chapitres ou des phrases, ne commencent point par une lettre majuscule. valeur ^ ^^^^ cousidércr, le texte de la Sixtine, devenu officiel

dans l'Église, reste encore le meilleur que nous ayons; aussi a-t-il été réimprimé maintes fois depuis le xvi® siècle. Walton l'a reproduit dans sa polyglotte avec des variantes de YAlexaiidrinus. Les éditions récentes des LXX le reproduises réimpressions; ggi^^ également, commc ccllcs de IIolmes-Parsons,de Van Ess, de l'abbé Jager (qui Ta accompagné de la version latine de Flaminius Nobilius), de Loch, de Tischendorf, etc.

4) édition (le r.rahe. '7. — 4) L'éditioii dc Grabc {Grabiatia), publiée à Oxford (1707-1720).

La source principale de cette édition fut VAlexandritves (A), complété au besoin par le texte des éditions de Ximénès et de Sixte V. — Elle a été reproduite [)ar Breitinger, Reincccius et Field, qui l'a revisée d'après VAiexandrinus,

(i) Cf. l'ngarclli, Correclion du la Vulnale, dans les Anah'cla, année 18')'), col. 1320; Vcrcclloue. Variœ leclioneit, t. 1, pp. xn-xxv

KDITIONS MOOKKNI^S DES LXX

3oî

Ce qui caractérise la "2' période.

8. — La deuxième période de l'histoire du texte imprimé des LXX est caractérisée par de nombreux essais de critique verbale. Les principales éditions, fruit de ces ellbrts, sont les suivantes.

I) iidilion de Holincs-Parsous.

2) Éditions de Tischendorf.

3) Édition de Swete.

9. — i) L'édition de Holmes-Parsons (Oxford, 1798-1827). — Elle donne le texte de la Sixtine, mais collationné avec les leçons de 12 manuscrits onciaux, et de 2G1 manuscrits cursifs, avec maintes citations des Pères, et les anciennes versions dérivées des LXX. - — Cette édition témoigne de plus d'érudition que de critique.

10. — 2) Les éditions de Tischendorf. — On en compte 5 principales : celles de i85o, de i856, de 1860, de 1869 ^^ de 1876. Elles reproduisent le texte de la Sixtine^moàs revisé, et augmenté des variantes de VA/exandrînus (A), du Friderico-Augustanus, et du palimpseste de saint Éphrem (G). Nestlé, dans les éditions postérieures de 1880 et 1887, a complété encore Toeuvre de Tischendorf.

11. — 3) L'édition de Barclay Swete {The OUI Testament in Greek)^ dont les deux volumes ont paru en 1887 et 1891, à Cambridge. — Le savant anglais a pris pour base de son œuvre le manuscrit Vaticanus (B), qu'il a collationné avec les principaux manuscrits onciaux postérieurs.

4) Épition de P. de Laaarde.

12. — 4) Un critique bien connu de nos jours par ses travaux sur la Bible grecque, Paul de Lagarde, a fait paraître en i883 le premier volume d'une édition des LXX, d'après la recension de Lucien. La mort (1891) l'a empêché de poursuivre son œuvre, mais il a posé des principes (i), qui permettront à la science de progresser beaucoup dans la critique de l'Ancien Testament grec.

13. — Est-ce à dire que nous arriverons jamais à reconstituer, avec une entière exactitude, le iexiQ pinmitif àe.^ LXX? Dieu seul le sait. Ce résultat nous paraît bien difficile, sinon impossible, à obtenir. Parviendra-t-on même à recomposer le

(i) La première chose à tenter, d'après P. de Lagarde, pour faire une édition critique des LXX serait de rétablir le véritable texte des trois recensions, — d'Origène,de Lucien, d'Hésychius, — ^qui se partageaient l'Église d'Orient auiv^ siècle. En comparant ces trois textes, on pourrait voir dans quelle mesure chacun d'eux représente le texte primitif, et ensuite lK)a reconstituerait celui-ci plus facilement.

3o6 LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

texte probable de la Bil)le grecque, tel que nos pères le lisaient au II'' siècle de l'ère chrétienne? Peut-être. Avant tout, il faudra qu'on rétablisse le texte des trois recensions de Palestine (hexaplaire), d'Antioche (Lucien), d'Alexandrie (Hésychius). Ce travail est déjà commencé. Mais il reste à comparer ces recensions entre elles d/abord, et ensuite avec les citations des écrivains ecclésiastiques antérieurs à Orig-ène, avec les anciennes versions, etc. On finira, espérons-lc, par retaire ainsi, d'une manière satisfaisante, le texte des LXX, tel qu'il était au ne siècle. *

Présentement ce travail de critique est à peine ébauché.

LEÇON QUATRIÈME

Valeur et importance de la version des LXX. — Son caractère et sa

physionomie.

Valeur de la version des LXX comme traduction de l'hébreu. — Ses inégalités selon les différents livres. — Son littéralisme de détail. — Ses imperfections; leurs causes. — Sa fidélité quant à la substance des choses. — Son importance dogmatique. — Services rendus par elle à la cause de la révélation.

Objet de la leçon.

Valeur des LXX comme version.

1. — Le texte des LXX est pour nous une source importante de la révélation écrite de TAncien Testament. Mais cette source est indirecte seulement, puisqu'il s'agit d'une traduction.

Quelle est donc la valeur dogmatique de ce texte g-rec comme source de la révélation sacrée? Quelle est sa valeur critique comme version? Nous allons le dire.

Etudions d'abord sa valeur comme version de l'hébreu.

État de la question.

2. — Il est clair que nous ne parlons point ici du texte primitij des LXX,dont nous ignorons la teneur, ni même du texte antérieur à la recension d'Origène, sur lequel la critique est loin d'être fixée. Nous voulons déterminer la valeur du texte actuel de la version grecque, mis en parallèle avec l'hébreu massorétique.

Or, ce texte actuel ne représente pas plus le texte primitif de la traduction, que le texte hébreu de la Massore ne reproduit le type premier de l'original.

Ces remarques faites, voici nos conclusions.

I" assertion: 3. EnVISAGÉE DANS SON ENSEMBLE, LA VERSION DES LXX

Valeur inégale de ? a Ti

la version des LXX p^ SUIVANT LES DIFFERENTS LIVRES DE L AnCIEN IeSTAMENT, UNE

considérée dans son ^

ensemble. VALEUR TRES INEGALE SOUS LE RAPPORT DE LA CONFORMITE A

l'original hébreu

Cette inégalité va- 4. — Lcs Hvrcs dc l'Aucien Testament forment, on le sait, rie suivant les livres, ^poig g-fandcs catégorics : Ics livrcs historiques, les livres /?ro-

phétiques, les livres poétiques.

3o8 LEÇONS D'IiNTRODUCTTON GENERALE

Or, l'on s'accorde à reconnaître que les livres du premier groupe sont, en général, les mieux traduits dans la version grecque: puis viennent ceux du troisième groupe, et enfin ceux du deuxième.

Parmi les livres hisioricjue.^^Xit Pentateuque a été rendu avec plus de fidélité encore et plus d'élégance (i). Il est vrai que la traduction des autres livres de ce groupe peut nous paraître, ici ou là, moins bien réussie, attendu que les manuscrits hébreux dont les LXX se servirent, différaient sans doute notablement de nos manuscrits actuels (2).

Parmi les livres pocUirjues, les Proverbes sont les mieux traduits; les Psaumes sont rendus servilement. Job médiocrement, et VEccléslaste quelquefois obscurément.

Parmi les Prophètes^ Ezéchiel paraît être le mieux traduit. Jérémic est loin de ressembler partout au Jérémie de l'original (3). La version à'isaïe n'est pas très heureuse, et celle de Da?iiel c^t s\ souvent défectueuse, qu'on lui a substitué la version de Théodotion (4).

Comment on expii- 5. — On cxpIiquc CCS inégalités de traduction i) par la

que les inégaliLés de i • t •., i ^ /f. x i tpo i ', • i ,

la version des LXX. muitq^licite dcs traductcurs (5); — 2) par les diincultes inhérentes à certains livres, notamment à ceux des Prophètes et aux Psaumes; — 3j par les variantes des manuscrits hébreux; — 4) pai' les altérations ultérieures du texte massorétique,et par celles plus nombreuses qu'a subies de son côté le texte actuel des LXX. — Il est une 5^ cause dont il faut tenir compte, c'est que les traducteurs ont dû être considérablement aidés par la tradition orale, pour bien comprendre et traduire les livres de la Loi: tandis que pour les livres — plus difficiles d'ailleurs — des Prophètes^ àeJob^ etc., ils furent, dans une certaine mesure, abandonnés à eux-mêmes. Ce n'est que plus tard, en

(1) Cf. Saint Jérôme, Qu.vst. in Gènes., pripf.

(2) Nous ne pouvons i^ucrc apprécier la Iraduction de Tohle cl. de Judith, car l'orii^inal de ces livres est perdu. Ouaut au livre d'Esiher, sa Iraduction est assez libre ; des additions ont été faites à la version.

(3) Cf. SainlJérôme,Pr/??/'. m Jcrem.; Oriffène, Ad African. — Voir Slreane, op. cit.

(4) Bleek (EinL, p. 167) ponsc que cette substitution se fit à la lin du ni" siècle, entre Origène et saint Jcrôine. — J/ire sur ce sujet rinléressant travail du ])■• Hludau {Die Alexandrinische L'ebersctzuHff des Jhiclu's Daniel, elc.'), dans les IHhlische Stiidioi, t. II. i8<)7.

Le Daniel des LXX n'a élé rencontré que dans un seul manuscrit, le Codex C/nsianus (cursif du xi^s.). De Mai-islris en 1770 et Co/za en 1877 ''«"t réédile.

(.')) On a prétendu cpie ces traducteurs savaientmal l'hébreu (cf. Kc\\,Einleilung,%i-]'^).Ce reprodic, si tant est qu'il soit fondé, ne s'adresse en tout cas (ju'à quchpies-uns d'entre eux. Il se pouvait (pie le sens de certains mots hébreux plus difficiles fùl alors perdu. Dès lors. rinter[)rétation de plusieurs passa!i;-es devenait particulièrement embarrassante. Mais en g-énéral les auteurs dç notre version, lorsqu'ils sont en défaut, doivent cire taxés moins d'iu:norancc (pie de maladresse.

LIÏTl']UALISMK IW h]CARTS 1)1-] f.A VERSION DES LXX 809

effet, que la tradition interprétative de ces livres fut fixée cliez les Juifs (i).

20 Asserlion : 6. EnVISAGÈE DANS SES DETAILS, LA VERSION DES LXX EST

faïUs^dVk version LITTERALE TRES GENERALEMENT, MAIS AHSJ'Z SOUVENT ELLE s'ÉCARTE

des LXX envisay'ée ?

dans les détails. AUSSI DE L ORIGINAL, ET DEVIENT LIBRE ET ARBITRAIRE.

^^ ^"des Lxx'""''' '^' — ^^ ^'^ littéralisme, servile en maints endroits, des LXX apparaît à la simple lecture. « Rendre le mot par le mot, selon le devoir de leur conscience, non pas en rhéteurs mais en interprètes, aller dans cette résig-nation jusqu'à transcrire en lettres grecques le mot hébreu pour lequel la langue grecque ne leur offrait pas d'équivalent, telle était, dit Egger, , Tunique ambition des traducteurs » (2). De fait, les LXX se traînent sur les mots (3), se contentent parfois de les g?^éciser (4). et conservent nombre cFidiotismes de l'original (5), au risque de demeurer obscurs (6) ; ce qui donne à leur traduction l'apparence d'une sorte de décalque de l'hébreu.

2) Les ('caris des 8. — Par coutrc, 2) il cst clair aussi que la version des LXX

Page 1