LA VERSION DE SYMMAQUE, LES VERSIONS ANONYMES
rexactitude, la clarté. L'auteur a su donner, en effet, à la pensée hébraïque une couleur g-recque (i); il est resté assez littéral cependant, en s'attachant plus au sens qu'à la lettre de l'original ; enfin, la pensée biblique devient transparente à travers sa phrase, d'ordinaire facile et bien faite.
Son crédit. 15. — La traduction de Symmaque a joui d'une grande
faveur auprès des Pères, notamment auprès de saint Jérôme (2), qui la préférait aux autres, même à celle d'Aquila. Hepioche qu on lui Lc scul reproclic Vraiment fondé qu'on pourrait faire à Symmaque, c'est d'divoir paraphrasé quelquefois (cf. Gen., i, 27 ; XVIII, 25; Exod.^ xv, 11), au lieu de traduire rigoureusement l'hébreu.
Les versions 16. — Lcs vcrsious aïionvînes, insérées par Origène dans
anonymes des , '-' ^ c it/v
Ennéapies. SCS Eniiéaples, nous paraissent être des fragments de diiierentes traductions partielles des livres saints. En réalité, il se peut qu'on ne doive pas en compter trois seulement, mais quatre, cinq, ou davantage. — D'abord, les trois traductions sans noms d'auteurs, recueillies par Origène, etqui ont les Psaumes pour objet, sont de provenances diverses. — Il est, de plus, assez probable que la traduction partielle de la Genèse, du IV^ livre des Rois, des Proverbes, des petits Prophètes, de Job et du Cantique^ qui se trouvait dans la septième colonne (des Ennéapies) avait une origine différente de celle des Psaumes insérée plus bas, dans la même colonne. — Pareillement, la traduction partielle de V Exode, du IIP livre des Rois, à'Amos et à'Habacuc,(\\xOv\gèi\çt plaça dans la huitième colonne, pouvait bien être d'une autre main que celle des Psaumes de la même colonne.
Nous ne savons donc rien de très précis sur ces versions anonymes (3). Elles ont été vraisemblablement composées par des Juifs (4), sauf la traduction à'Habacuc de la huitième colonne, qui paraît avoir été l'œuATe d'un Chrétien (5).
(i) Voir dans Field (op. cit., I, xxxi-xxxiii) des exemples qui montrent comment Symmaque écarte de sa traduction les idiotismes de l'hébreu.
(2) Cf. In Amos., ni, ii; /n Is., I, i.
(3) Cf. Eusèbe, Hist. ceci., vi, i6; saint Epiphane, De pond, et mens., 18, 19; saint Jérôme, Prœf. in Orig. hom in Gant, — Sur l'histoire de la découverte de ces versions par Origène, voir le P. Méchineau, Etudes, octobre 1891, pp. 216, ss.
(4) Cf. Saint Jérôme, Apol. adv. Ruf., lib. Il, n. 34.
(5) Saint Jérôme, en effet, atteste que le traducteur avait mis le nom de Jésus dans Hab., m, i 3. Cf. Comm.f in h. l.