Enfin, au point de vue historique, la Bible latine
au puiui lie V uo *
historique. préhlérouymlenne fut Ic trait d' unlon qui rapprocha dans un même symbole l'Orient grec et l'Occident latin.
Déjà sans doute, par la version des LXX, la révélation divine avait pénétré dans l'Occident, et ainsi, pour la première f jis, cette partie de la terre reçut la lumière que l'Orient lui envoyait. Toutefois, la naturalisation occidentale de nos Ecritures, si je puis m'exprimer de la sorte, n'était que commencée; les versions latines l'achevèrent. C'est par elles qu'un monde nouveau d'idées, de sentiments, de doctrines, fut jeté dans le moule de la vieille langue de Rome. Et il se trouva que les trois idiomes qui avaient été au Calvaire, — l'hébreu, le grec, le latin, — demeurèrent les langues classiques de la révélation, et le canal par où la foi chrétienne parvint à toute l'humanité.
i) Voir plus haut, p. 33i.
Conclusion. 39. — Concluons.
U [tala dont parle saint Augustin (i)ne fut pas la seule version que possédât TEg-lise d'Occident, mais une version parmi les autres versions latines. Si l'évoque d'Hippone l'appelle Itala.^ c'est apparemment parce qu'elle dut être la version latine, ou la revision biblique, usitée dans le « diocèse » politique d'Italie, qui comprenait alors Vérone, Aquilée, Brescia, Ravenne et Milan (2). Il est croyable que le saint docteur l'avait connue et appréciée pendant son séjour à Milan et à Rome (3).
(i) De doct. christ., lib. II, cap. i5. Il ne la nomme ainsi que dans ce passage, et il est le seul, d'ailleurs, à la menlionner sous ce titre.
(2) Cf. S. Jîer^•c^, Histoire de la Vulr/ate, p. G.
(3) DesJacques, Études, décembre 1878.
LEÇON DEUXIÈME Les origines de la Vulgate hiéronymienne.
Importance de la Valg-ale liiéronymienne. — Double but de saint Jérôme en Tenlreprenant. — Les premiers essais de revision de la Bible latine par le saint Docteur. — Sa nouvelle traduction. — Appréciation de ce double travail de saint Jérôme. — Ordre chronologique dans lequel les livres furent traduits. — Dans quelle mesure la Vulgate est l'œuvre du saint Docteur. — Ordonnancement général de la Bible hiéronymienne.
Importance de la 1. — La VulgatG, ditc dc saiiit Jérômc, ou hiéronymienne^ mienne! '""''"^' est dcveiiue, pouF le fond, la Bible officielle de FÉglise latine, ainsi que nous l'expliquerons plus loin.
C'est à l'activité littéraire de l'illustre solitaire de Bethléem que nous devons cette traduction fameuse, qui « déjà à l'époque était reg-ardée comme un chef-d'œuvre », écrit Nôldeke (i), et que l'exég-èse moderne appelle « un monument incomparable de critique patiente et éclairée ».
Objet de la leçon. Pourqiioi, guand çX dans quelle mesure saint Jérôme élabora-t-il cette Vulgate qui porte son nom, nous allons le dire.
ut de s. Jérôme. 2. — Saint Jérôme entreprit ses travaux sur la Bible
LATINE dans UN DOUBLE BUT DE POLEMIQUE RELIGIEUSE ET DE CRITIQUE VERBALE.
*^^'rei1^ieu!e'""'"^ ^* — ^^^-^ ^^ l)ut de polémiçue religieuse.
Plusieurs fois le saint Docteur s'ouvre franchement à cet égard : Ob hoc in peregrinœ linguœ eruditione [sudavi],
dit-il, NE JUD^I DE FALSITATE ScRIPTURARUM EcGLESIIS DiU-
Tius INSULTARENT (2). — Et aillcurs : Ego..,conatus sum,., eja testimonia quœ a Judœis (a hXX) prœtermissa sunt vel corrupta prof erre in médium, ut sgirent nostri quid he- BRAÏCA VERITAS GONTiNERET. .. Ut apud Hebrœos invenimus, divina transtulimus (3),
On le voit, saint Jérôme vise spécialement ici sa version des livres du Canon Juif; son but en la faisant fut donc avant tout polémique.
Mais il travailla aussi,
(i) Histoire liltéraire de l'Ane. Test., p. 384, ir'ad. Soury. — Voir dans Cornely (op. cit., p. 448, not. 10) d'autres témoignages d'écrivains protestants et rationalistes ea faveur de la Vulgate .
(2) Prsef'at. in Is.
(3) Ad Augusl. cinsL cxn, n. 20. — Cf. Prœf. in Psdl. secundum LXX.
2) But de critique verbale.