‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 147 sur 251 · Avant de répondre, rappelons quelques principes · texte numérisé non relu

Avant de répondre, rappelons quelques principes

1" i) Le texte autographe des écrivains sacrés, ayant Dieu pour

auteur principal, demeure absolument exempt d'erreurs (3).

^' 2) Les copies du texte primitif ne seront point à l'abri de fau-

tes plus ou moins considérables. Ces fautes seront à plus forte raison possibles, quand le texte orig-inal est reproduit dans une autre langue; la copie alors devient version. Mais, en tous ces cas, la véracité divine n'est jamais en cause.

^' 3) Si, cependant, Dieu a voulu que son verhum scriptum

servît d'âge en âge à l'instruction des fidèles, si surtout il a voulu que sa parole fût la règle infaillible et inspirée de leur foi, il a dû veiller à ce que, dans tous les points qui ofFrent par leur objet même (4) un intérêt pour la foi ou la morale,

(i)S'il s'agit d'une simple copie, ou transcription de l'original, cette conformité est dite encore conformité d'intégrité .'

(2) L'authenticité de ^c?e7i^e convient exclusivement à la version comme telle. Or, si cette authenticité de fidélité existe seulement en fait, sans avoir été constatée par personne, elle est dite authenticité interne; si elle a été constatée scientifiquement par un particulier, — à l'aide des lumières de la critique, de la philolot^ie, — elle est dite privée, ou scientifique ; si enfin elle a été reconnue par une autorité publique officielle, elle est dite publique. L'authenticité d'une traduction dûment constatée, — qu'elle soit privée owpuhlique, il n'importe, — suppose évidemment l'authenticité interne, et lorsque l'authenticité publique a été déclarée par une autorité infaillible comme l'Éf^lise.il y a entre l'authenticité externe et l'authenticité interne une connexion nécessaire. Cf. Conférences ecclésiastiq. du diocèse de Lavaly année 1881, p. Sa ; Franzelin, op. cit., pp. 5i4-5i7.

(3) Cf. Encycl. Provident . Deus, p. 4o.

(4) Toutes les vérités énoncées dans la Bible sont inspirées, mais elles ne le sont pas toutes pour le même motif. Les unes, surnaturelles par leur oàjet propre, oa ayant une liaison intime avec notre fin dernière, sont révélées, ou du moins inspirées pour elles-mêmes ; elles appartiennent ad aedifica~ tionem doctrinae chrislianâs (cf. Concil. Trid., sess. iv), et sont strictement dogmatiques. Les autres sont d'ordre naturel en raison de l^r objet, qui par lui-même est historique ou scientifique (g-éographie, astronomie, chronologie, etc.) ; dès lors, elles ne sont point inspirées pour elles-mêmes, — puisqu'elles n'ont pas de connexion nécessaire avec la foi ou les mœurs, — mais seulement pour les vérités dogmatiques auxquelles elles servent de complément, d'auxiliaires, d'ornement. Ces vérités de second ordre n'ont assurément pas l'importance des vérités dogmatiques ; conséquemment la Providence n'est pas intéressée au même degré à les conserver intactes, et, pour ce qui les concerne, l'Eglise n'attend point de Dieu le même secours que pour les vérités dogmatiques proprement dites. De là cette distinction fondamentale entre les vérités ou textes dogmatiques, et non dogmatiques, que l'Ecole appelle parfois dogmatiques simpliciter, ou dogmatiques secundum quid. Cf. Saint Augustin, De civil. Dei, lib. XVI, cap. 3; saint Thomas, 2^ 2^, qurest. i, art. ti, ad i"'; Franzelin, op. cit., pp. 53o, ss.

il ne se glissât non seulement ancune erreur pernicieuse, mais encore aucune altération capable de faire perdre à la parole divines on caractère propre. Or, cette vig-ilance providentielle a dû s'étendre jusqu'aux versions reçues universellement par l'Église (i).

^^ 4) Dieu n'était pas tenu, pour maintenir l'intégrité de la

révélation écrite, de veiller à l'entière conservation des détails accessoires de la Bible qui,/>«r leur objet propre, n'appartiennent point à la foi. Si donc, en cet ordre de choses, des fautes et des altérations se sont produites dans le texte original, on ne s'étonnera pas d'en rencontrer a fortiori dans les versions.

5= 5) Quant aux versions elles-mêmes, il n'est pas nécessaire

qu'elles soient de tous points parfaites. Du reste, la perfection absolue ici serait moralement impossible. Il peut donc arriver que, dans tels passages n'intéressant ni la foi ni les mœurs, le traducteur ait laissé échapper des fautes et des contresens, et, môme dans les textes dogmatiques, il peut ne pas avoir rendu toujours toutes les nuances de l'original (2).

Le concile de Trente 23. — Ccs principcs rappcIés, voici nos conclusions. ''^"'" '^' Par son décret dogmatique « Insuper », le concile de

Trente n'a point défini

1) linspiraiic n d ; la i) Yinspiratioïi de la Vulgate. — Sans doute, plusieurs théologiens l'ont cruj comme le rapporte Mariana (3), mais leur sentiment n'était fondé ni en raison, ni en fait. Saint Jérôme les a réfutés d'avance : Aliud est vatem, dit-il, aliud esse

Page 1