INTERPRETEM
2) son inerrance 24. — 2) Il n'a iDoiut voulu davantage définir que la Vul-
al)s,)!iie, ni ^ ^ i 1 w -i • / /
gâte est exempte d'erreurs dans les detaus qui, par leur objet, ne touchent ni aux mœurs, ni à la foi. L'Eglise n'attribue à ces vérités inspirées qu'une importance relative, et elle n'en garantit l'intégrale conservation que dans la mesure où elle est assistée de Dieu à cet effet. %
(i) Ces versions ([iic l'Ii^f^lisc, assistée de Dieu, adople pour sou usajçe général, lui tiennent lieu du lextc sacré primitif; c()nsé(iueninient, de leur conservation dépendent la pureté de la foi chrétienne et l'iiitéu^rité (lu déjjôt de la révélation.
(t) Il sijriit(jue le verhwn Uei ncriplum ait été reproduit en substance et avec exactitude.
(.'{} /■'/•o editlone Vutijala, dans Mii^iie, Cw/w^i- Srript. .s., 1. I, col. ()7o, ss.
(4) Prœ/. in Penlal.
\iilj:iilc, ni
FIDÉLITÉ DE LA VULCiATE, D'APRÈS LE CONCILE DE TRENTE 370
;.) son absolue 25. — 3) Lcs Pcrcs de Trente n'ont pas déclaré non plus
conlormité, ni ... . . .
que la Vuli^ate reproduit Tori^inal avec la dernière acribie, même dans les passages doctrinaux. Ils n'ignoraient pas, et tout le monde sait bien, que la version liiéronymienne, comme n'importe quelle traduction, est défectueuse ici ou là. Saint Jérôme Tav^ouait le premier : Melius reor proprium errorem reprehendere^ quant ^ dura erubesco imperitiam conflterl, in errorem perslsiere, in eo quod traristuli.
D'ailleurs, une étude critique de la Vulgate, comparée aux textes originaux, le démontre surabondamment (i).
4) son intégrale 26. — 4)- A plus fortc raisou, le concile de Trente n'a-t-il
conservation. ^ / '■
point défini que le texte de laVulgate, au moment où le décret était porté, fût dans un état parfait de conservation. Il supposait plutôt le contraire, puisqu'il ordonnait de reviser l'œuvre liiéronymienne, et d'en publier une édition très correcte : Decernit et statuit (synodus) ut hœc ipsa vêtus et Vulgata
edittO OUAM EMENDATISSIME IMPRI3IATUR.
Ce que le concile de 27. — Mais cc Quc Ic coucilc a directement et expressément
Treme a déclare. ^ '■
déclaré, c'est que
1° i) la Vulg"ate ne renferme aucune erreur contre la foi ni les
mœurs;
2° 2) qu'elle reproduit avec fidélité, dans tous les passages dog--
matiques, la substance du texte original, et qu'elle conserve à la révélation divine son vrai caractère (2). Gonséquemment
3^ 3) la Vulgate, dans tous les textes qui concernent la foi et
les mœurs, est positivement confoî^me diUx originaux; nous avons vraiment chez elle, et par elle, la parole de Dieu ins- Tjirée, telle du moins qu'elle subsiste dans une version (3).
28. — De là découlent quatre corollaires. Premier corollaire. j) La Vulgatc uc renferme aucune proposition dog-matique
qui ne soit ou, du moins, n'ait été dans le texte primitif. Question incidente. • Qn nous demandera peut-être si une assertion dogmatique, énoncée à tel endroit de la Vulg-ate, se trouvait effectivement Réponse. au même endroit dans l'orig-inal. — Nous croyons que pour la plupart des cas, sinon pour tous, on peut répondre affirmativement. Le concile n'ordonne-t-il pas, en effet, de recevoir
(i) Voir de nombreux exemples dans Cornely, op. cit.] pp. 44^'-447, 47i-
(2) Dire, avec certains auteurs, que le concile a seulement déclaré que la V niante est exempte d'erreurs contre les mœurs et la foi, ne serait pas lui accorder plus (pic ïinfaUlibiiilé ; nous n'aurions plus dans la Vulgate la parole de Dieu.
(3) Voir notre ouvrage L'Inspiration, pp. 201-208,
comme sacrés tous les livres de la Bible — cum omnibus suis
PARTIBUS... PROUT IN VETERI VuLGATA LATINA EDITIONE HARENTUR.
Or, ces parties si nettement désignées doivent s'entendre, avant tout, des passages dogmatiques, qui sont des parties importantes par leur oô/et. Aussi bien la congrégation du Saint- Office a-t-elle tout récemment (i5 janvier 1897) décidé qu'il serait téméraire de tenir pour inauthentique et de rejeter le comma Joanneum (/ Jean, v, 7) (i). O n'est cependant pas que le dogme de la Trinité ne se trouve exprimé en d'autres endroits de l'Ecriture, mais il n'est point indifférent que cette vérité révélée soit affirmée plusieurs fois (2).
Deuxième corollaire.
29. — 2) La Vulgate peut, à la rigueur, ne plus contenir présentement, ou même n'avoir jamais contenu une proposition dogmatique, qu'on lit néanmoins dans le passage correspondant de l'original. Cette absence constitue une lacune, un une brisure, dans la trame du texte; mais la version latine vide, n'en demeure pas moins, dans son ensemble, positivement conforme^aux textes primitifs (3).
Troisième corollaire.
30. — 3) Les passages dogmatiques contiennent substantiellement la même vérité qu'on lit dans l'original, bien que la pensée soit rendue parfois avec des nuances diverses dans les deux textes (4).
Quatrième corollaire .
31. — 4)- La Vulgate et l'original ne se contredisent jamais, en réalité, sur un point quelconque de doctrine. Si cepen- . dant le désaccord paraît exister, la présomption du critique demeurera en faveur de la version hiéronymienne.
Le côté disciplinaire du décret Jnsuper.
Son interprétation.
32. — Quant à la règle disciplinaire énoncée dans le décret Insuper ^ elle doit être entendue conformément à la décision dogmatique dont elle n'est, pour ainsi parler, que l'application pratique.
Voici comment nous l'expliquons. •
i) La Vulgate sera tenue pour authentique dans les leçons
publiques, les discussions théologiques, les prédications et
commentaires. C'est dire que, dans ces divers actes de l'ensei-
ment dogmatique et pastoral, le texte latin de la Vulgate est
(i) Cf. Revue théolog. franc., année 1897, p. 203.
(9) (U". rr;in/.cliii. de l)eo trino, thés. iv.
{\\) Cf. Prov., viii, 35. N'oir le Commentaire de M. Lrsôlrt' sur ce |)assap;e.
(/,}(:f. Gen.,ui, iD.