PORTÉE DISCIPLINAIRE DU DÉCRET « INSUPER
le texte reçu, et qu'il fait autorité pour tous les passages doctrinaux.
2o 2) Dans les passages non doctrinaux, le texte de la Vulgate
716 s'impose pas rigoureusement ^ mais il a droit quand môme à tous nos égards, et l'on ne doit point l'abandonner sans de graves motifs, attendu qu'en général la présomption est pour lui.
3' 3) Il est permis, conséquemment, de recourir à l'original et
aux anciennes versions, pour éclairer, compléter et corriger, au besoin, la Vulgate dans les passages non dogmatiques. .
4" 4) Enfin, il est défendu, — en théorie et en pratique, — de
rejeter la Vulgate sous quelque prétexte que ce soit; c'est-àdire qu'il n'est jamais permis de la rejeter comme inexacte, ou erronée, dans les passages dogmatiques, ni même généralement dans les parties non dogmatiques, bien qu'on puisse en de certains cas particuliers ne pas la suivre sur des points n'intéressant pas la foi (i).
(i) Cf. Confér. eccléf. de Laval, année 1881, pp. 3g-4i.
TROISIEiME PARTIE LES ANCIENNES VERSIONS ET PARAPHRASES ORIENTALES
LEÇON PREMIÈRE Les Targums.
Ce qu'on entend par Targums. — Origine des Targ-ums, leur langue, leur patrie, leurs sources. — Les Targums babyloniens. — Onkelos. — Origine, caractère et valeur de son Tart;um. — Jonathan ben U/ziel, — Date, caractère et valeur de son Targum. — Les Targums palestiniens. — Les Targums (jui ont été composés sur le PenLaleuque, sur les Prophètes, auv les tlagioyraphes. — Leur valeur. — La version samaritaine du PenLaleuque,
Ce qiiTon entend par ^ — Q^, appelle ainsi (i) des tradiictîons araméennes, et
Targums. I 1 \ / '
souvent plus ou moins paraphrasées, des livres hébreux de l'Ancien Testament.
Origine des Tar^fums.
2. — Les critiques ne s'entendent point sur les premières orig-ines de ces Targums. Sans parler des Talmudistes (2) qui les font remonter jusqu'à Moïse, beaucoup d'auteurs moder^ nés (3) croient devoir dater ces versions-paraphrases de l'époque de Néhémie et d'Esdras (4).
Opinion plus proi>a. \\ nous scmblc plus probable d'admettre, avec Cornely (5), qu'on ne commença guère avant le siècle des Machabées à expliquer au peuple, et à lui traduire en araméen vulgaire, le texte hébreu de la Loi et des Prophètes, qu'il ne comprenait plus (6).
(i) Le mot m^in signifie en araméen e.iplicaiion, paraphrase. Cf. Buxtorf, Lexicon...co\. sO^?- 26/j4 ; (iesenius, Thésaurus, col. i:>64. — D'après Fr. Delit/sch {The hebreio larufuage, etc., 5o) ce mot dériverait de l'assyrien tarf/umanu, interprète, — du verbe raganiu, parler. Notre substantif drof]inan serait une corruption du même mot.
(2) Cf. Traité OUldouschbi, dans \Vo\ï, Bibtiotheca hehraïca, ii, p. 1137.
(3.) Danko, Kaulen, Vii;onroux, Zschokke, elc.
(4) Ils s'appuient sur // Ksd., vui, 8.
(5) Op. cit., pp. 4'î>-4i6. — Comp. Troclion, Jntrod. qènèr., t. I, p. SaQ.
(0) L'inlcrpretf ou paraphrasie était d'ordinaire ditferent du lecteur. On lisait un verset de la Loi : après (pioi le paraphrasie traduisait et an besoin explicpiail. Four les livres proi»li. liipies. on pouvait lire trois versets de suite. Cf. Traité Mef]hiili)th,\\\ 4.
R(''(Ia(iion des Tur'Minis.
La langue des Tai'ifuins.
RÉDACTION, r.ANGUI':, SOURCJ] DES TARGUMS 879
3. — Ces versions et gloses explicatives furent orales d'a- ])()i(L C'est seulement plus tard, — « aux environs de l'ère chrétienne, cent ou cent cinquante ans au plus, avant la destruction du temple » (i), — que Ton songea à les fixer par l'écriture. On sait que les vieux rabbins n'étaient point favorables à la codification écrite des traditions : « II faut transmettre de vive voix, disaient-ils, ce qu'on a appris par la parole, et par le livre ce qui est écrit » (2). Nous croyons d'ailleurs que la rédaction définitive des Targums, telle que nous Pavons aujourd'hui, demanda beaucoup de temps, et ne dut guère être arrêtée que vers le nie ou le iv^ siècle du christianisme.
4. — Ces détails révèlent quel est, en général, l'idiome de ces sortes de traductions paraphrasées. C'est un araméen particulier, se rattachant au groupe des dialectes araméens,dits occidentaux (3). Plus pur que Taraméen vulgaire, — que parlaient les contemporains de Jésus-Christ (4), — il est apparenté de très près au chaldéen biblique, c'est-à-dire aux parties araméennes de Daniel ç^X. à'Esdras.
^^^^ïinum'^.^ '^^^ 5. — Les Targums ont tous un même berceau : la Palestine, et une commune source : la théologie juive palestinienne. Cependant, si l'on tient compte de leur rédaction définitive, on doit reconnaître que les uns furent achevés en Babjlonie, et les autres en Palestine. De là deux groupes de Targums : les Targums babyloniens et les Targums palestiniens. Ni les uns ni les autres ne s'étendent à tout l'Ancien Testament. Aucun ne ce rapporte à Daniel {^), à Esdras, à Néhérnie (6). Parlons d'abord des Targums babyloniens.
^^^wbyioni^aï""'* 6. — Ccs Targums sont au nombre de deux : le Targum d'Onkelos, et le Targum de Jonathan benUzziel.
Le premier contient le Peritateugue^ et le second les Pro-
La personne d'Onkelos.
7. — On ne sait rien de précis ni de certain sur Onkelosr(7).
(i) Cf. Wogué^ Histoire de la Bible, p. j4^. I
(2)Talmud de Jérusalem, MeghiUolh, 4, i-
(3) Cf. Renan, Hist. des laîig. sémit., p. 221. Voir plus haut, p. 201, note 8.
(4) Cf. Renan, Ihid., p. 226.
(5) Mutick [Nati.ce sur Saadia, p. 87) a cru pourtant qu'il exista autrefois un Tarç^um de Daniel.
(6) On sait que l'orig-inal de ces livres était araméen en partie.
(7) Voir dans Renan {Hist. des langues séin., p. 224, not. i) une étymologie plus ingénieuse que solide du nom d'Onkelos.
Les renseignements que donnent les exéj^ètes juifs sont vagues et en partie contradictoires. « Ainsi, les livres rabbiniques font d'Onkelos tantôt le disciple de Hillel, qui vivait loo ans avant la destruction du second temple, ou de Gamaliel, mort vers Tan 5o du Christ (i), tantôt le contemporain et même le neveu de Titus » (2). — Les rabbins modernes (3) l'identifient volontiers avec Aquila, le traducteur g^rec des Ecritures. — Enfin, il est des critiques qui ne voient dans Onkelos qu'un prêtenom.
Le Targum qu'on lui attribue serait l'œuvre de plusieurs auteurs restés inconnus (4).
Oiigine du Targiini d'Onkelos.
8. — De fait, on admet assez communément aujourd'hui que le Targum du Pentateuque, dit d'Onkelos, est une réduction systématique d'une ancienne version araméenne de \diLoi, usitée chez les Juifs de Palestine. A en juger par plusieurs détails (5), et par l'idiome employé qui est encore assez pur, cette version dut être pour le fond antérieure à la ruine de Jérusalem, et remonter au i^"" siècle; mais plus tard, vers leiii^ ou le IV® siècle, elle fut retouchée et définitivement arrêtée, probablement par quelques rabbins des écoles babyloniennes (6), et selon la méthode qu'Aquila avait appliquée à sa version grecque (7).
On s'explique ainsi que les Juifs de Babylonie disaient du Targum d'Onkelos « notre Targum », tandis que ceux de Palestine affectaient de ne pas le connaître.
Caractères du Targum d'Onkelos,
1) au point de vue excgéticfue ;
9. — Le Targum, dit d'Onkelos, présente les caractères suivants.
i) Au point de vue exégétique, il se distingue par la simplicité et la fidélité. Très littéral ordinairement dans l'interprétation des passages historiques, il paraphrase ailleurs quelquefois, notamment dans les passages poétiques ou difficiles (8).
(i) Ce sentiment n'est guère acceptable. Cf. Cornely, op. cit., p. 4ii3.
(3) Wov^ué, op. cil., pp. i/(3-i^.
(.'i) Cf. Wogué, ibid., pp. i/j9-t5o.
(/») CF. Ançer. De Onkelo chaldaico quem ferunt Pentateuchi paraphraste ; Winer, De Onkcloso, ejusqiie paraphrnsi chaldaiêa.
(5) V^oir, par exemple, ce fui est dit sur Ge?i., xlix, 27; Nomh., xxiv, g; Deu(., xxxm, 18. Cf. Cornely, op. cit., p. 4 '7. "Ot. 5.
(0) Ou remarqui', cii eftcl, dans la lani^ue du Tarc^um d'Onkelos, une teinte d'aramaïsme oriental, ([ue l'usaiife d« ce Tar;^um en Babylonie ne suFlit point seul à expliquer. Cf. Woj^ué. op. cit., p. lf^().
(7) Cf. Criger, Ur.tchrifl und XJehpr.^elzungen der Tiihel.
(8) En CCS nassat^es le Tart^um d'Onkelos ne laisse jias de commelire plus d'un contresens. Voir lîrustoii, article Versions ancieimes... dans V Encyclopédie de Licliteuborgrr, t. xn. p. 338.
CARACTÈRES ET VALEUR DU TARGUM D'ONKELOS 38i
2) grammatical ;
2) Au point de vue grammatical^ il se distingue par la pureté de la langue. Son araméen, meilleur que celui de Jonathan ben Uzziel, est surtout bien supérieur à Taraméen des autres Targums de Palestine.
^) ^il^'l'^^i[^\^ ""^ ^) Au point de vue littéraire et dogmatique^ il offre d'assez curieuses particularités. — D'abord, les anthropomorphismes Exemples. gout cxclus. Dicu ne descend pas pour voir la tour de Babel, ou Sodome, il apparaît pour se venger^ pour juger. Dieu ne voit pas, mais les choses lui sont découvertes. Dieu ne protège pas les Israélites comme la prunelle de son œil, mais de leur œil. Dieu ne dit pas : Je lève ma main vers les cieux (Dent,, XXXII, 40)7 mais j'ai étabh mon séjour dans le ciel. Dieu ne se repent pas, il revient sur sa parole; etc., etc. — Ensuite, des idées empruntées à une théologie postérieure sont introduites dans le texte sacré, et forment de véritables additions ; telles les idées du « jour du jugement », de la « mort seconde w, des <( esprits mauvais », etc. — Enfin, deux passages {Gen., xlix, 17, 18 ; Nomb., xxiv, 17) sont rapportés clairement au Messie, mais le Protévangile (Gen., m, i5) est entièrement dénaturé par cette paraphrase : « [L'homme] se souviendra de ce que tu lui as fait au commencement, et toi, tu l'épieras jusqu'à la fin ».
Valeur critique du Targum d'Onkelos.
10. — Les Juifs ont estimé toujours beaucoup le Targum dit d'Onkelos (i), mais cette paraphrase n'a point pour nous le même intérêt, ni la même importance. Cependant la critique peut y trouver sur l'état du texte hébreu aux premiers siècles de précieux renseignements (2). •
La personne de 11. — Quaut à Jouathan bcu Uzzicl, l'auteur du Targum
Jonathan ben Uz- iii« i7-»7>,/o\
ziei. babylonien sur les Prophètes (o), nous ne savons guère ce
qu'il fut. Les rabbins ne transmettent à son sujet que des indications disparates ou invraisemblables. Ils le font vivre tour à tour sous les prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, puis sous Hillel, et même sous Jonathan ben Zakkaï, qui vit la ruine de Jérusalem. Jonathan aurait donc été cinq fois centenaire; ce qui est inadmissible. Aussi des critiques modernes vont jusqu'à révoquet en doute la réalité de son existence (4).
(i) Les Juifs ont sur ce Targum une Massore comme sur le texte biblique.
(2) La meilleure édition du Targum d'Onkelos est celle de Berliner, Targum Onkeïos, avec introduction et notes (Berlin, i884).
(3) Voir plus haut, pp. 9 et 10, la division des Prophètes dans la Bible juive.
(4) Cf. Loisy, Hlaloire des vers, de la Bible, p. 188.
Datcdc sonïargum ^Q. — Quoi qii'il Cil soit, Ic Targiim des Prophètes doit cire postérieur, mais de très peu, au Targ^uin du Pentatewjue {\). On commença probablement à le mettre par écrit dès le premier siècle ; car Taraméen de cette paraphrase ressemble fort à celui d'Onkelos. Des détails (cf. / Rois, ii ; Jereni.^ li, 3 ; Jlabac.^ ni, 17) permettent même de supposer que Jérusalem n'était pas encore détruite (2). Toutefois, la rédaction définitive ne paraît pas avoir été terminée avant le iv^ siècle. On s'explique dès lors, que le Talmud de Babylone puisse attribuer le Targum des Prophètes à Joseph ben Hiya, dit Joseph l'Aveugle, Tun des chefs de l'académie de Sora, vers 822 (3).
?nrdis7vo>/Se"s ^^* — Voici les principaux caractères du Targum des
Prophètes.
^^ ^exréUful-^^'^ ^) ^^^ point de vue exégét'ujue, a) il paraphrase beaucoup plus que le Targum du Pentateuque, surtout dans les livres prophétiques proprement dits, et dans les passages poétiques en général ; — b)ï\ trahit, d'ailleurs, les mêmes tendances à éviter les anthropomorphismes, à simplifier les métaphores, à atténuer les expressions malsonnantes. Ainsi, « on ne tombe pas par le glaive », a on est tué » ; Ezéchiel (11, 8) « ne mange vas le rouleau », ila écoute ce qui est contenu »; ce n'est pas « tout » le peuple d'Israël qui « est adultère », mais « quelques-uns parmi » le peuple, etc. (4).
'^ Ti,Éoio\(^ue "^^'^ ^) ^" point de vue théologique, le prétendu Jonathan a) introduit, dans le texte qu'il interprète, des idées de son époque ; il transporte également dans le passé des institutions de son temps : les prophètes sont des scribes, les scribes existent déjà sous Débora, etc. ; — b) il explique du Messie non seulement la plupart des passages bibliques qui le regardent, mais encore beaucoup d'autres (5) ; — c) par contre, il dénature le sens de quelques grandes prophéties messianiques, en particulier du chapitre \A\V d'Isaïe (6).
Tar-umdeSaihan* l^- — Lc Targum, dit dc Jouathau ben Uzziel, peut nous être d'une réelle utilité, a) pour la critique du texte hébreu
(1) Telle est (lu moins l'opinion commune. — Plusieurs rabbins modorncs. — \\'oi;-ur entre aulnes, op. cil., pp. i/4«^>-'4<"', — "lî rathnelleni cependant ])oint.
(?) Il est vrai (pi'on Irouve aussi dans le 'J'ai-i'iiui de .lonalli.in djinlrcs dcl.-uls (pu semMcnt trahir une (!'|)0qnc poslerienrc à la ruine du second temple. — Cf. .Morin, Exc.rcilulio?ies biblictr,i\,p[t. 'Sio. ss.
{:))€{'. Huld. Kanon xind Text. d. A. T. \>. 178.
(/i) i'A'. C.ornill, Ezecliiel , p[). njîî-iaf)
([)) CI". Hu.xlorf, Li'xicoii talimid., col. ii!ri8-ia73.
(0) Cf. liruslon. Art. rit. p. .■?."'<i
LES TAïuJUMS i>ali:stinii:n.s ;i83
palestinien, tel qu'on le lisait au premier siècle de notre; ère, et — l)) pour l'histoire de l'exégèse biblique juive depuis Hillel et Scliammaï jusqu'aux docteurs Gliémaristes (i).
HoSns. "l^- — Les Targums palestiniens sont assez nombreux.
i)iiyenadeuxsurie i) '^MT \q Peiitatouque , on cu compte fi^^wj?, l'uu complct euquc, ^^ attribué faussement à Jonathan ben Uzziel [2), l'autre frag-mentaire, appelé Targum de Jérusalem. Celui-ci, croit-on, est plus ancien que le précédent (3). Celui-là n'est pas antérieur à la seconde moitié du vn« siècle, car il j est fait mention des femmes de Mahomet {Gen., xxi). La langue, du reste, se rapproche beaucoup de celle de la Ghemara. Elle est aussi très mêlée ; on y rencontre des mots grecs, latins, persans. Quant au fond même des doctrines, on voit qu'elles sont empruntées souvent au Talmud, ou aux anciens Midraschim; elles représentent la théologie bizarre des Juifs de l'époque talmudique.
ïj) piusieui-8 sur les ^) ^ur Ics Propkètes, les Juifs palestiniens possédaient />/z/- Prophcies; sicurs Targums, mais nous ne les avons plus aujourd'hui.
3) huit sur les Hagiographes.
16. — 3) Sur les Hagiographes, les Targums palestiniens sont assez nombreux; on n'en compte pas moins de 7/2/ 2V, savoir, u?i sur les Proverbes, et un sur les Psaumes : tous deux serrent de près la lettre du texte; U7i sut Job, plus paraphrastique que les précédents; U7i sur les cinq Megliilloth (4), généralement très libre, et arbitraire; trois sut Est lier ; enfin, un sur les G /ironiques, découvert par Beck, au xvii® siècle (5).
^Tai-ums"^ *^'^- — Tous Ics critiqucs, avcc Richard Simon (6), ne font
pas grand cas de ces Targums, surtout des derniers, rédigés dans un style barbare, et remplis de maintes fables ridicules ou superstitieuses.
La version sama- 13. — Qu u'cu doit pas dire autaut de la version samari
ritaine du Penta- . ^ ^
^«"â-^e. tai7ie du Pentateuque, faite dans le dialecte samaritain et sur
(i) La meilleure édition du Targum des Prophètes est celle de Paul de Lagarde, Leipzig, 1872.
(2) Cf. Wogué, op. ci/., pp. ibS-iô/j.
(3) Néanmoins cette priorité est contestée par beaucoup. Cf. Loisy, op. cit., pp. 194.-195.
(4) On se rappelle que les Juifs désignent ainsi les cinq livres suivants: le Cantique, Ruth, Lamentations, Ecctésiaste, Estimer. Voir plus haut. p. 82, note 5.
(5) Les Hdigijgv'dphes Daniel et Esdras-Néfiémie n'ont point été traduits ou paraphrasés en araméen. Voir cependant plus haut, [). 379, not. 5.
(6) CL H ist. du V. T., \yp. 3o'd-3o!i,
le texte hébréo- samaritain, vers le ii« ou le iif siècle de notre ère. Elle est beaucoup plus littérale que les paraphrases juives ; malheureusement nous ne la connaissons que par des manuscrits en fort mauvais état (i).
(0 Cf. Kautzchdans V Encyclopédie allemande de Ilcrzog, xui. 35o ; Zschokke, Hhl. sac. A T., pp. 409-410.
LEÇON DEUXIÈME Les versions syriaques. — De la Peschito en particulier.
La version Peschito. — Signification de ce nom. — Origine et date de la Peschito. — Ses auteurs, sa patrie, ses sources, ses caractères. — Contenu de la Peschito. — Crédit dont elle a joui. — Ses principales recensions. — Les autres versions syriaques; la version philoxénieune, héracléenne ; la version de Mar-Abba ; la version de Paul de Telia; la version curetonienne ; la version hiéroso- 1} mitaine.
Les versions sy- ^ — Noiïibreuses soHt Ics vcrsioRs syrlaques, — complètes
naques sont nom- J T. ' L
^'''^^''^- OU fragmentaires, — des saintes Écritures (i). La plus impor-
tante de toutes, sans contredit, est la Peschito, ou [version]
La Peschito. Simple.
Nous commençons par elle.
Raison d'être et sens de Peschito,
u eue eu
lépithète 2. — On se demande, d'abord, quelle est la raison d être de cette épithète, peschito, siinple, — qu'on donne communément à notre version, et dont la qualifiait déjà, au x® siècle, Técrivain syrien Moïse Bar Képhas.
Selon nous, cette épithète ne fut employée que lorsqu'il fallut distinguer la traduction dont il s'agit, des autres traductions syriaques de la Bible, parues ultérieurement dans la suite des âges. On voulut signifier que la Peschito ne représente que le texte simple de l'hébreu, sans aucune annotation ni addition critique, comme il s'en trouve dans la traduction de Paul de Telia, par exemple, ou dans les Hexaples d'Origène.
Les autres interprétations du mot peschito : [version] vulgâte, fidèle, littérale, non paraphrasée, sont beaucoup moins plausibles.
DaiedeiaPesc/^/io. 3. — La Peschito cst très aucienue.
Quoiqu'il soit impossible de préciser sa date, nous n'hési-
(i) Cf. Wiseman, Eoras syriacx, dans Migne, Démonstrat. évaivj., t. xvi, col. 67, 58.
Preuves.
LEÇONS D'INTKODUCTION GLXÉKALE tons point à affirmer que cette version était composée dès
AVANT LA FIN DU 11^ siècle DE l'ÈRE CHRETIENNE (l).
Voici nos arguments.
i) Ténioignafjcs de s. Éphrem ',
4. — i) Il est démontré, par les nombreuses citations qu'en fait saint Ephrem,que notre PescJnto existait au iv^ siècle. Or, à cette époque, cette traduction était déjà très ancienne, car a) saint Éphrem la suppose répandue partout chez ses compatriotes; — b) elle renfermait aussi déjà des mots étrang-ers ou vieillis, que les Syriens ne comprenaient pas, et que le saint diacre essaie d'expliquer. Ce n'est donc point exag-érer que de reporter jusqu'au ii'^ siècle l'origine de la Peschito (2).
2) témoignage d'Hégésippe ',
5. — 2) On sait encore qu'un écrivain du second siècle, Hég-ésippe, emprunta maintes de ses citations évangéliques au syriaque : va toj [E'JOL^(^s,Xio'j] G'jp'.oLAO^t (3). D'où il faut conclure, observe Gornely (4), que le Nouveau Testament était alors traduit tout entier en cette langue, car le traducteur des livres de cette partie de la Bible fut sûrement le môme. Or, si le Nouveau Testament, ajoute le savant critique, était traduit déjà, l'Ancien devait l'être également, sinon en totalité, du moins en partie.
3) léiiioigrtage de s. Mclilon.
Conclusion.
6. — 3) Enfin, saint Méliton de Sardes mentionnait au 11" siècle une traduction qu'il appelle 6 16po;. Il y a probabilité que cette version n'était autre que la Peschito (5). Cependant les opinions restent partagées à ce sujet.
Quoi qu'il en soit nous datons du 11^ siècle notre version syriaque, laquelle était si ancienne, aux yeux de Théodore de Mopsueste (v® siècle), qu'il avoue n'avoir pu réussir à en connaître l'auteur (6).
(i) Il court parmi les écrivains syriens trois opinions relatives à l'origine de la Prschilo (Ane. Test,). D'après les uns elle remonterail jus([u'aux temps de Salomon ef d'Hiram ; d'a|)rcs (pielquesautrcs elle aurait été faite [)ar le prêtre Asa, lorsqu'il tut envoyé d'Assyrie en Samarie; enfin, b.Mucoup prétendent qu'elle aurait été composée sous le roi Abjjar par un disciple d'Addée, l'apôtre des Syriens. Cf. Wiseman, lac. cil., col. 60, O2-G4.
(?) Cf. Wiseman, up. et loc. cit., col. 73-77. — llenian[uons cependant que la version syriaque aciiiellc des (piatre petites Epilres, — Ih de saint Pierre, //• et IIl" de saiut Jean, Epilve de saint Jude, — est d'orit>ine plus récente.
(3) Cf. Eusèbe, ///.sL eccLcs., lib. IV, cap. 22.
(/,) Op. cit., p. 4"î8.
(5) Cf. Danko, Comment. i?i s. Scvipl., p. 180; Zschokkc, op. cit., p. 4io.
(6) Cf. Mai, l'dtruni nova hibliolheca, VU, 202. — Notre Peschito (Nouv. Tesl.) est-elle posléricm-e ou antérieure à la version cui'eUmienne, et à la recension sinnïlique (cf. Durand, Ktudfs l'i'lii/lcusns. ianvïrv iH^.') ? Les crili(pies si^î divisent pour rù|iondrc. Voir Le Hir, Eludes bihlu/ncs, t. 1, p|). a.'ti, ss. ; Lat^ranu:»', dans la lii'vui; hiljli(/ue, année 189.'), pp. /joj, ss. — Sub judice adhuc lis em, conclut sagement Cornely, op. cil. p. 434-
LES ^autl:iiiis de la PESCIUTO 387
vre* d"^^p\ukZn's '^ ' — Renuirquoiis toutefois que les livres de la Bible syria-
epoques, q,j^» Qj^j^ ^A^ ETRE ÏRADUITS À DIFFERENTES ÉPOQUES.
Ceux de l'Ancieu et du Nouveau Testament le furent, sans doute, dans le môme temps, ou à peu près, mais il semble que la traduction des deutérocanoniques de la première alliance suivit, à un intervalle assez long-, celle des protocanoniques (i).
et do plusieurs auteurs.