‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 150 sur 251 · AUTEURS · texte numérisé non relu

AUTEURS

C'est ce que confirment saint Éphrem dans son Comment taire sur Josué^ xv, 21, et Jacques d'Edesse, dont le témoignage nous a été conservé par Bar-Hébraeus (2). — Au surplus, le genre de traduction est loin d'être absolument le même pour tous les livres (3), sauf pour ceux du Nouveau Testament qui de fait ont dû sortir des mains d'un traducteur unique.

^^derchrédens''''* ^' ~ ^^^^ ^"^^^ étaient ces traducteurs ?

Beaucoup (4) pensent, avec Richard Simon (5), que les traducteurs de l'Ancien Testament étaient juifs. Nous croyons

plutôt qu'iLS ÉTAIENT CHRÉTIENS (6).

Pi'cuves.

Ire

10. — Ce qui le prouve, c'est i) que la tradition juive n'a mentionné jamais aucune version de l'Ancien Testament spécialement destinée aux Juifs de Syrie, tandis que la tradition chrétienne a regardé toujours \di Peschito comme sienne.

C'est 2) que maints détails de la version syriaque ne trahissent nullement une plume juive. La Peschito ne 'sait point faire disparaître les anthropomorphismes; elle rend très fidèlement certaines prophéties (cf. 7^?., vu, i4; ix, 2), dont un israélite aurait vraisemblablement atténué la portée messianique (7). Par contre, elle reproduit moins bien tels passages (comme Lev.^ xi; Deut.y xiv), que les Juifs se seraient appliqués à traduire plus exactement.

3) Quant aux affinités qu'on croit découvrir entre notre Peschito et les traditions targumiques, elles peuvent venir soit

(i) On a prétendu qu'il en avait été de même pour la seconde Épilre de saint Pierre, pour la Ib et la Ub de saint Jean, pour VEpilre de saint Jude et pour VApocah/pse. Nous n'admettons point ce sentiment, mais nous reconnaissons que la version syriaque de ces livres, sous sa forme actuelle, est postérieure à la Peschito primitive,

(a) Cité par Wiseman, loc. cit., col. 66.

(3) Voir plus bas, p. 889,

(4) Hug. , Kaulen, Vi^^oaroux, ZschoKkc,etc.

(5) Op. Cit. p. 272.

(6) Ce sentimeot est le plus commun aujourd'hui. {7) Comparer avec Aquila, Symmaque, Théodotion,

de la coopération de savants juifs, soit de ce que les traducteurs étaient des judéo-chrétiens.

Patrie de la Peschito.

Incertitude à cet égard.

11. — Ajoutons, avec Wiseman (i),que l'antiquité ne nous fournit point de renseignements positifs touchant le pays où \a Peschito fut composée. Aussi les critiques sont-ils très divisés à cet égard. Les uns veulent qu'elle ait été faite à Edesse, ou dans la Syrie orientale (2); d'autres, s'autorisant des témoignages de Jacques d'Edesse et de Bar-Hebra,'us, ainsi que des propriétés dialectales du syriaque de notre version, estiment qu'elle a dû paraître dans la Syrie occidentale, ou en Palestine (3).

Sources de Peschito.

12. — Quoi qu'il en soit, nous maintenons que l'Ancien Testament — pour la partie protocanonique — a été traduit immédiatement sur l'hébreu (4) et sur un texte assez semblable à celui de la Massore (5) ; mais pour la partie deutérocanonique, traduite plus tard, probablement au iv® siècle, Tinterprête syrien a travaillé sur le grec (6). — Quant au Nouveau Testament il a été traduit du grec original (7).

^^''peschitT^'' ^^* — ^^ point de vue de la littér alité, la Peschito, sans cesser d'être partout une version excellente, et remarquable par sa clarté, son exactitude, ne laisse pas d'ofîrir des inégalités. Le Nouveau Testament est en général bien traduit ; mais dans l'ensemble la version de l'Ancien est meilleure. Telles parties sont plus particulièrement soignées, comme le Pentateurjue^ les Proverbes, Job, Ezéchiel, Quant aux livres des Chronirjues, des Psaumes, de Buth,ei aux livres deutérocanoniques, ils paraissent plus librement rendus. Enfin, des affinités entre le texte syriaque et les LXX se manifestent plus principalement dans Isoïe, les petits Proplietes, le Cantique des cantiques et V Ecclésiaste,

(i) LiC. cit., col. 65.

(3) Cf. Wiclielliauss, De N. T. versionc syriaca ; Keilhmayr-Valroi^er, op. cit.^ t. I, p. 3i3; Trochon, oft. cit.,, t. 1, p 4^1 ; Gtiiilncr, Inlrod. spec. in libb. N. '/. ; etc.

(3) CJ. Wiseman, loc. cj7., col. G6-(i8.

{\) Il se peut, néaii'noins, ([iie les tpadiiclcurs syriens aient consullé ici el là les LXX Ce qui est si^r, c'est ([ue la Pescliito en plusieurs endroits se rapproche notablement de la version t:;rec(iue. Mais des critiijues expliquent autrement ces atVinités. Cl". Cornely, op. cit., p. fi'io .

(5) Voir des preuves dans Cornely, loc cit

(()) On excepte VlCcclé.siasiiffue, (jui a été traduit sur riiébrcu par un interprète ayant de la version j^reccpie. C'est l'opinion de P. de Lagarde, de Bickcll, de Loisy, etc.

(7) Cr. Caulacr, op. cil., pj». 8j-80.

conuaissance

CREDIT ET RECENSIONS DE LA PESCHITO

Contenu de la version Peschito.

14. — Au point de vue du contenu, on peut re;?:arder la Peschito comme unk version complète.

Le Nouveau Testament s'y trouvait en entier, au temps de saint Kp]irem(i); c'est seulement plus tard, probablement vers le v^ ou le vi'^ siècle, et par la main d'un nestorien demeuré inconnu, que furent retranchés les cinq livres deutérocanoniques, 11^ E pitre de saint Pierre, Ib et IIP de saint Jean, Epître de saint Jude, Apocalypse.

L'Ancien Testament s'y trouvait en entier également (2).

Crédit de la Peschilo,

autrefois.

aujourd'hui

Rerenoion'! de la J'exchiio.

15. — La Peschito a joui dans l'antiquité d'un immense crédit. Même au v^ et au vi^ siècles, elle resta la version officielle des différentes sectes, — monophysites, nestoriennes, jacobites, etc., — qui divisèrent l'Ég-lise de Syrie, a x\ujourd'hui encore, dit Martin, elle demeure la version la plus répandue, sinon la seule en usag-e parmi les Chrétiens, dont l'araméen est la langue liturgique. Après avoir été portée aux Indes, dans la Chine, dans le Turkestan, elle est en ce moment entre les mains des Chrétiens du Malabar, des Nestoriens de la Perse, des Chaldéens du Kurdistan, des Syriens de la Mésopotamie, des Jacobites et des Melchites de la Syrie, même des Maronites du Liban » (3).

De la Peschito sont dérivées plusieurs versions orientales en langue arabe, persane, etc. (4).

16. — Plusieurs recensions de la Peschito ont été faites. Nous les ramenons à deux principales, l'une dite orientale ou nestorienne^ et l'autre occidentale . a La première, observe Loisy, se trouve dans la Bible d'Ourmiali, éditée par les missionnaires (protestants) américains, en 1862. La seconde est représentée par le texte que Gabriel Sionite prépara pour la polyglotte de Paris » (5).

Nous ne possédons point encore d'édition critique définitive de la version syriaque (6).

'^TdaTe?"^" ^^ ' — Indépendamment de la Peschito, on compte cinq autres versions syriaques : la version philoxénienne, la ver-

(i) Voir plus haut, p. 187. — Cf. Corneiy, op. cit., p. igo.

^2/ Cf. Loisy, Hist. du Canon de l'Ane. Test., pp. 93, 109-110.

(3) Introd. a la criliqiie text. du N. T., p. loô,

(4j Cf. Wiseman, loc. cit.^ col. 78-79 ; Corneiy, op. ci/., pp. 435-430.

(5) Op. cil., pp. 2i2-2i3. — Voir Wiseman, op. cit., col. 77-78.

(6) Sur les mss. et éditions de la Pe-^chiLo, voir Trochon, Intro'L, f. I, p 428; Cornrly, op. ci/., p. 433, not. 12.

Sqo

LEÇONS D'INTRODUCTIOX GENERALE

sion de Mar Abba, la version syro-hexaplaire de Paul de Telia, la version dite de Cureton, et la version hiérosolymitaine.

La version philoxéniciiiie.

18. — La version pJiiloxénienne {yi^- siècle) fut faite sur l'ordre de Xénaias ou Philoxenos, évoque monophysite de Mabug- (lïiérapolis), par son chorévêque Polycarpe. Celui-ci travailla dans le but de procurer à son maître une traduction plus littéraire des Écritures.

La version des Evangiles fut achevée vers 5o8 ; celle des autres livres du Nouveau Testament le fut peu après. Polvcarpe dut traduire aussi les Psaumes, Isaïe^ et probablement l'Ancien Testament entier, sur le grec des LXX, mais cette dernière traduction ne nous est plus connue (i).

Revision de la version philoxéiiienne.

19. — La version philoxénienne fut revisée cent ans plus tard, et rendue plus littérale encore par Thomas de Charkel, qui vivait à Alexandrie, vers 6i6. Cette recension est souvent désig-née sous le nom de version héracléenne. Elle aurait fourni à \di Peschito actuelle, s'il faut en croire quelques critiques, la traduction de Y Apocalypse et des quatre petites Epîtres catholiques.

La version de Mar Abba.

20. — La version de Mar Abba (vi^ siècle), évêque nestorien, ne nous est point parvenue. Comme la précédente, elle était faite sur les LXX. On ne pense pas qu'elle ait été destinée jamais à un usage public.

La version de Paul de Telia.

Ses caractères.

Ce qui en reste.

21. — La version de Paul de Telia est la plus importante des traductions syriaques, dérivées immédiatement du grec (hexaplaire). Elle parut à Alexandrie, vers 6i6 ou 617. Athanase, évoque monophysite d'Antioche, en fut le promoteur.

Ce qui la caractérise, c'est i) qu'elle rend avec une très grande lit ter alité le texte grec, et 2) qu'elle donne les signes critiques — obèles et astérisques — des Hexaples; de là son nom de version syro-hexaplaire. — Au point de vue critique^ elle est un témoin très précieux de l'état du texte grec dans la recension d'Origène, au vn^ siècle.

Cette version nous a été conservée en grande partie dans un manuscrit du vm*^ siècle, provenant d'un monastère d'E-

(1 ^S.nif (piolii K^s lVa;jinoiils d'/.fan' (ju'oii a (Iccoavcrls. (^if. C.criaui, Monumenla sacra et profana, v.

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