‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 152 sur 251 · PREMIER SIECLE · texte numérisé non relu

PREMIER SIECLE

Ce qui le prouve, c'est que, dans ce temps-là, le besoin ne se faisait guère sentir encore pour les chrétientés d'Egypte de posséder une traduction de la Bible en langue vulgaire. Le grec était la langue sacrée des fidèles du Delta, et des rivages ég-yptiens de la Méditerranée (3). Tout au plus les premiers apôtres qui évangélisèrent ces contrées, se contentèrent-ils à' expliquer dans la lang"ue du pays le texte grec des Écritures.

4. — Dès LE II® SIÈCLE, ON COMMENÇA DE TRADUIRE EN COPTE LES LIVRES DE LA BiBLE, TANT DE l'AnCIEN QUE DU NouVEAU

Testament, — pour l'usage des fidèles, et certainement on

LES LISAIT PARTOUT EN ÉgYPTE, DANS CET IDIOME, AU III® SIÈCLE DE NOTRE ÈRE.

Preuve d'ordre 5. — Nous CToyous pouvoîr démoutrcr ces assertions, d'a-

général. . , /»'iji > t ^ i ,..

bord par ce tait d ordre gênerai, que le christianisme était universellement implanté dans la vallée du Nil, dès le second siècle (4). Or, une traduction copte des saintes lettres s'imposait, à mesure que la foi pénétrait plus avant dans l'Egypte, et allait se développant davantage chez les indigènes. Comment ceux-ci n'auraient-ils pas éprouvé le besoin de lire, et d'étudier dans leur propre langue, les livres sacrés de la révélation? Ce qui est certain, c'est que les Ecritures étaient alors excessive-

(i) Cf. Isambert, op. cit., p. !\%!\.

(2) L'écriture des versions coptes n'est point l'ancienne écriture démotique des Egyptiens. Les Coptes avaient adopté, — probablement dès le I*^'' siècle, — l'alpbabet g'rec;.iis y adjoignirent six lettres lirces du démolique, mais modifiées de manière à ^'barmoniser avec les lettres grecques. Cf. Pbil. Berger, Uial. de Cécrii. dans CanthjuHé, p 161.

(3 11 paraît bien que la foi fut apportée en Egypte par des Juifs hellénistes, qui se convertirent à Jérusalem le jour de la Pentecôte. Cf. Act., 11, 10. Cela nous explique pourquoi le grec fut dès le principe la langue sacrée des chrétientés des bords du Nil. — Sur l'évangélisation de l'Egypte par saint Marc voir Tillemont, Mémoires, t. II, pp. 97, ss.

(4) Cf. Eusèbe, Hist. eccles., lib. VI, i, 42. .

s. Antoine

2) de i'hi«toire des moines égypiit-ns du

ment répandues parmi les fidèles ég-yptiens, dont l'immense majorité, appartenant aux classes les moins instruites, i«"norait le g"rec (i).

Autre'! preuves 6. — Au surplus, uombre de faits particuliers, empruntés à

specides pn^cs j'i^ig^Q^rf. ccclésiastiquc dc cette époque, nous confirment dans cette conviction.

1) de ] histoire de Aiusi, i) il cst avéré que saint Antoine (25i-35G) possédait à fond nos saints livres; qu'il les a cités souvent; qu'il se décida môme à embrasser la vie monastique, en entendant lire l'Evang-ile à la messe (2). Or, saint Antoine ne savait pas le jg-rec (3); il dut par conséquent lire et entendre lire la Bible en copte, la lang-ue de son pays.

Il est avéré 2) que les milliers de moines vivant sous la règle

^^"'P''- de saint Antoine et de saint Pâcome, dans les solitudes de la

basse et de la haute Ég-ypte, faisaient des saintes lettres leur étude journalière; c'était une obligation pour les novices d'apprendre les Psaumes, avant d'être admis dans le monastère, et pour les religieux de savoir au moins par cœur le Psautier et le Nouveau Testament. Or, ces moines presque tous indigènes ne connaissaient sûrement point le grec; saint Pâcome luimême ne le comprenait pas beaucoup. Xe sommes-nous pas dès lors en droit de conclure que la Bible dont ils se servaient, était une Bible copte ?

La version hn - 7. — Il cst possiblc quc la vcrsiou bohaïrique soit la plus

hniriqtie est peut- . , . . , , , , > r^

être la plus ancien- aucieune dcs vcrsious coptcs, mais cela n est pas démontre. Ce

ne (les versions cop- . . , jiiii i>i>

tes. qui est certain pourtant, c est qu elle est la plus complote d en-

tre elles, à l'heure présente.

Son contenu. Elle rcufcrme notamment tous les livres canoniques de la

nouvelle alliance, les Evangiles, d'abord; puis les Epîtres de saint Paul, avec ^^/?^7re aux Hébreux, qui précède les Pastorales, suivant l'usage alexandrin; les Epîtres catholiques et les Actes réunis; enfin Y Apocalypse.

La version sahidique.

8. — La version sahidique ne nous est parvenue que par fragments, la plupart peu considérables.

Bien peu de manuscrits renferment dans leur entier tel ou

(i) L'idiome des Hellènes ne paraît pas avoir pénétré beaucoup dans l'intérieur des déserts égyptiens.

(3) Cf. Saint Atlianase, Vïla Anlonu.

(3) (]f. Saint Alliannsi!, ihid., <lans ÎMig;ne, Pal. qrœc, t. xxvi. col. 8/ji, oV»* — Voir Oiialrenière, lirc/icrc/ifs ciili(pii's t'I /lisforii/Xfs sur la lil Irral uvr ili> l'Iù/i/jyfr, pp. «), s><.

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