IMPORTANCK ET CONTENU DE LA VERSION ÉTHIOPIENNE
lion : les mots grecs difficiles à rendre conservés; les inscriptions grecques des Psaumes maintenues; Tordre delà phraséologie grecque généralement suivi; etc. — La version éthiopienne présente donc, dans l'ensemble, un caractère remarquable de littéralité et d'exactitude.
Son imporiauce ^^ — \\ Qw résultc qu'cllc pcut ctrc d'uu précieux secours
pour la connaissance du texte des LXX, et du texte du Nouveau Testament, tel qu'on le lisait au iv*^ et au v* siècles dans le patriarcat d'Alexandrie. Malheureusement, elle a subi au cours des temps de nombreuses altérations de détail, comme l'a relevé, avec beaucoup de sagacité, le critique protestant Dillmann (i).
Contenu delà Bible ^g — Lg^ Biblc étliiopicnne renferme, — mais sous des ru-
elhiopienne. 1 '
briques et dans un ordre particuliers (2), — tous les livres canoniques (3) des deux Testaments, auxquels sont joints souvent des apocryphes, tels que le livre d'Hénoch, le IV^ d'Esdras, le IIl^ des Machabées, les constitutions apostoliques (4). La version éthiopienne n'a jusqu'à ce jour été éditée qu'en partie (5j.
(i) Loc. cit.. p. -204.
(2) Cf. Ludolf, Hist. seth.y m, cap. 5.
(31 Nos deux livres des Machabées ne se retrouveat cependant plus aujourd'hui dans la Bible éthiopienne, où ils sont remplacés par deux apocryphes.
(4) Cf. Dillmann, loc. cit., p. 2o5.
(5) Dans notre siècle Platt a publié le Nouveau Testament (Londres, i826-i83o), et Dillmann les livres historiques de l'Ancien (Leipzig, i853-x87i).
LEÇON QUATRIÈME
Les versions arméniennes, — arabes, — et autres versions orientales
anciennes.
La version arménienne. — La Bible primitive d:;s Arméniens. — Essais de versions arméniennes. — Date et caractère de la version arménienne qne ncjus possédons. — Contenu de la Bible arménienne. — ■ La version i^éorj^ieune. — Les versions arabes. — Leur orii^ine. — Leurs groupes. — Enuméralion et caractère des principales versions arabes, soit de l'Ancien, soit du Nouveau ïeslamonl. — Les versions persanes.
I. — La version aioiénienne La Hii)ic primitive 1. — Oii 116 rencoiilTc point avaut le v** siècle de vestiges
de s Arméniens. ,, . , . . • ^ i /• • i » i • ^ i
(i une version armenîcnne. Convertis a la toi des le siècle précédent, sinon plus tôt encore (i), les Chrétiens d'Arménie se servaient de la Bible syriaque, que plusieurs de leurs premiers apôtres, venus de Syrie et de Mésopotamie, leur avaient léguée (2). Evidemment, il fallait que le texte syriaque fût commenté et expliqué en arménien (3) au peuple ; de là beaucoup d'ennuis et de difficultés pratiques.
Le célèbre moine, saint Mesrob (4), résolut, au v^ siècle, d'apporter quelque remède à cet état de choses. Le g-rand obstacle Première version à uuc ti'aduction arménienne des Ecritures était le manque d'alphabet. Saint Mesrob en inventa un, vers 4o6, et dès avant Pannéc l^ii paraissait une version arménienne des livres canoniques des deux Testaments. Elle fut faite par le patriarche saint Isaac, sur le texte syriaque. Cette première version est aujourd'hui perdue.
arménienne.
Nouveaux essais de 2. — Dcux disciplcs dc saiiit Mesrob, envoyés par lui dans ce but à Edesse et à Constantinoplc, Jean Eguég-hiatz et Joseph de Baghin, publièrent d'autres essais de traductions sur le syriaque (5). On ne s'en arrangea pas encore.
(i) La conversion en masse des Arméniens au cliristianisme se fit surtout au temps de saint Grégoire rilluminatcur, qui l'ut leur apôtre. Cf. Sozomène, Hiat. eccL, u, 8. — Conip. Eusèbe, llist. codes. , IX, H.
(2) Cf. Heithmayr-Valroner, op. cit., l. l, \). 827.
(3) Sur la langue arménienne voir J. Nicliolson dans la CyrJopœdia de Killo, t. L p 221, éd. 3.
(4) Sur saint JNIesrob \o\v V Encyclopédie de Welzer et Welte, traduite par Goschler, t. xv, pp. 3-G.
(5) Cf. (îorioun, fiiogi'dphic de .■<ai?il Mesroh dans la Collection des historiens anciens et modernes de LWrniéhiCy de Lanjjlois, t. II, pp. 10-12.
DATK, CA1\ACT1>1\1<: ET COiNTENU DE LA VERSION ARMÉNIENNE 399
f.n version nniiénienuc dctiuilive.
Date et sources.
3. — Ce qui est certain, c'est que la version arménienne définitive, qui nous reste, œuvre de saint Mesrob et de ses disciples, FUT COMPOSÉE DANS LE COURANT DU V^ SIÈCLE, SUR LE GREC HEXAPLAIRE (l) DES LXX POUR l'AnCIEN TeSTAMENT, ET SUR LE GREC ORIGLNAL POUR LE NoUVEAU.
Ces données nous sont fournies par l'histoire.
Preuve prise de l'histoira.
4. — L'histoire raconte que les premières traductions arméniennes des Ecritures ayant été jug-éesà bon droit insuffisantes, Isaac et Mesrob ordonnèrent qu'on fît une nouvelle version sur la Bible g-recque, que Joseph de Bagliin, Eznik, et Moïse de Khorène avaient rapportée d'Éphèse. Plusieurs jeunes gens — et parmi eux Moïse de Khorène lui-même — se rendirent dans ce but à Alexandrie, pour y perfectionner leur connaissance du grec. Quand ils furent de retour, ils achevèrent définitivement, sous la direction de saint Mesrob et d'après les Hexaples d'Origène, la traduction des saints livres (2).
Caractères âo la version arménienne.
Contenu de la Bible arménienne.
La version géorgienne.
5. — La version arménienne offre les caractères suivants. t) Elle est écrite dans un style élégant et clair; — 2) elle est très littérale et très exacte; — 3) elle présente ici et là des affinités avec la Peschito ; ce qui ne surprendra personne, car les premières traductions arméniennes avaient été faites sur le syriaque, et durent exercer quelque influence sur elle (3).
6. — La Bible arménienne contient tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec un certain nombre de livres apocryphes. Il est probable cependant que \ Apocalypse a été traduite plus tard, et ajoutée ultérieurement au recueil scripturaire des Arméniens.
Cette Bible a été plusieurs fois éditée, soit en entier, soit par parties (4).
IL — La version géorgienne (5)
7. — Nous la rattachons à la version arménienne, parce que les Géorgiens (6) empruntèrent aux chrétiens d'Arménie,
(i) Les sit^nes critiques des Hexaples d'Origène se retrouvent dans leS anciens manuscrits de la Bible anneiiieune. Cf Zohrab, Bihle arménienne, introd. pp. 6, 7.
{■>.) Cf. Moïse de Khorène. Hi&toi\ Armen., libri III, m, 61.
('S] Il n'est donc pas vrai que la version arménienne ait été remaniée ultérieurement d'après la Peschilo. — 11 n'est pas vrai non plus qu'elle ait été révisée sur la Yulgalc au xiii" siècle. Cf. Corncly, op. cit., p. 407.
(/() Les principales éditions sont celles d'Uscan, évèque d'Auschovank, prov. d'Érivan (Amsterdam, 16R6; et de Zohrab (Venise, i8o5, 1809). Cf. Hyyernat, Dictionn. de la Hib/e, t. 1, col. loii-ioi^-
5) Sur le géorgien et la version géorgienne voir l'article de Giiisburg dans la Cyclopœdia de Kitto, t. II, pp. I lo-i 1 1 .
(G; Les Géorgiens habitaient au nord de l'Arménie.
4oo LEÇONS D'INTRODUCTION GENERALE
leurs voisins, le recueil des Écritures et leur liturgie (i). — On ne connaît pas sûrement la date de cette traduction — vi® ou vni^ siècle; — on ne sait pas même si elle a été faite d'après les LXX ou d'après le texte arménien. L'édition de Moscou (1743) est une revision (sur la version slave), sans grande valeur critique.
Origine Hps versions arabes.