III. — Les versions arabes
8. — Y eut-il antérieurement à l'islamisme des versions arabes de la Bible? Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude. Celles que nous possédons aujourd'hui, sont de date relative ment récente. On croit que les plus anciennes furent entreprises à la fois par des Juifs et par des Chrétiens, entre le viii*^ siècle et le x^. Wiseman(2) décrit fort bien les origines de ces traductions. 11 remarque que tous les livres de l'Ecriture n'étaient pas également lus dans les synagogues ni dans les églises. Les Juifs lisaient la Loi, et les Chrétiens le Nouveau Testament avec les Psaumes et les Prophètes. Dans le principe, ces livres-là seulement furent traduits; quant aux autres, on n'en traduisit que les fragments liturgiques. Ce qui explique pourquoi les plus anciennes versions arabes sont incomplètes. Plu3tard, quand on voulut avoir l'ensemble des Ecritures, surtout pour l'usage du clergé, on réunit les traductions partielles déjà faites, et on combla les lacunes par de nouvelles traductions. Aussi les versions arabes, véritables mosaïques, n'ontelles pas beaucoup d'autorité.
oiiatre groupes de Q, — Les vcrslons arabes de l'Ancien Testament se ramè-
versions ;iral)es de
TAuc. Testament, ncnt à quatrc groupcs : i) celles qui dérivent de l'hébreu; — 2) celles qui dérivent des LXX; — 3) celles qui dérivent de la Feschlto; — enfin, 4) celles qui dérivent de la version syrohcxaplaire .
Versions 10. — Lcs dcux priucipalcs versions arabes faites sur
du 1" groupe. l' hébreu sont celle de Saadias (3), et celle du samaritain Abou-
Saïd.
La version do La^premièrc date du x® siècle; elle embrassait peut-être tout
baaoïas. TAncicn Testament. Le Pentateuque se trouve dans les poly-
(i)Cf. Sozoïnènc, Hisi. eccl., ii, 7.
(?) I':.ssai/s. t. I, Miracles ol' llic N. T.
(3) Juif orii^iiiuire du Fayoum, el gaon (chef) de l'école Ulimiditiuc de Sora en Babylouic. Cf. Wogué, op. cit., jtp. 211-212.
La version d'Abou- Saïd .
LES DÏFFKI\I:NTES versions AHAlîES
glottes de Paris et de Londres. D'autres livres ont été édités depuis par des critiques modernes (P. de Lagarde, Schnurrer, etc.).Saadias paraphrase souvent,à la manière des Targumistes. La seconde a du être composée du x'^ au xiii- siècle ; elle ne comprend que le Pentateuque^ et elle est plus littérale que la précédente (i).
Versions du 2« groupe.
11. — ' Les versions arabes faites sur les LXX sont assez nombreuses. Nous mentionnerons seulement : i) celle des Prophètes {Daniel d, été traduit sur Tliéodotionj, composée à Alexandrie après le xe siècle ; — 2) celle des Psaumes (d'après trois différentes recensions, égyptienne, syrienne, melchite, des LXX); — 3) celles de Tobie, Judith, Esther, et des livres poétiques (excepté Job) ; etc.
Versions du 3' groupe.
12. — Les versions arabes faites sur la Peschito sont : i) celles qu'on trouve dans les polyglottes de Paris et de Londres pour les livres de Job, des Juges, de Ruth, des Paralipoînènes, de Samuel, du P^' des Rois, r-xi, du //e des Rois, xii, 17- XXV ; — 2) celle du Psautier des Maronites (i585 et 16 10), rééditée par P. de Lagarde (1876); etc.
Versions du i" groupe.
13. — Les versions arabes faites sur la version syro-hexaplaire ^owi : i) celle dont Haret-ben-Sinan (xv^ siècle) est l'auteur; — 2) celle de Job, — dont quelques fragments ont été édités par W. de Baudissin (1870) ; — 3) celles du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome, éditées récemment par P. de Lagarde (2).
^^•"^o^rS^." diî 1^- — Ouant aux versions arabes du Nouveau Testament,
versions arabes au -^ ">
Nouv. Test. giigg forment deux groupes: i) les versions des Evangiles, et 2) les versions des Actes ^ des Epîlres et de V Apocalypse.
1" groupe. Les versions arabes des Evangiles ont été faites les unes
sur le grec original, les autres sur Xdi Peschito, plusieurs sur la version copte-memphitique. Les plus anciennes de celles qui dérivent du grec original, sont représentées par les manuscrits de l'école de saint Sabbas (3).
(i) Sur les autres versions arabes dérivées de l'hébreu, voir la Cyclopxdia de Kitto, t. I, pp. igo-rgi ; Hyvernat, Diclionn. de la Bible, t. I, col. 847.
(2) On compte plusieurs versions arabes catholiciues de l'Ancien Testament, faites principalement sur la Vulgale : i) l'édition de la Propagande, i67i;2) celle des Dominicains de Mossoul, 1875-1878; 3) celle des Jésuites de Beyrouth (1876-1878 ; 4), celle de Tuki, inachevée.
(3) Sur ces versions voir Hyvernat, loc. cil., col. 85i, ssi, ou mieux encore Guidi, Le tradiizioni degli Ei>a?igeli in ylra6o,dans la Reale Accademia dei Lincei, 1888. — Sur les versions arabes consulter Richard Simon, Hist. cril. du V. T., chap. xvr, et llisl. crit. du N. T., chap. xvui; Danko, Comment, de sac. Script., pp. 191-196, et les nombreux auteurs que Danko cite.
LEÇONS d'int. — 2G
2» groupe.
Les versions arabes des Actes, des Epîtr^es.,àQ V Apocalypse ne sont point encore suffisamment étudiées.
Les versions persanes
de l'Ancien Testament ;
(lu Nouveau Testa, meut.
ÏV. — Les versions persanes
15. — Nous ne possédons plus que des versions fragmentaires persanes de la Bible.
Pour l'Ancien Testament, il en existe une du Pentateuque plus connue, — reproduite dans la polyglotte de Londres.
Elle est l'œuvre d'un Juif, appelé Jacob, et fils de Joseph Taoûs, qui vivait vers le ix*^ ou le x*^ siècle. Cette traduction dérive directement du texte massorétique; l'auteur adopte souvent la manière des Targumistes et en particulier d'Onkelos (i). — D'autres versions persanes du Pentateuf/ue sont conservées dans quelques manuscrits.
On possède également des traductions persanes de plusieurs Prophètes, de quelques livres poétiques et historiques (2 ).
16. — Pour le Nouveau Testament, nous mentionnerons principalement deux versions persanes des Évangiles. — La plus ancienne a été composée sur le texte syriaque de la Peschito; elle est assez libre, pas toujours très heureuse, et présente peu de ressources pour l'exégèse et la critique. — L'autre a été faite sur le grec; elle a moins de valeur encore que la précédente ;3).
(0 Cf. Danko, Comment, de sac. Script., pp. 200-201.
(2) Cf. Trochon, op. cit., t. I. p. 42^-
(3) Cf. Danko, loc. cit.; Guntner, Introd., p. 89.
APPENDICE
LEÇON UNIQUE Les versions occidentales anciennes.
Les principales versions occidentales anciennes. — La version gothique d'Ulfilas. — Son caractère ; ce qui nous en reste. — La version slave. — Les versions ajiglo- saxonnes, — Les versions ^ermaniques. — Autres versions occidentales. — L'Église favorisa toujours la diffusion des Écritures.
Principales ver- ^ — Lcs antlques versloiis occidentales sont assez nom-
sions occidenlales l
anciennes. brcuses, maîs cllcs n'ont, en g-énéral, ni l'ancienneté, ni la
valeur critique de la plupart des versions orientales que nous venons d'étudier.
Mentionnons seulement la version gothique, la version slave, les versions anglo-saxonnes, les versions germaniques.
Quant aux vieilles versions françaises, nous en parlerons plus loin.