‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 161 sur 251 · LES VERSIONS FRANÇAISES DES SAINTES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

LES VERSIONS FRANÇAISES DES SAINTES ÉCRITURES

LEÇON PREMIÈRE Les versions françaises antérieures au XIII« siècle.

Grand nombre de versions françaises antérieures à la Réforme. — Caractères communs à ces vieilles traductions. — Les premiers essais de traduction des Ecritures en notre langue. — Les Psautiers hébraïque, gallican, i/losés. — La traduction des livres des Rois ; ses caractères littéraires. — La version des Machabées, — L'évangéliaire messin. — La version de V Apocalypse.

Grand nombre de ^ — ^^^ xvii^ siècIc, Richard SimoH se plaisait à écrire

versions Irançaises ^ l

fo"rme'^"'^^^ ^ '' ^^' coiitrc Ics protestaots, que long-temps avant la Réforme on lisait en France la Bible en notre langue (i). Le savant oratorien disait vrai ; les découvertes faites chaque jour par la critique lui donnent de plus en plus raison. « Aucun peuple moderne, observe le protestant Reuss, ne peut se comparer aux Français, pour la richesse et l'antiquité de la littérature biblique... Les bibliothèques de la seule ville de Paris contiennent plus de manuscrits bibliques français^ que toutes les bibliothèques d'outre-Rhin ne paraissent en contenir d'allemands ù (2).

Caractères de ces 2. — Parmi Ics vcrsious frauçaiscs manuscrites de la Bible il en est de complètes, et il en est de fragmentaires. Beaucoup sorjt en prose; un bon nombre aussi sont en vers (3). Plusieurs sont littérales, d'autres sont accompagnées de commentaires ou de gloses.

Leurs sources. Aucunc d'cllcs, d'aillcurs^ n'a été fait 3 sur les originaux. Le

(i) Histoire crit. du N. T., p. 32.5. — Voir encore ibid., pp. 7-8.

(2) Revue de théologie, vol. If, p. 3.

(3) Le nom de paraphrases conviendrait mieux à ces sortes de traductions versifiées. On cite surtout la traduction de la Genèse par Evrart, 1 192 (cf. Trochon, Essai sur l'histoire de la Bible en France, pp. 5o-53), et celle de Macé de Genquoins (vers i3oo) en 4o 000 vers, sur une portion seulement de la Bible (cf. Le Roux de Lincy, Les quatre livres des Rois traduits en français du ni* siècle, p. xxiii). Sur ces versions françaises versifiées, — dont nous ne voulons point parler ici, — consulter Bonnard, Les traductions de la Bible en vers français au moyen âge.

4o8 LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉRALE

Icxle latin, soit de la Vulgate hiéronymienne, soit de la Velus Itala, est la source unique des vieilles versions françaises que nous connaissons.

Leurs dialectes. Elles sont coiTiposécs cu toutc cspèce de dialectes : la lan-

gue d'oc et la langue d'oïl, le normand, le picard, le romanwallon, le poitevin, le lorrain, le bourguignon, le limousin, le français proprement dit, y sont représentés.

Acre de ces versions — . Ali' e a. \ • ' i

françaises. 3. — A quclle cpoquc sc lu'ent les premiers essais de ver-

sions françaises? Par qui furent-ils tentés? Nul ne saurait le préciser avec certitude (r). Aussi bien les opinions des érudits à cet égard sont -elles fort divergentes (2). Ce qui est sûr, c'est que nous ne possédons point de Bible française complète antérieure à saint Louis. Les xi** et xii^ siècles n'ont laissé que des traductions isolées et fragmentaires. Ce qui paraît sûr les premiers li- encorc, c'cst Quc Ic Psauticr est le premier livre de l'Ecriture

vi'cs bibliques Ira- \ ^ ^ *■

duiis en français . qu'on ait iTiis cu français (3). Presque en même temps durent être traduits les principaux cantiques des deux alliances, les

livres des Rois, les Evangiles et les Epitres des dimanches et fêtes, \Apocahjpse\ c'est-à-dire les passages qu'on lisait à l'office, ou ceux qui pouvaient servir davantage à l'édification des fidèles (/i).

L — Les Psautiers et Cantiques

Trois groupes de 4. — Nous pouvous, avcc S. Bei'ger (5), ramener les vieux Psautiers français a trois types principaux : i) le Psautier héhraïgiie\ — 2) le Psautier gallican', — 3) les. Psautiers glosés.

1) Le Psautier 5. — Lc Psauticr kébraïquc est ainsi appelé, parce qu'il est

hébraïque français. , • i i • i #^ / • .

une traduction de la version des Psaumes composée par saint Sou nom. Jérômc directement sur Toriginal. Nous en avons la preuve évidente dans la traduction du Ps. i, vers. i. « Beoneûret li lieom ki... en la chaere des eschatmiseûrs ne sist (in cathedra dei'isoruni) (i)), au lieu de « en la chaere de pestilence », comme il aurait fallu mettre d'après le Psalteriu?n gallicanum ,

(i) Voir cependant Le Roux de Lincy, op. cit., pp. ii-xii.

(2) Cf. Tissol, Leçons et modelés de Littérature franc., l. I, p. lO ; Sanuicl Bcri;;er, La Bible française au moyen àçje, préface.

(3) Ci". Samuel Hcrger, op. cil., p. i. * {/,) l.ehœut', Mémoires de l'Académie des inscriptions, i xvii, p. 770.

(:>) Op. cit., pp. 1-77-

(G) Cf. Fraucisipie Michel, Le livre des Psaumes, p. 1.

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