‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 165 sur 251 · LA VERSION DE LEFÈVRE D'ÉTAPLES, DE BENOIST · texte numérisé non relu

LA VERSION DE LEFÈVRE D'ÉTAPLES, DE BENOIST

1) La version de d'aiitcur (i). Oii rattribuc communément à Jacques Lefèvre

Lefèvre d'ÉlapIcs. ,,,•, , „ /i iiv i !• i t • /-«

d Ltaples, professeur au Collège du cardinal Lemome. Ce traducteur fit paraître les Epitres^ le 17 octobre 1523; les Actes^ le 3i du môme mois; VApocah/pse le 3 novembre. Devenu précepteur de Charles, le troisième fils de François l^*", Lefèvre poursuivit ses travaux bibliques, et acheva en 1628 une version de l'Ancien Testament. C'est à Anvers qu'il imprima sa Bible française complète^cw i53o d'abord, puis en i534eten i54i.

Crédit dont a joui ^- — La vcrsiou dc Lefèvre d'Étaples a été traduite de la celte version. Vulgatc, collationuée avec les textes originaux. Les protestants ont eu dès l'orig-inejet ont encore maintenant cette Bible en haute estime (2).

Sa condamnation. ^ causc dc certaiucs inuovatious téméraires qu'elle renfermait, les docteurs de l'Université de Paris censurèrent (26 août i523) la traduction du Nouveau Testament, et plus tard, en i546,la Bible entière fut mise à l'index (3). Deux ecclésiastiques, Nicolas de Leuze et François van Larben, en publièrent une édition corrigée à Louvain, en i55o.

Sources 5. — La traductiou de Lefèvre d'Etaples suit la Vulgate

fèvre dtu'^pîes! '^' Ordinairement. L'auteur s'est inspiré d'ailleurs très souvent de la Bible de Jean de Belj, comme il l'avoue lui-même. — Remarquons, en passant, que ce traducteur oscilla trop ^ ^proiSnts*.' ^^ entre le catholicisme et le protestantisme. « Il ne rejetait absolument, observe H. Lutheroth — un protestant — aucune des doctrines de l'Église catholique combattues par Luther, mais il les épurait, si l'on peut ainsi dire, à l'aide de distinctions^ et de restrictions ayant pour but de faire disparaître ce qui ne se pouvait concilier ni avec le sentiment chrétien, ni avec 1 enseignement desEcritures.il eut de grandes hardiesses ))(4).

2) La version de 6. — Sur Ic décHu dc cc xvie sièclc, iious avous à mention-

ner encore la Bible française d'un professeur du collège de Navarre, plus tard curé de Saint-Eustache, René Benoist. Elle parut à Paris en i566, et fut réimprimée, à Paris encore, en 1 568, et à Anvers en 1571.

(i) Réimprimée ea iBaO avec le Psautier, et en iSaS avec toul l'Ancicii Testament.

(2) Cf. Pétavel, La Bible en France, pp. 77, ss.

(3) Cf. Vigoureux, Manuel biblique, t. I, 20G, éd. 3.

(4) Article LeFèore d'Etaples, daus VEncr/clopédie de Lichtenberg-er, t. vin, p. 73.

Ses défauts, et i condaninalion.

Au fond, Benoist n'avait guère fait que reproduire la J3ible protestante, dite de Genève, sans la corriger suffisamment (i). Aussi bien sa version fut-elle condamnée par les théologiens de Paris en 1667, et par Grégoire XIII en i.GyS (2).

Bibles rr;m(;aises du XVI 1" s.

7. — Le xvn^ siècle vit paraître un assez bon nombre de traductions françaises imprimées. Toutes n'ont pas une égale célébrité. Quelques-unes méritent d'être mentionnées seulement pour mémoire.

i)Les Bibles moins 0 Gcllc dc Glaudc Dcvillc, à Paris, i6t3; — :>.) celle de Taimporiantes. ^^^g^^ Jacqucs Corbiu, à PaHs i643; — 3) celle de Véron, curé de Gharenton,à Paris 1647 î — 4) ^^lle de Michel de Marolles, abbé de Villeloin, à Paris 1649 ; — 5) celle de Godeau, évoque de Vence, à Paris 1668; — 6) celle de l'oratorien Amelotte, à Paris 166G-1670; — 7) celle du jésuite Bouhours,à Paris 1697i7o3; etc. (3). — Ges versions ne renferment que le Nouveau Testament.

2) La Bible de Sacy. ^- — Nous dcvons cousacrcr unc plus ample étude à la Bible, dite de Sacy, ou de Port-Rojal.

Gette traduction fameuse, autrefois la plus répandue de toutes les Bibles françaises, et qui constitue encore le fonds des versions publiées en notre langue, est l'œuvre -^e plusieurs auteurs, mais particulièrement des deux frères Le Maistre, An toine (f i658) et Louis-Isaac, surnommé de Sacy (f i684). Elle comprend deux parties : le Nouveau Testament, vulgairement désigné sous le nom de Nouveau Testament de MonSy et l'Ancien Testament, qui fut traduit et parut plus tard.

Le Nouveau Testament é'iidc Mous,

9. — Le Nouveau Testament, dit de 3Ions, fat entrepris par les solitaires de Port- Royal, qui travaillèrent en commun penses autcms. dant près de dix années, jusque vers 1660. Nous connaissons leurs noms; c'étaient Nicole, Gambou de Pontchâteau, Henri de Peyre, Noël de Lalanne, Nicolas Fontaine, Glande Lancelot, Arnauld d'Andilly, et surtout Antoine Le Maistre, etisaac Le Maistre (de Sacy), auxquels il faut joindre le duc de Luynes et Pascal.

(i) Il n'y avait d'autres chanij;(Mnciils ([iie des différences de synonymes aux marges. Cf. Pêlavel, op. cit., p. i3».

(-î) Voir S. Herg^cr, /a Bihle nu XVl" siècle.

(.'il Sur CCS versions lire (riiUcressaiits détails dans Richard Simon, Histoire critique des versions du N. T., pj). 34(j-3(jG.

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