LE NOUVEAU TESTAMENT DE MONS ET LA BIBLE DE PORT-ROYAL
« M. de Sacy (Isaac Le Maistre), nous dit Racine (i), faisait le canevas, et il ne le remportait presque jamais comme il Tavait fait; mais il avait lui-même la principale part aux changements, étant assez fertile en expressions. M. Arnauld était presque toujours celui qui déterminait le sens. M. Nicole avait presque toujours devant lui saint Chrysostome et Bèze : ce dernier afin de l'éviter ».
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fut achevé et impii- 10. — lutcrrompu cu iDDO, ce travail tut repris par les tramé le Nouveau Tes- , nnf r\ •.! r^ '/ui i • ^
tament de Mons. ductcurs cu iDDO. Un rcvit Ics hvangiles d abord, puis les autres livres, et Touvrage allait paraître en 1666, quand Le Maistre de Sacy (Isaac) fut enfermé avec son manuscrit à la Bastille (i3 mai 1666); il resta là deux ans et demi, jusqu'au i^"" novembre 1668. Néanmoins les amis de Sacy réussirent à se procurer la traduction du Nouveau Testament, et ils la firent imprimer en 1667, à Amsterdam chez les Elzévirs, mais sous le nom d'un libraire de Mons, appelé Gaspard Migeol. D'où la dénomination de Nouveau Testament de Mons, qui a été conservée à cette version.
L'Ancien Testament dans la Bible de
11. — Captif dans sa prison, Isaac Le Maistre ne demeura ^^^^' pas inactif. Il y acheva sa traduction française de l'Ancien Tes-
tament. Sorti de prison, il fut pendant longtemps sans pouvoir la publier. Ce n'est qu'en 1672 que l'impression des premiers volumes commença, et elle dura jusqu'en 1698. Faite sur la Vulgate, cette version est accompagnée de notes, qui ne sont pas toutes de la plume de Sacy ; celles sur la Genèse, V Exode, le Lévitigue, les Juges, le / et le II des Rois, \qs Proverbes, la Sagesse, Y Ecclésiaste, V Ecclésiastique, les douze petits Prophètes, lui appartiennent; les autres notes sont de Du Fossé, de Huré et de Le Tourneux.
Accueil fait en France à la Bible de
12. — La Bible de Port-Royal fut accueillie en France dès **^i* le début avec le plus vif enthousiasme. « On a peine aujour-
d'hui à se le figurer, dit Sainte-Beuve ; ce fut non seulement alors chez les personnes de piété, mais dans le monde et auprès des dames, un prodigieux succès. M™^ de Longueville, convertie, en était encore à donner le ton à la mode, même dans la piété. Avoir sur sa table, et dans sa ruelle, ce Nouveau Testament élégamment traduit, élégamment imprimé, était, en 1667, le genre spirituel suprême » (2).
ci/., p. i4o.
(i) Cité par Potavel. op. cit., {2) Purt-Hoyal, t. IV, p. ^71